Régions

Présidence de la CGEM: Mezouar en campagne dans les régions

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5256 Le 20/04/2018 | Partager
Avec son binôme, il défend son projet pour le syndicat des patrons
Coup de gueule des opérateurs fassis contre les anciens présidents
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Mohamed Rkhami Berrada (à gauche) n’a pas mâché ses mots en critiquant la disparition des présidents de la CGEM une fois investis. Le président de l’Union Fès-Taza a appelé le binôme Mezouar-Mekouar à être plus présent dans les régions. «La CGEM n’est pas seulement casablancaise», dit-il (Ph. YSA)

«A Chayllah à Moulay Idriss». Salaheddine Mezouar réclame la bénédiction du fondateur de la capitale spirituelle. C’est dans la tradition fassie que le candidat à la présidence de la CGEM a entamé, jeudi, sa campagne au siège de l’Union régionale Fès-Taza. (cf. notre édition n° 5255 du 19 avril).

Accompagné de son binôme, Fayçal Mekouar, l’ex-ministre de l’Industrie, des Finances et des Affaires étrangères est venu, à sa demande, rencontrer les «bases» du syndicat patronal. «Un exercice qui devrait être périodique», fait remarquer Mohamed Rkhami Berrada, président de la CGEM Fès-Taza. « Nous n’avons jamais revu les anciens présidents une fois investis», déplore ce dernier qui cite nommément Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Hourani et Miriem Bensaleh Cheqroun.

Pour lui, «les adhérents du patronat connaissent leurs présidents à travers la presse. Paradoxalement, la CGEM qui leur réclame plus d’argent et plus d’adhésions, ne vient pas rencontrer sa base». Il en est de même pour les représentants de la CGEM dans la deuxième Chambre qui n’ont jamais daigné faire le déplacement.

En clair, l’antenne régionale réclame des rapports de proximité. La «colère» du président de celle-ci a été vite ressentie par Mezouar qui promet un nouveau style. Après son passage à Fès et Meknès, il s’invitera aux CGEM de Tanger, Marrakech, Casablanca et Agadir. Bref, sa tournée vise à rapprocher les idées avant de foncer rapidement.

« Je suis venu surtout vous écouter et échanger. Je suis convaincu que l’avenir de l’économie nationale se fera dans les territoires régionaux, et l’entreprise doit être au cœur du nouveau modèle économique», indique Mezouar. Conscient de l’importance de la région Fès-Meknès, avec ses viviers d’emplois, il a souligné que «les contraintes de la jeunesse et du chômage, tout comme pour les tensions sociales et économiques, ne peuvent être endiguées sans l’implication du secteur privé».

L’enjeu étant économique, social et géopolitique, l’entreprise est appelée à jouer un rôle prépondérant. «Le Maroc doit atteindre un taux de croissance de 7% afin d’assurer le développement escompté, respecter les délais de paiement, grandir et devenir fort…», estime Mezouar.

Pour aller vite, les wagons du train économique doivent être arrimés à la même vitesse. Malgré toutes les contraintes, le printemps arabe entre autres, notre pays est resté solide, mais «la PME a été frappée et des secteurs secoués». Résultats: l’on enregistre un taux de sinistralité élevé et un glissement vers l’informel.

Afin de redresser la situation, un choc de confiance est nécessaire. Ainsi, le binôme Mezouar-Mekouar mise sur ce changement de psychologie. A travers une approche coup de point pragmatique, basée sur trois actions bien pensées, il relève le défi. Simplifier l’acte d’investir en profitant du remodelage des CRI, amorcer le choc de compétitivité en se basant sur la confiance, et s’engager et persévérer. Tel est le modèle défendu par les deux candidats.

Ces derniers se sont succédé, à tour de rôle, pour détailler leurs priorités pour le patronat (engagement pour les PME, taxe de la formation continue...). Pour eux, l’exigence sociale et économique devient de plus en plus intense et l’Etat ne peut pas tout faire. Aussi, le tissu économique est majoritairement composé de PME. «Il serait utile de revoir les charges sociales pour ces entreprises», estime l’ex-ministre, convaincu qu’il existe des marges «pour faire baisser la pression des charges sociales pour les PME». 

Au sujet des délais de paiement, son colistier Fayçal Mekouar préconise la sensibilisation des entreprises sur le respect des délais. Enfin, en matière d’emploi et de formation, le binôme propose de renforcer la formation continue des salariés. Interrogé sur son appartenance, l’ex-patron du parti du RNI «se dit fier de son passé et ses anciennes responsabilités politiques et étatiques».

Mais pour lever le doute sur sa mission à la CGEM, s’il est élu, il assure «qu’il présentera officiellement sa démission des organes du RNI s’il est investi».

«Regardez vers l’Afrique»

Invité à l’Université Al Akhawayn, Mezouar a appelé, mercredi, les étudiants à regarder vers l’Afrique et leur Université à développer des masters sur l’économie du continent et pourquoi pas primer les meilleures thèses sur le développement africain. Idem devant les opérateurs de la région Fès-Meknès, le candidat à la présidence de la CGEM a dénombré les opportunités d’échanges et de partages à saisir en Afrique. Des opportunités « incroyables » dans tous les secteurs (éducation, BTP, agriculture, technologie numérique…), dit-il. Mezouar a enfin insisté sur l’économie verte et bleue et exhorté l’implication du capital national dans les métiers mondiaux du Maroc.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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