Régions

Gestion des ordures: Mesures radicales à Casablanca

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5265 Le 04/05/2018 | Partager
Nouveau délégataire pour la décharge de Médiouna
Négociations en cours pour «éjecter» l’actuel exploitant, Ecomed
Après Sita, le libanais Averda part aussi
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Des ordures s’amoncellent à la décharge de Médiouna, qui a atteint les limites de sa capacité depuis des années. Ces montagnes, dont la hauteur dépasse les 45 m, menacent de s’écrouler à n’importe quel moment. Sans oublier les risques d’explosions liés au méthane (Ph. L’Economiste)

Un agenda bien chargé pour la session du 3 mai du conseil de la ville de Casablanca. Au total, une quarantaine de projets dont l’adoption a été programmée en une seule séance marathonienne. Parmi ces points à l’ordre du jour plusieurs touchent directement le quotidien des Casablancais: propreté, décharge de Médiouna, distribution de viandes rouges, marché des fruits et légumes...

Mais la décharge est de loin le sujet qui suscite le plus d’inquiétudes depuis des décennies. Véritable catastrophe écologique, la décharge de Médiouna a atteint depuis des années les limites de sa capacité. Le site, exploité en vertu d’un avenant renouvelé tous les 6 mois, n’arrive plus à absorber les 4.000 à 6.000 tonnes produits chaque jour.

Aujourd’hui, la Commune a décidé de rompre unilatéralement le contrat qui la lie au délégataire Ecomed, dont le contrat de gestion court encore pour 15 ans. «Des négociations sont en cours pour résilier le contrat à l’amiable avec l’actuel délégataire», assure Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca.

Mais quelle que soit l’issue de ces négociations, El Omari tient mordicus à aller jusqu’au bout du processus. «Le choix a porté sur l’option de l’incinération avec un centre de tri, car on ne peut continuer à utiliser le mode de l’enfouissement», poursuit-il. Le site produira de l’énergie afin de couvrir ses besoins et vendra le surplus. 

En attendant, un nouveau cahier des charges sera élaboré avant le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour le choix du prochain exploitant. Pour sa part, le centre de tri, dont le coût avoisine les 90 millions de DH, sera financé à hauteur de 70 millions de DH par le Fonds national de l’environnement. Le reste sera versé par la commune urbaine.

Quelques mois après le départ de Sita, le libanais Averda, qui partageait la gestion du territoire Casablancais avec la filiale de Suez, est également dans le collimateur de la commune. Les élus ont en effet donné leur aval pour entamer le processus de résiliation du contrat avec Averda (encore valable jusqu’en 2021). 

«Cette décision vise à harmoniser le service au niveau de l’ensemble du territoire casablancais», précise le maire, qui reconnaît les multiples défaillances de ce secteur. Le nettoiement engloutit chaque année plus de 700 millions de DH (2e poste budgétaire après la masse salariale) avec de piètres résultats.

C’est la SDL Casa-Prestation qui assurera la relève pour cette période transitoire après le départ de Sita et Averda. Entre-temps, un nouveau cahier des charges a été élaboré (également adopté lors de la session du jeudi 3 mai).

«Les arrondissements ont demandé plus de temps afin de fignoler ce cahier des charges», poursuit le maire de Casablanca. Selon le président du conseil de la ville, ce document a la particularité de prendre en considération les besoins spécifiques à chaque arrondissement avec l’instauration de l’obligation de résultats et l’adoption d’un système de suivi GPS.

Les élus ont également entériné un nouveau cahier des charges relatif au transport des viandes rouges. «Certes, les abattoirs de Casablanca sont les seuls certifiés par 2 organismes ISO et l’ONSSA au niveau national, mais pour garder le même niveau de qualité, l’ensemble de la chaîne doit être revu et organisé», souligne El Omari.

Autre secteur problématique, celui du marché de gros des fruits et légumes. Il a été décidé de régulariser la situation des exploitants actuels en vertu d’un nouveau cahier des charges afin d’organiser le commerce de gros sur ce site, souvent paralysé par les grèves des exploitants.

Où iront les 1ers fonds de la Banque mondiale?

Le plus gros de la 1re tranche du prêt de la Banque mondiale (485,6 millions de DH) sera consacré à la 2e ligne du tramway. Les élus viennent en effet d’entériner la décision du Conseil de la ville de Casablanca d’allouer un montant de 272 millions de DH à la finalisation de cette ligne (dont le lancement est prévu en octobre prochain). Le reste sera consacré à la desserte nord de Zenata (30 millions de DH), l’aménagement de 2 nouvelles trémies  sur les boulevards Gandhi et Zerktouni (50 millions de DH), des corniches de Aïn Sebaâ et Aïn Diab (50 millions de DH)… Pour rappel, cette première tranche du prêt de 2 milliards de DH, contracté par la ville de Casablanca en 2015, a été débloquée en février dernier.

 

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