Economie

Energie/Partenariat maroco-allemand: Une coopération renforcée

Par Nadia DREF | Edition N°:5261 Le 27/04/2018 | Partager
Une aide financière de 1,24 milliard d’euros en préparation par la KfW
En 2017, les commandes reçues par la GIZ s’élèvent à plus de 44 millions d’euros
Nouveau site web de Parema
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Le Maroc et l'Allemagne se sont tous les deux engagés sur des trajectoires de transition électrique avec des objectifs ambitieux en 2030

Le partenariat énergétique maroco-allemand (Parema) est des plus prometteurs. Le Royaume est le deuxième bénéficiaire des financements allemands dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Le plus grand portfolio au Maroc revient au secteur de l’énergie, particulièrement le renouvelable (EnR). Chiffres à l’appui: la coopération financière, chapeautée par la KfW, gère un portefeuille en cours de l’ordre de 1,15 milliard d’euros. Une autre enveloppe est en phase de préparation.

Elle s’élève à 1,24 milliard d’euros. Sur le volet de la coopération technique, la GIZ gère actuellement plus de 42 projets au Maroc. En 2017, les commandes reçues pour les projets bilatéraux s’élèvent à plus de 44 millions d’euros (contre 37,2 millions en 2016 et 53,7 millions en 2015). Les prévisions pour 2018 ne sont pas encore confirmées, confie Stéphane Bourgeois, conseiller et co-chair du Secrétariat de Parema.

Toutefois, de nouvelles commandes ont été reçues dans le secteur de l’énergie d’un montant global de 9,5 millions d’euros. Côté environnement/climat, les commandes s’élèvent à près de 8,75 millions d’euros. Pour mieux répondre à ses partenaires, la GIZ compte environ 250 collaboratrices et collaborateurs basés au Maroc.

Incontestablement, l’Allemagne s’impose parmi les plus importants bailleurs de fonds du Royaume. Et ce, à travers son engagement dans les secteurs de la gestion des ressources en eau, de l’environnement, du changement climatique et du développement économique durable.

L’Allemagne et le Maroc sont des leaders de la transition énergétique sur leur continent et œuvrent ensemble pour un avenir durable et renouvelable à l’horizon 2050. Pour Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable: «Tout comme l'Allemagne... le futur énergétique de notre pays sera essentiellement renouvelable.

Ce partenariat vise plus loin. Pour assurer un approvisionnement durable, les pays nécessitent des solutions régionales, dont l’intégration au-delà des frontières». L’un des constats les plus éloquents est celui de Sigmar Gabriel, ex-ministre fédéral de l'Economie et de l'Energie.
Ceci n’est pas fortuit, le Maroc a un énorme potentiel en énergies renouvelables, en particulier solaire et éolien. De par sa proximité et ses interconnexions avec l’Europe, l’intégration électrique permettrait un échange avantageux sur le long terme.
Rappelons que la collaboration entre le Maroc et l’Allemagne s’illustre déjà dans le domaine des énergies renouvelables.

Très avancé en la matière, ce pays participe activement au financement du Programme solaire marocain, composante majeure de la feuille de route du développement des énergies renouvelables. Par ailleurs, des échanges continus entre les experts des deux pays portent sur la préparation à l’élaboration des prospectives énergétiques 2050, les scénarios électriques et énergétiques ou encore l’exploration du potentiel national en termes de Step marines.

Des échanges fructueux et un appui important ont été réservés à l’efficacité énergétique à travers les projets DKTI pour l’élaboration d’une stratégie à l’horizon 2030. Cette feuille de route a été adoptée en juin dernier par le Conseil du gouvernement et attend son passage au Conseil des ministres.

Elle vise une économie d’énergie de 5% en 2020 et de 20% à terme dans la consommation finale. Une fois validée, cette feuille de route sera mise en œuvre sachant que plusieurs actions sont déjà fixées et prêtes à être lancées. Par ailleurs, l'intégration de l'efficacité énergétique dans les secteurs énergivores (transport, industrie, bâtiment, agriculture et éclairage public) représente un défi majeur.

Berlin Dialogue 2018

La conférence internationale du Berlin Energy Transition Dialogue a été couronnée de succès :
- Plus de 2.000 participants représentant 95 pays
- Participation de 43 ministres et secrétaires d’Etat
- Plus de 120 panélistes internationaux.

                                                                         

 Réunion du comité de pilotage

Le renforcement de la coopération maroco-allemande a été au cœur d’une réunion, tenue en marge de la conférence internationale du Berlin Energy Transition Dialogue 2018 (BETD). Cette rencontre de haut niveau du comité de pilotage de Parema, créé en 2012, a été présidée par le ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable et du ministère fédéral de l’Economie et de l’Energie BMWi.

Elle s’est tenue en présence des ministères fédéraux des Affaires étrangères (AA), de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sureté nucléaire (BMU). Une réunion qui a lancé les jalons d’une future coopération. D’ailleurs, elle a permis aux institutionnels allemands et marocains d’échanger sur leurs politiques énergétiques sous les nouveaux gouvernements respectifs et de faire le point sur les nombreuses thématiques de collaboration commune.

Plusieurs actions ont été validées ou planifiées. Le comité a donné le coup d’envoi au lancement du nouveau site web de Parema à l’adresse: «www.energypartnership.ma». Les deux parties ont planché sur le lancement des études pour la création d’un centre d’analyse et de prospective énergétique au sein du département de Rabbah, pour la finalisation d’un travail de prospective énergétique à l’horizon 2050, pour la révision du cadre légal d’ouverture du marché aux investisseurs dans le renouvelable ou encore pour la flexibilisation du système électrique ou l’avancement de l’efficacité énergétique.

                                                                         

La mise en garde de l’Irena

L'énergie renouvelable doit être multipliée par 6 pour que le monde puisse atteindre les objectifs de dé-carbonisation et d'atténuation du changement climatique définis dans l'Accord de Paris. En effet, sans une accélération du déploiement des EnR, les combustibles fossiles tels que le pétrole, le gaz naturel et le charbon continueront à dominer le mix énergétique mondial d'ici 2050.

C’est ce qui ressort de la feuille de route présentée par l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena) dévoilée à l’occasion du 4e dialogue sur la transition énergétique de Berlin. Cette étude a mis en exergue la forte croissance du marché des énergies renouvelables, les progrès technologiques. Plus de 170 pays ont mis en place des objectifs en matière d’EnR.

Par ailleurs, près de 150 pays ont adopté des politiques pour attirer les investissements dans les technologies du renouvelable. Toutefois, l’agence a tiré la sonnette d’alarme. L’investissement dans l’énergie renouvelable est faible, vu la réticence des bailleurs de fonds à suivre.

Il est en deçà de l’investissement annuel moyen estimé à au moins 770 milliards de dollars, qui s’avèrent nécessaires sur la période 2016-2030 pour doubler la part de l’énergie renouvelable dans le mix énergétique mondial. Ce secteur pourrait créer plus de 11 millions d’emplois additionnels.

 

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