Economie

Le duo Hakim Marrakchi/Assia Benhida au Club de L’Economiste

Par Amin RBOUB | Edition N°:5257 Le 23/04/2018 | Partager
La région et les métiers au coeur des priorités
Nouveau mode de gouvernance, PME-PMI, Afrique...
Le programme en avant-première!
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Assia Benhida: «Notre programme n’est pas une compilation de promesses électorales ou d’intentions. Ce sont des mesures et des actions clairement identifiées»  (Ph. Jarfi)

«Nous serons élus le 22 mai à la tête de la CGEM. Nous en sommes convaincus», répètent à l’envi Hakim Marrakchi et Assia Benhida, candidats à la présidence et la vice-présidence de la CGEM.

Invité au Club de L’Economiste, le tandem fait valoir des convictions communes, une maîtrise du fonctionnement de la Confédération, une expérience dans le dialogue et les négociations avec le gouvernement en plus d’une complémentarité et des synergies entre deux profils, l’un issu du milieu industriel (plus de 30 ans pour Hakim Marrakchi) et l’autre qui revendique une expérience concluante dans les services et la transformation des entreprises (plus de 20 ans pour Assia Benhida).

«L’industrie a besoin des services et les services ont besoin de l’industrie», fait valoir Marrakchi, qui nourrit de fortes ambitions en tant que futur patron des patrons.  «Au-delà de nos expériences respectives, nous avons à notre actif des expériences transverses sur la problématique de la transformation afin d’anticiper les enjeux de la nouvelle économie avec tout ce que cela implique comme défis de la digitalisation, la gouvernance des entreprises...», soutient Assia Benhida, colistière.

Pour la symbolique, selon Benhida Ayouch, le fait de présenter ma candidature en tant que femme chef d’entreprise est un message fort, envers la communauté des affaires, qui renseigne sur le pari de la bonne gouvernance et la parité de notre tandem. Sur les motivations de sa candidature, Marrakchi tient à préciser que «la présidence de la CGEM n’est pas un poste politique...».

Plus encore, «être président de la CGEM n’est pas un statut, mais une mission. Celle du pilote d’un syndicat patronal censé représenter et défendre les entreprises». Le message est on ne peut plus clair! Allusion faite au concurrent Mezouar, mais sans le nommer. Pour s’en convaincre, Marrakchi tient à préciser qu’il ne faut pas que la CGEM devienne une structure partisane, inféodée à une couleur politique et qui relaye des agendas.

La Confédération doit rester une organisation indépendante de façon à garantir sa neutralité qui fait sa force». L’enjeu de la neutralité du patronat réside aussi dans sa vocation de structure censée faire le contrepoids vis-à-vis des pouvoirs publics et de l’Exécutif.

Pour convaincre et mobiliser les électeurs, les chefs d’entreprise, les adhérents... le binôme Marrakchi-Benhida a développé tout un programme bien ficelé avec une série de mesures concrètes, dévoilé en avant-première à L’Economiste. «Il ne s’agit pas là de promesses électorales ou d’intentions. Ce sont des mesures et des actions clairement identifiées», nuance la colistière.

Pour résumer, les messages forts envoyés au milieu des affaires s’articulent autour de trois axes. Primo, remettre l’entreprise au coeur du dispositif de développement économique du pays. L’objectif est de libérer l’entreprise des carcans qui l’empêchent de se développer (administration, procédures...). D’ailleurs, le programme électoral de Marrakchi-Benhida s’intitule: «CGEM 2021, libérer l’entreprise».

Secundo, agir sur la compétitivité et la croissance. Tertio, agir sur l’employabilité et les éléments liés au développement humain. «Moi, les problèmes de l’entreprise, je les vis au quotidien, je les connais parfaitement. Mon parcours en tant qu’industriel depuis plus de 30 ans m’a permis de bien cerner les problèmes des chefs d’entreprise et les leviers qu’il faut déployer», insiste Marrakchi pour faire valoir la légitimité de sa candidature.

