Economie

Changement climatique en Afrique: Le Maroc impulse une dynamique vertueuse

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5263 Le 02/05/2018 | Partager
Le Souverain apporte son soutien à l’initiative Fonds bleu
Un impact direct sur les économies d’une douzaine de pays du bassin du Congo
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Le Souverain Mohammed VI donnant un discours très suivi par les chefs d’Etat lors du 1er Sommet de la Commission Climat et du Fonds bleu du bassin du Congo (Ph. MAP)

«Le Maroc œuvrera sans relâche et avec détermination pour la concrétisation des grands projets structurants en Afrique», assure SM le Roi Mohammed VI lors du 1er Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission Climat et du Fonds bleu du bassin du Congo, à Brazzaville.

«Nous sommes ici pour contribuer à créer une dynamique vertueuse. Le véritable enjeu passe par la sauvegarde et la valorisation d’un patrimoine africain précieux: le Fleuve Congo», a déclaré le Souverain, en appelant à une mobilisation de tous les acteurs économiques et de la société civile, «pour que s’engagent des actions concrètes d’atténuation et d’adaptation» au changement climatique.

Le Maroc soutient le programme et affiche son leadership continental dans le combat contre le changement climatique. Le Royaume a d’ailleurs déployé l’expertise qu’il a acquise en matière de lutte contre les changements climatiques pour assurer sa réussite, a souligné le Souverain. Cette sortie du Roi à Brazzaville vient concrétiser les engagements pris dans l’accord de Paris sur le climat et la COP22.

Le Souverain souligne avoir choisi de soutenir le programme, car fondé sur un nouveau paradigme qui répond aux besoins présents et futurs. Les chefs d’Etat présents à la rencontre ont à l’unanimité félicité les autorités marocaines pour les efforts déployés et l’engagement personnel du Roi dans la lutte contre les changements climatiques.

Rassemblant 12 pays d’Afrique centrale (Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, RDC, Gabon, Guinée équatoriale, Rwanda, Tchad, Tanzanie et Zambie), le projet a l’ambition de préserver l’environnement de cette zone du bassin du Congo, tout en permettant un développement économique durable, davantage tourné vers l’eau.

L’initiative permettra de générer des revenus alternatifs à l’agriculture itinérante sur brûlis ainsi que la production de charbon de bois, très demandé dans les grands centres urbains.

Le recours au charbon figure parmi les principales causes de déforestation dans la région (RDC, Congo-Brazzaville…). Les forêts du bassin du Congo sont très exposées à la déforestation: l’électrification des centres  urbains permettrait, par exemple, de réduire la demande en charbon de bois.

Sur un tout autre registre, la promotion de nouvelles techniques de production agricoles entraînerait un changement de comportement permettant de passer de l’agriculture itinérante sur brûlis vers des modes agricoles plus durables: agro-écologie, rotation de culture ou encore l’agroforesterie. Tout l’enjeu du programme réside dans la mobilisation des fonds.

Pour capitaliser sur l’expérience marocaine en la matière, la princesse Lalla Hasna, présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, a été nommée ambassadrice de bonne volonté de la Commission Climat et du Fonds bleu pour la mobilisation des ressources financières. La tenue du Sommet a également été l’occasion de mobiliser les bailleurs de fonds internationaux et partenaires financiers à tenir leurs engagements.

Le Fonds bleu du bassin du Congo constitue le principal instrument financier de la Commission Climat du bassin. L’initiative «Fonds bleu» a été portée lors de la COP22 à Marrakech par Denis Sassou Nguesso, président du Congo Brazzaville. Le mémorandum d’entente portant sa création a été signé en mars 2017 au Congo.

Sa mise en place vise, concrètement, à financer des projets pour préserver les forêts et les eaux du bassin du Congo et améliorer les conditions de vie des populations riveraines. Le Roi Mohammed VI a suggéré la mise en place de projets capables de soutenir les économies des Etats membres du Fonds bleu.

Les projets éligibles aux financements portent notamment sur l’amélioration des voies navigables, la construction de petits barrages hydroélectriques, le renforcement des systèmes d’irrigation des sols, le développement de la pêche, de la pisciculture, de l’aquaculture ou encore le développement de l’écotourisme.

Avec 220 millions d’hectares de forêts, le bassin du Congo couvre une superficie de 3,7 millions de km². Il représente le deuxième massif forestier et le deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie. Au terme des travaux du Sommet de Brazzaville, le Souverain a procédé à la signature du protocole instituant la Commission Climat du bassin du Congo, en présence de dix chefs d’Etat africains.

En marge du sommet, le Roi a présidé la signature de 14 conventions entre le Maroc et le Congo-Brazzaville, portant sur plusieurs domaines, notamment l’investissement, la santé, la pêche, les mines, l’éducation et la formation.

 

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