Société

Festival de diplomatie culinaire: Coup d’envoi de la 3e édition ce jeudi

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
Les traditions du Maroc, Tunisie et Mexique invitées à Fès
Echanges interculturels, musiques et tables… jusqu’au 22 avril
Un déjeuner champêtre pour «mille convives» à Sefrou
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L’art culinaire rapproche les peuples. C’est l’idée défendue par les organisateurs du Festival de Fès de diplomatie culinaire. Leur événement met à l’honneur la gastronomie marocaine, tunisienne et mexicaine du 19 au 22 avril (Ph. L’Economiste)

Le coup d’envoi de la 3e édition du Festival de Fès de diplomatie culinaire, initiée sous le signe «Arts culinaires, santé et sagesses du monde: gastronomies et cultures du terroir du Maroc et d’ailleurs» sera donné ce jeudi.

Organisé par l’agence d’ingénierie culturelle «Parchemins concepts», le festival revisitera la mémoire collective du patrimoine gastronomique, d’une histoire culturelle commune, des traditions hébraïque, amazighe et arabo-andalouse. La manifestation qui se poursuivra jusqu’au 22 avril est initiée en partenariat avec L’Economiste et le groupe Eco-Médias.

Quatre jours durant, les tables marocaines, tunisiennes et mexicaines seront à l’honneur, selon l’approche politique et diplomatique contemporaine ainsi que les dimensions culturelles essentielles. Un déjeuner champêtre «pour mille convives» est prévu samedi, à Sefrou.

«Notre ambition est de montrer comment chaque pays essaie d’exposer son art gastronomique, de le développer dans la mesure où cette promotion est la meilleure ambassadrice qui soit», indique Oussama Skali, directeur du festival.

Lors des nombreuses conférences, prestations artistiques et soirées (dîners/débats) organisées pendant le festival, l’art gastronomique, mais également la musique et les arts ainsi que la réflexion intellectuelle seront des vecteurs privilégiés d’un échange interculturel.

Parmi les intervenants qui animeront ce festival 2018 figurent le professeur Henri Joyeux, médecin, écrivain et conférencier membre de l’Académie nationale de chirurgie en France, Achahour Kaltouma, présidente de la coopérative Sahara Cactus, et Francesco Pisano, représentant du département de Diplomatie culturelle du siège de l’ONU à Genève.

D’autres conférenciers esquisseront les ouvrages d’Orient et d’Occident qui ont souligné, depuis des siècles, le rapport entre la qualité des produits, celle du goût et leurs effets sur le corps et l’esprit.

Pour ses initiateurs, ce festival s’appuie sur un concept d’une grande originalité qui consiste à mettre les arts culinaires au cœur du dialogue et des échanges interculturels et constitue un événement annuel qui s’annonce avec le printemps pour inviter les différentes cultures méditerranéennes à se mettre «autour d’une table» pour évoquer leurs patrimoines et cultures communes et susciter un dialogue entre les deux rives.

Le but est de montrer que chaque culture et chaque nation s’exprime dans sa gastronomie, mais est aussi représentée par celle-ci. Cette dernière a toujours été pacifiste. «En remontant à l’ère des Samouraï par exemple, le seul moment où ces derniers acceptaient de poser les armes était lors de la cérémonie du thé. C’est cela qui a permis la réconciliation et la construction du Japon», estime Skali.

Le festival qu’il dirige a pour vocation de rassembler et fédérer les cultures, nations et même les religions. De par l’implication évidente de la communauté hébraïque de Fès par exemple. Mais aussi à travers des révélations originales. En ce sens, rares ceux qui savent que le Maroc possède un monastère de nonnes mexicaines, qui sont les seules à produire des «tortillas» selon la méthode traditionnelle et ancestrale.

Ces derniers seront impliqués cette année pour le dîner mexicain. Ainsi, le festival ne fait que prolonger l’image qu’a déjà notre pays sur la scène internationale: une terre de paix, de tolérance et d’ouverture. Quelles que soient les origines ou les croyances.

L’événement, qui coïncide avec la visite royale prévue ce week-end, sera rehaussée par la participation d’intervenants de renommée dont les «Chefs ambassadeurs» Najat Kaanache, Olliel, Tetedoie, Belaid Wafik, Haykel Ben Zaida, Mhadhbi Mohamed et Rebolledo.

Outre des prestations artistiques et soirées (dîners/débats) organisées pendant le festival, l’art gastronomique mais également la musique et les arts ainsi que la réflexion intellectuelle seront des vecteurs privilégiés d’un échange interculturel.

Inscrire la gastronomie marocaine à l’Unesco

«En plus de l’image que ce festival apporte à Fès et au Maroc, il a aussi pour vocation d’avoir un impact économique direct. Et ce, en créant une plateforme commerciale entre les professionnels de la restauration, les producteurs du terroir, mais aussi les jeunes diplômés du secteur que nous impliquons directement avec l’Institut de technologie hôtelière et touristique de Fès», souligne le directeur du festival.
Pour lui, ce festival a également pour but de mettre en valeur la gastronomie marocaine pour pouvoir, comme elle le mérite, l’inscrire dans le patrimoine mondial de l’Unesco, à l’image de ce qu’a fait le Mexique. Enfin, à travers la gastronomie toujours, ce festival a pour vocation de rapprocher les pays mis à l’honneur et d’en resserrer les liens diplomatiques, grâce à «une belle collaboration avec l’ambassade de Tunisie», à l’occasion de la soirée d’ouverture.

 

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