Economie

Mezouar au Club de L'Economiste

Par Amin RBOUB | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
En course pour la présidence à la CGEM, il dévoile son programme
Il promet de démissionner du RNI
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Salaheddine Mezouar a été poussé dans ses retranchements par les équipes de L'Economiste, Assabah et Atlantic Radio (Ph. Fadwa Al Nasser)

Salaheddine Mezouar, futur patron des patrons? Il va sans dire que le candidat y croit énergiquement. Invité au Club de L'Economiste mercredi 18 avril, le binôme Salaheddine Mezouar/Fayçal Mekouar ouvre le bal de la campagne électorale et livre en avant-première les motivations et enjeux de sa candidature à la tête du patronat.

Cette première sortie médiatique représente aussi le coup d'envoi de la campagne électorale du tandem Mezouar/Mekouar. Dès aujourd'hui, le duo se livre à quatre semaines de road show, meetings régionaux, débats et échanges avec les chefs d'entreprise, industriels, les antennes régionales, associations professionnelles, PME-TPE...

L'enjeu est «d'expliquer le projet et la vision pour la CGEM, clarifier les raisons et les messages avec sérénité, transmettre une image de maturité dans une démarche participative et inclusive», tient à préciser le candidat Mezouar.

«Nous sommes heureux Fayçal Mekouar et moi-même qu'il y ait deux candidatures, deux binômes qui se présentent devant les électeurs avec deux programmes, deux visions différentes pour un débat contradictoire que j'espère sera serein et riche», soutient Mezouar.

Pour planter le décor, il retrace la trajectoire de son parcours depuis l'entreprise jusqu'au gouvernement et au poste de chef de la diplomatie. Après une expérience concluante dans l'entreprise (ancien DG de Settavex), le milieu associatif professionnel (Amith), la CGEM... Mezouar a été trois fois ministre (Commerce et Industrie, Finances, Affaires étrangères).

«C'est grâce à la CGEM, au secteur privé et à l'entreprise que j'ai été identifié en tant que potentiel ministrable. C'est ma trajectoire de base dans le privé qui a fait de moi l'homme public que je suis devenu durant les 15 dernières années», tient à rappeler le candidat à la présidence.

Aujourd'hui, l'ambition de Mezouar est de revenir par la grande porte au milieu des affaires et à l'entreprise, à l'investissement, au défi de création de valeur et de richesses, à la création d'emplois, au développement du tissu économique et industriel...

En amont de cette résolution mûrement réfléchie, Mezouar dit avoir été sollicité, dès début janvier, par des patrons, des décideurs, de grandes institutions... qui se posaient des questions par rapport à l'avenir de la CGEM et la succession de la présidente sortante, Miriem Bensalah. Au fur et à mesure, les sollicitations deviennent insistantes.

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A son arrivée au siège d'Eco-Médias (Ph. Fadwa Al Nasser)

A partir de là, il a fallu trouver un moteur de conviction pour relever le challenge et aller au charbon. Aujourd'hui, au-delà de la conviction, tout le défi consiste à convaincre le milieu des affaires et les chefs d'entreprise de la pertinence de la démarche de ce binôme tonitruant. Les motivations et les arguments de sa candidature, Mezouar les puise du nouveau projet de société enclenché au Maroc et de l'impératif de réinventer le modèle de développement économique et social.

«Il va falloir réfléchir à un nouveau modèle de développement qui insuffle une nouvelle dynamique, redonne du souffle, de la confiance, voire un cap», insiste-t-il. La conviction du futur patron des patrons, au cas où il est élu, est que «le nouveau modèle économique ne peut réussir que si l'entreprise privée est placée au coeur de ce processus. Certes, c'est bien d'avoir un Etat volontariste, un Etat stratège, facilitateur, impulseur... mais cela ne suffit pas. Il faut aussi avoir un secteur privé fort et engagé.

Le Maroc ne peut être fort que si son secteur privé est aussi fort». Désormais, il va falloir s'engager dans cette «grande inflexion» pour faire en sorte que le secteur privé soit au coeur des grandes mutations qui s'opèrent au Maroc. Ceci étant dit, cette candidature n'est pas souvent bien perçue auprès de l'opinion publique.

Depuis quelques jours, des réactions fusent de toutes parts et dénoncent «la mainmise du RNI sur le monde des affaires, voire des risques de collusion entre le syndicat patronal et le gouvernement». D'autres redoutent le conflit d'intérêt vu que le candidat Mezouar n'est autre que l'ancien président du RNI, qui plus est très proche du ministre des Finances, de celui de l'Agriculture ou encore de celui de l'Industrie et Commerce.

A tort ou à raison, ce débat mérite d'être posé, pour clarifier les périmètres. Face à ces critiques récurrentes, Salaheddine Mezouar se dit serein: «Ces questions méritent d'être exprimées. Il y a ceux qui les expriment de bonne foi. Et il y a ceux qui les utilisent pour d'autres raisons que nous connaissons. Depuis que j'ai quitté la présidence du RNI, j'ai décidé de prendre du recul. Je n'ai jamais participé à une quelconque réunion, décision, rassemblement ou prise de position au nom du parti».

Mais malgré cela, l'opinion publique perçoit encore Mezouar comme étant un «homme public, très proche des sphères de décision et qui porte une casquette politique qui lui colle à la peau».  Pour dissiper tout malentendu, le candidat promet de démissionner de tous les organes du RNI.

Indépendance des organisations

Pour qu'il n'y ait pas de quiproquo, le candidat tient à préciser qu'il reste «très attaché à l'éthique, aux valeurs et à la morale au même titre qu'à l'indépendance des organisations, particulièrement celle d'une confédération comme la CGEM». Et d'ajouter: «Je suis aussi très attaché à la symbolique des actes». Il en veut pour preuve: «Le gel de toute activité ou appartenance aux instances dirigeantes du parti».

 

 

 

 

 

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