Culture

Exposition: Voyage plastique à travers la Méditerranée moderne

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5260 Le 26/04/2018 | Partager
Beaubourg s’invite au MM6
80 œuvres majeures, peintures, sculpture, photographie
Une rétrospective sur un siècle de création
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L’atelier au mimosa, hiver 1939 / octobre 1946, huile sur toile. Une œuvre mythique de l’artiste Pierre Bonnard. Elle représente la vue de son atelier du Cannet en France où il s’est installé en 1939. L’artiste mettra près de 8 ans à peindre ce qui sera l’une de ses dernières grandes œuvres. (Crédit Philipe Migeat- Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP)

C’est une exposition-évènement réalisée spécialement pour le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain. Quand le MM6 invite le fameux Centre Pompidou à Rabat, celui-ci fait les choses dans les règles de l’art. 

«La Méditerranée et l’art moderne», qui a été inaugurée mardi 24 avril et qui se tient jusqu’au 27 août, donne à voir quelque 80 peintures, sculptures et photographies de la seule collection du Centre Pompidou,  à l’exception d’une œuvre de Raoul  Duffy, prêtée pour l’occasion par Bank Al-Maghrib.

Couvrant l’ensemble du siècle (1900-1988), l’exposition propose au visiteur de reconsidérer l’histoire de l’art du XXe  siècle dans son rapport à l’espace et à l’imaginaire méditerranéen. Représentation du paysage, exotisme, couleurs de la Méditerranée. Autant de thèmes abordés par des artistes européens, ayant souvent d’ailleurs, fait des incursions artistiques dans les paysages du sud de la rive.

Derain, Matisse, Picasso, Braque, Tapies, Miro, Dali… jusqu’au hollandais Van Dongen ou au russe Kandisky, les artistes ayant été inspirés par la Mare Nostrum, proposent des visions différentes de l’effervescence artistique et plastique de cette région.

«L’exposition évoque également les grands foyers de création qu’auront été Barcelone, Marseille ou Nice et rappelle l’installation pérenne sur les bords de la Méditerranée de certains des plus grands peintres du XXe siècle» précise Christian Briend, chef du service des collections modernes au Musée national d’art moderne, et commissaire de l’exposition.

La scénographie propose 9 sections, selon un découpage à la fois chronologique et thématique. Elle s’ouvre sur la  «Naissance du paysage moderne (1900-1914)», une section qui met en lumière des chefs-d’œuvre de Georges Braque, André Derain et Albert Marquet.

Les «Exotismes (1900-1930)» s’invitent dans la section suivante qui évoque les voyages de différents artistes, notamment ceux du peintre russe Vassily Kandinsky qui a séjourné en Tunisie ou d’Henri Matisse en Algérie. Le visiteur averti reconnaîtra les paysages marocains peints ou croqués par Raoul Duffy et fera à travers les toiles  du peintre Hollandais Kees Van Dongen une incursion dans l’Egypte du début du siècle dernier.

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L’une des œuvres majeures de l’exposition. Albert Marquet, Le Port de Naples, 1909, huile sur toile. Collection Centre Pompidou, Paris (Crédit: Bertrand Prévos- Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP)

La troisième salle est quant à elle consacrée aux «Rivages photographiques (1930-1945)». Des photographes comme Pierre Boucher, André Kertesz et André Steiner immortalisent au sein de cet univers méditerranéen à la lumière éclatante, la réalité économique et humaine de la région.

Les trois peintres majeurs que sont Pierre Bonnard, Henri Matisse et Pablo Picasso sont à l’honneur dans la 4e salle placée sous le thème des «Ateliers du Midi (1920-1960)», dont ils firent leur sujet de prédilection. «Le Foyer catalan (1920-1970)» qui fait l’objet de la cinquième salle, braque les projecteurs sur le milieu artistique de Barcelone regroupant des œuvres de Salvador Dalí, Joan Miró et Antoni Tàpies.

L’exposition «La Méditerranée et l’art moderne» donne également l’occasion de redécouvrir «Le Festival de l’art d’Avant-garde de Marseille (1956)». Cette année où Le Corbusier venait d’achever la construction de l’Unité d’habitation (Cité radieuse) a vu l’organisation d’une importante exposition pluridisciplinaire où se côtoyaient des abstractions de Hans Hartung ou de Pierre Soulages, des œuvres cinétiques et des sculptures, sans oublier les premiers monochromes d’Yves Klein.

Une seconde section dédiée à la photographie évoque cette fois-ci la période allant des années 1950 aux années 2000. «Une photographie méditerranéenne?» focalise l’intérêt sur l’inscription de l’individu dans son territoire à travers des clichés de Bruno Barbey, William Klein ou encore Josef Koudelka. La section «À propos de Nice (1960-1980)» dévoile dans la salle 8 des œuvres des Nouveaux réalistes comme Arman ou Martial Raysse.

L’exposition s’achève avec des créations du groupe Supports-Surfaces fondé notamment par Vincent Bioulès et Claude Viallat dont les visiteurs pourront admirer les œuvres aux côtés de travaux de Pierre Buraglio et de Louis Cane qui remettent en cause de manière radicale, la peinture traditionnelle, tout en réhabilitant la couleur pour elle-même dans une perspective toute matissienne. En complément de l’exposition, un catalogue est publié en collaboration avec les Editions Skira.

 

 

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