Analyse

Aménagement du territoire: Comment «mieux penser» le développement local

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
Urgence de migrer vers une nouvelle culture de «projet territoire»
Le secteur privé appelé à contribution pour la production de services collectifs
inegalite_055.jpg

Dans la nouvelle dynamique de résorption des déséquilibres entre les territoires, les régions et les villes sont appelées à jouer un rôle décisif. Leur implication est déterminante pour assurer une implémentation optimale des politiques publiques et leur déclinaison au niveau territorial.

Un rapport, élaboré par le département de l’Aménagement du territoire sur les dynamiques et disparités territoriales, plaide pour la mobilisation au profit des régions et des villes, «de capacités propres de développement, en fonction de leurs atouts et de leurs spécificités». Cela doit être conditionné par le fait que «l’avenir de chaque territoire devra dépendre de sa capacité à bien gérer ses propres ressources et à assurer l’épanouissement de ses habitants».

Les rédacteurs de ce document estiment que le Maroc ne doit plus se perdre dans un «catalogue de recettes». La priorité est de bien négocier le virage vers une nouvelle culture basée sur la notion de projet territoire. Sur le terrain, les présidents des régions multiplient les mises en garde face aux difficultés de démarrage, notamment en termes de mise en œuvre des nouvelles attributions, faute de moyens.

Le rapport du département de l’Aménagement du territoire a mis l’accent sur la nécessité de la refonte de la conception de la gouvernance locale pour aboutir à une «co-construction d’une ambition territoriale commune entre l’Etat et les régions». Cela devra se traduire par une «interprétation commune des transformations en cours au niveau régional, et par une imbrication des projets et trajectoires d’évolution des différents territoires».

Le secteur privé doit être aussi impliqué dans cette dynamique, notamment via des initiatives coordonnées pour la production de services collectifs. Cette démarche pourrait se baser sur des formes de management, particulièrement le partenariat public-privé. A terme, la nouvelle dynamique devrait aboutir à «mieux penser le territoire», considéré comme la pierre angulaire de la gouvernance.

Dans cette dynamique, cet espace doit être «à la base de la récolte des informations». Aujourd’hui, la mise en place d’un système d’information territorialisé constitue un levier essentiel pour accompagner l’approche de développement dans les collectivités locales. L’idée est de s’inscrire dans une nouvelle démarche «qui va du bas vers le haut». C’est décisif pour assurer la pertinence d’une co-construction d’une ambition territoriale, portée par l’Etat et les régions.

Cette nouvelle approche est incontournable pour faire face aux nouveaux défis, particulièrement celui du changement climatique. «Les territoires devront anticiper les effets hétérogènes du réchauffement au niveau local, notamment sur l’agriculture, les ressources hydriques…».

Par exemple, les prévisions tablent sur une migration interne durant les 3 prochaines décennies, du Sud-Est vers le Nord-Ouest. Ces zones, «qui correspondent essentiellement à la région de Drâa Tafilalet, doivent bénéficier de mesures urgentes à même de favoriser le maintien des populations».

Ces actions concernant la lutte contre la désertification, la sécheresse et l’enclavement, doivent découler des plans d’aménagement du territoire ainsi que des mécanismes de solidarité interrégionale, selon les recommandations de ce rapport.

                                                            

Les régions, multiplicateurs de développement

L’urbanisation galopante durant les dernières décennies s’est soldée par une grande incohérence des territoires. Le rapport élaboré par le département de l’Aménagement du territoire pointe une «métropolisation à plusieurs vitesses des villes moyennes qui ont du mal à jouer un rôle d’équilibre et à polariser leur territoire, et des petites villes qui restent cantonnées dans un rôle d’encadrement». Une situation qui interpelle les responsables de la planification et de l’aménagement du territoire. Ceci est d’autant plus important que les régions, les villes ou les communes «ne sont plus des subdivisions administratives de l’espace national, mais plutôt des multiplicateurs autonomes de développement».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc