Société

Levez la tête! Marrakech a aussi ses «Yamakasi»

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5264 Le 03/05/2018 | Partager
Une association pour ce sport du déplacement urbain
Un espoir: que les autorités leur octroient un espace dédié
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Les 9 membres, noyau dur de l’association Marrakech Parkour, entraînent les jeunes filles et jeunes garçons, passionnés par le déplacement urbain. Une règle: le respect de soi et des autres (Ph. Marrakech Parkour)

La difficulté motive le challenge. Ce pourrait être la devise du parkour, ou déplacement urbain, une discipline sportive qui consiste à franchir les obstacles par la course, le saut, l’escalade ou le déplacement en équilibre. Si cet art existe depuis toujours, toute une génération a été marquée par le film Yamakasi, sorti en France en 2001, qui l’a rendu populaire.

Et ce, jusqu’au Maroc. «Ce film a tout déclenché. J’ai été immédiatement attiré pas ces acrobaties, étant moi-même très sportif. Je me suis entraîné seul. J’avais des blessures partout mais je me disais qu’il fallait passer par là». Voilà comment commence pour Brahim Ait Ben Azzouz une passion qui ne le quittera pas. Très vite, un de ses amis, puis deux, puis trois… le rejoignent pour ses entraînements quotidiens. L’équipe ainsi constituée, il décide de fonder l’association Marrakech Parkour.

«Nous étions des voleurs pour les gens, même pour nos parents, qui nous voyaient sauter de toit en toit, et de terrasse en terrasse. Aujourd’hui la discipline est connue et sa philosophie en règle, alors les regards ont changé» confie-t-il. En effet, il lui aura fallu quelques années, et quelques déboires avec la police, pour faire comprendre le bien fondé de leur activité.

A 34 ans, s’il préfère sauter moins haut, car comme il le dit «il n’a plus rien à prouver», il consacre son temps entre sa profession d’acteur-cascadeur et l’encadrement des jeunes, toujours plus nombreux à rejoindre les 9 coachs marrakchis, noyau dur de l’association. «Franchir les obstacles augmente la confiance en soi. Il ne s’agit pas simplement de leur apprendre à grimper ou à sauter, c’est toute une philosophie que nous transmettons à ces jeunes.

Celle du respect de son corps, de soi-même et des autres» continue Brahim. Et les résultats sont là. Quand l’équipe est en démonstration, ils sont très nombreux, filles comme garçons, à venir les rejoindre. Pour la 2e rencontre internationale des écoles de parkour, qui vient de se tenir à Marrakech avec le soutien de l’Institut français, les traceurs, comme on les appelle, sont venus de France, de Suisse, d’Allemagne et de Roumanie.

«L’absence de structure dédiée nous paralyse pour accueillir tous ceux qui souhaitent s’entraîner. Nous avons besoin d’un lieu pour déployer nos projets. En cela, nous ne sommes pas encore pris au sérieux par l’état» regrette le président de Marrakech Parkour.

Dommage. Tant de miracles opèrent déjà au sein de ces jeunes coachés par l’équipe. Leurs parents, témoins des changements, étant les premiers convaincus des vertus de cette pratique. Reste ce fameux coup de pouce des autorités, qu’ils espèrent tous.

 

 

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