Competences & rh

Jeunesse des pays arabes: «Leur permettre de se connaître et de se comparer»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5263 Le 02/05/2018 | Partager
Des similitudes impressionnantes entre jeunesses européenne et des pays arabes
D’énormes possibilités de tris croisés
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Christophe Nick, co-producteur et co-auteur de Generation What: «Les jeunesses européenne et arabe, il n’y a pas grand-chose qui les oppose, c’est assez impressionnant. Ils ont à peu près les mêmes préoccupations, la même vision du monde et les mêmes impasses auxquelles ils sont confrontés»

- L’Economiste: L’enquête a déjà été menée en Europe en 2016. Pourquoi la reconduire aujourd’hui dans des pays arabes?

- Christophe Nick: Les résultats en Europe étaient si surprenants, et la rupture générationnelle tellement forte, que nous nous sommes dit que ce n’était pas une exception européenne. D’autres travaux en Asie, en Afrique, en Amérique et dans le monde arabe ont révélé qu’il se passe quelque chose de très particulier au niveau de cette génération. Les décideurs ne l’ont pas perçu, et c’est dangereux. En même temps, nous souhaitions que les jeunes européens découvrent et entendent les jeunes arabes, et que tous puissent se comparer et se rendre compte qu’ils ont un plus grand destin commun qu’ils ne le croient. Les premières tendances démontrent qu’ils ont à peu près les mêmes préoccupations, et la même vision du monde, c’est impressionnant.

- Combien de sociologues travaillent sur ce projet?
- Nous en avons un par pays. La coordination est assurée par un pôle de statisticiens et un deuxième de sociologues. Des associations de jeunes sont également mobilisées pour la promotion de la campagne. La phase de test a commencé dans 5 pays il y a près de 5 semaines, à savoir le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie et le Liban. L’Egypte, la Palestine et la Libye ont suivi. La campagne durera six mois.
Les résultats peuvent être consultés sur le site de l’enquête en temps réel. Chacun peut trouver des réponses à ses questionnements, se rendre compte qu’il n’est pas seul, qu’il ressemble furieusement à ses voisins et que les oppositions sont factices!
- Quelle est la taille de l’échantillon que vous ciblez?
- En Europe, un million de jeunes ont répondu à l’enquête. Dans le monde arabe, nous espérons atteindre entre 100.000 et 300.000. C’est un échantillon qui nous permettra d’aller très loin dans les détails. Nous pourrions travailler sur des sous-groupes. Comme, par exemple, les jeunes filles étudiant dans les grandes villes, les jeunes chômeurs dans les localités de moins de 5.000 habitants, les comportements par rapport aux valeurs annoncées… Nous pourrions aussi comparer la jeunesse issue de l’immigration en Europe avec celle des pays arabes. Il existe énormément de possibilités de tris croisés qui permettront de réaliser des analyses très fines. C’est unique, et c’est la raison pour laquelle l’Unesco et d’autres organismes transnationaux nous soutiennent.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH  

 

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