A la question de savoir s’il s’inscrit en continuité ou en rupture avec la présidence sortante de la Confédération patronale, Hakim Marrakchi tient à préciser que le mandat de Miriem Bensalah aura permis à la CGEM de redevenir un acteur incontournable: «La présidente sortante a amené la CGEM à un niveau de visibilité qu’elle n’a jamais connu auparavant. Elle a aussi bénéficié de la place que le Souverain a voulu donner à la Confédération patronale dans le dispositif de la diplomatie économique. Ceci dit, nous continuerons le travail dans le cadre de ce qui nous sera dévolu. En même temps, Miriem Bensalah a ouvert des chantiers par rapport aux délais de paiement, la compétitivité, l’informel, le dialogue social, les énergies renouvelables... Des acquis qu’il va falloir consolider et parachever».

Mais il y a aussi des changements qui sont programmés avec de nouveaux chantiers qui seront ouverts: «Nous allons retoucher des aspects liés à la gouvernance, dans le sens où nous allons nous rapprocher davantage des régions et mieux organiser nos métiers».

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Hakim Marrakchi: «Etre président de la CGEM n’est pas un statut, mais une mission. Celle du pilote d’un syndicat patronal censé représenter et défendre les intérêts des entreprises»  (Ph. Jarfi)

Les deux candidats sont résolus à être plus proches des adhérents de la Confédération là où ils sont. L’autre front consiste à anticiper les mutations qui s’opèrent dans le monde de l’entreprise, la digitalisation, la transformation numérique...

«La gouvernance est un sujet qui nous tient particulièrement à coeur. Car, pour accompagner la régionalisation avancée, cela suppose que la CGEM, tant dans sa gouvernance que dans son organisation, place la région au coeur des priorités. Il ne suffit pas de décréter l’ambition d’accompagner les PME dans les régions, mais il va falloir agir et structurer la CGEM dans ce sens-là», soutient Assia Benhida.

Le constat aujourd’hui est que le mode de gouvernance actuel ne permet pas de placer les régions au coeur de l’organisation patronale, renchérit la colistière. Pour rectifier le tir, une fois élu, le tandem compte apporter des ajustements de manière à ce que la région et les métiers soient au coeur de la Confédération. Ce qui devra se traduire par une CGEM, superstructure centrale organisée par pôles et qui adresse les besoins et les attentes des différents adhérents.

Une sorte de technostructure qui devra nécessairement fonctionner et évoluer différemment du schéma actuel, explique Benhida. Pour elle, accompagner la régionalisation impose de faire évoluer la gouvernance. Ce qui passe par la place de la région en termes d’autonomie, de force de propositions, de rôle, de périmètre et de pouvoir à l’échelle locale.

Mais il y a aussi des mesures et actions prévues pour accompagner les différents territoires. L’intérêt étant de capitaliser sur l’expérience de grands groupes, au profit des PME sur l’ensemble des régions. Mais aussi faire en sorte que la commande publique devienne un levier de développement pour les PME-PMI.

Tout le défi aujourd’hui consiste à résoudre les problèmes des PME, les délais de paiement, l’accès aux marchés, l’organisation des métiers et la veille sur les marchés, admet Hakim Marrakchi. «Si nous sommes élus, nous allons nous organiser de manière à ce que les 88.000 adhérents directs et indirects soient mieux représentés», promet le président sortant de CGEM International. Pour y arriver, l’enjeu consiste à renforcer l’écoute des PME avec la proximité et l’offre de services adaptés aux différents besoins où qu’ils soient.

«Cap Business Africa»

Sur le marché continental, Hakim Marrakchi, qui est aussi l’actuel président de CGEM International, a plein d’idées à faire valoir. «Il y a de grands groupes, des modèles de développement et des sucess-stories sur lesquels il va falloir capitaliser. Ils peuvent être mis en place de façon à greffer davantage d’intelligence économique et permettre aux PME marocaines de profiter de cette fine connaissance sur le marché africain. Il y a également des expériences marocaines duplicables à l’échelle du continent, notamment dans la mise en valeur agricole, l’agro-industrie, les maraîchages, la mise en valeur des terres, l’électrification... L’expertise marocaine peut être profitable au Sahel. Sur les énergies renouvelables et la distribution de l’énergie, l’expérience marocaine peut révolutionner l’Afrique». Nous envisageons de mettre en place un service baptisé «Cap Business Africa», qui s’adresse aux investisseurs marocains souhaitant mener des opérations de co-développement en Afrique, annonce Assia Benhida. Ce sont là autant de leviers sur lesquels s’engage le binôme pour promouvoir la place de l’entreprise à l’échelle continentale.

 

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