Economie

Comment préparer des enseignants «new age»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5254 Le 18/04/2018 | Partager
Une stratégie du Conseil supérieur pour rompre avec les lacunes du système actuel
La réforme en panne
Trois axes interdépendants pour insuffler une dynamique de changement
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La persistance de la gestion centralisée des ressources humaines et matérielles, en plus de la mauvaise répartition des enseignants entre les régions, constituent les principaux dysfonctionnements qui plombent les métiers de l’éducation, limitant la portée de la réforme du système. Cette situation risque d’être amplifiée par les départs massifs à la retraite prévus dans les prochaines années (Ph. Bziouat)

C’est une évidence. Une implémentation optimale de la nouvelle Vision de l’éducation nationale passe par la préparation de ressources humaines qualifiées. Le rôle des enseignants et des cadres éducatifs est décisif dans ce processus. Actuellement, les métiers de l’éducation constituent le talon d’Achille du système éducatif national.

Un rapport élaboré par le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation autour de ce sujet, a pointé une série de dysfonctionnements qui plombent les efforts de modernisation du secteur. Cela concerne notamment «la gestion centralisée, la disparité de la répartition des ressources humaines entre les régions, la mauvaise gouvernance du processus d’affectation…».

S’y ajoutent d’autres problèmes comme le départ massif à la retraite, prévu dans les prochaines années, en plus des conditions difficiles d’exercice de ce métier, particulièrement dans les zones rurales.

Le diagnostic du Conseil présidé par Omar Azziman a mis l’accent sur une série de dysfonctionnements qui plombent les efforts de mise à niveau du secteur. Par exemple, la société parie sur le rôle décisif des acteurs éducatifs, alors que les capacités et les moyens d’adaptation et de renouvellement de ces métiers restent limités. Les tentatives de formation de ces acteurs sont aussi loin des exigences d’une véritable professionnalisation.

S’y ajoutent des obstacles sur le terrain qui ne favorisent pas l’implémentation d’un changement profond dans les structures et les fonctions des établissements éducatifs. D’où l’importance du nouveau modèle proposé par le Conseil supérieur. Il s’agit d’une stratégie qui «rompt avec les lacunes des politiques et des modes de gestion antérieurs». Ce nouveau cadre s’articule autour de trois piliers interdépendants, permettant «d’insuffler la dynamique de changement escompté».

En tête, l’introduction d’une véritable professionnalisation. Pour les rédacteurs de ce rapport, l’idée est d’axer «la qualification des acteurs éducatifs sur les missions et les valeurs professionnelles inhérentes aux exigences de la qualité». Cela passe par l’élaboration d’un référentiel national des missions, des compétences et des valeurs.

Il s’agit de définir qui fait quoi au sein du système éducatif, ainsi que les aptitudes nécessaires pour assumer ces rôles. Le processus de qualification des enseignants et des cadres administratifs devra se baser sur des normes précises déterminant l’accès à ces métiers. Le Conseil supérieur plaide aussi pour la consécration d’une formation initiale à tous les acteurs éducatifs, basée sur une ingénierie pédagogique, associée à la confrontation de la réalité de la pratique du métier sur le terrain.

La nouvelle stratégie proposée par le Conseil d’Azziman a aussi mis l’accent sur le rôle décisif des établissements éducatifs dans le processus de développement de ces métiers. Par exemple, le renforcement des initiatives des enseignants passe par la garantie de l’autonomie de ces établissements, peut-on lire dans ce document.

Ces établissements constituent également un élément central dans l’évolution de la vie professionnelle des enseignants. Ils pourraient garantir notamment «un pilotage efficient des parcours dans une approche décentralisée».

Ces efforts doivent être accompagnés d’un renforcement de la culture de suivi. Le Conseil supérieur de l’éducation insiste sur la nécessité d’adopter «une évaluation intégrée de la performance des acteurs éducatifs et du rendement des établissements».

Ce suivi devra se faire sur la base de grilles standardisées, élaborées sur la base de critères et d’indicateurs unifiés de notation. Ce rapport appelle également à l’introduction de la culture d’autoévaluation des enseignants et des établissements.

Expérimentation

La refonte des métiers de l’éducation doit s’inscrire dans une approche globale, selon le rapport du Conseil supérieur. Il plaide aussi pour une stratégie basée sur l’expérimentation, avant de généraliser certaines nouvelles pratiques. Les actions prioritaires, elles, devront faire l’objet d’un plan d’action sur les court et moyen termes. Cela concerne notamment la qualification des acteurs éducatifs actuellement en exercice, la satisfaction des besoins en ressources humaines, la mise en place progressive des conditions nécessaires à l’exercice de ces métiers au sein des établissements.

 

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