Régions

Oujda, capitale de la culture arabe

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5253 Le 17/04/2018 | Partager
La ville portera ce statut jusqu'au 27 mars 2019 et devient un carrefour de rencontres
Plus de 900 activités pour marquer l’événement
Réalisation de nouvelles structures culturelles dans toute la région
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Plusieurs structures culturelles de la ville ont revêtu les couleurs des pays arabes pour marquer l’événement, à l’instar de la galerie Moulay El Hasan, sur la photo (Ph. AK)

Oujda est désormais capitale de la culture arabe depuis vendredi dernier.  Elle le sera le long de l’année 2018 (du 13 avril 2018 au 27 mars 2019).  L’événement tant attendu par la population locale a pour objectif de hisser la ville de Ziri Ben Atia en lieu de rencontres pour les intellectuels arabes.

«Pour réussir ce challenge, le département de la Culture, autorités et conseils locaux ont élaboré tout un programme alliant savoir et détente», a expliqué Mohammed Laâraj, lors du lancement officiel de l’événement au théâtre Mohammed VI.

«910 activités sont déjà programmées pour instruire, plaire et prévaloir la contribution d’Oujda dans la sauvegarde de son patrimoine culturel arabo-amazigh-africain», a annoncé Mourad Riffi, directeur exécutif de l’évènement. Depuis plus de dix siècles, Oujda a préservé son originalité malgré les multiples tentatives d’acculturation et a contribué aux mouvements de libération au Maroc et en Algérie.

Un référentiel qui sera rappelé lors de la semaine consacrée à la culture palestinienne et au grand poète de la résistance arabe et palestinienne: Mahmoud Derouich. En plus de la semaine palestinienne, sept autres pays arabes (Tunisie, Oman, Koweït, Émirats Arabes Unis, Soudan, Bahreïn, Arabie Saoudite) tiendront leurs propres semaines culturelles pour consolider leurs échanges avec l’Oriental marocain et relancer des projets culturels conjoints.

En parallèle à ces semaines, des expositions sont programmées sur les métiers d’art dans le domaine de l’artisanat, l’archéologie, la calligraphie, la documentation et les manuscrits (dont une internationale consacrée aux manuscrits du Mali et de la Mauritanie). S’y ajoute tout ce qui est création: poésie, théâtre, arts plastiques, sculpture, etc.

«Les Archives du Maroc» animeront de leur côté une exposition importante sur les manuscrits sur l’Oriental et l’Histoire du Maroc. Dans ce sillage, sera lancé d’un concours de photos relatant les trésors architecturaux et urbains d’Oujda avec la participation de photographes de renommée internationale et talents en herbe.

Au menu également, des spectacles variés et soirées musicales de différents genres et pays. Le mois du Ramadan sera consacré à la musique soufie du madih et samaâ. De leur côté, les arts culinaires et vestimentaires seront célébrés, ponctués par un festival de thé. L’art de la chasse, une composante essentielle de la tradition arabe, n’a pas été omis. Un concours réservé à la chasse du faucon aura lieu pour ancrer une tradition immatérielle dans les hauts plateaux de la région.

«Concernant la coopération, plusieurs conventions de partenariat seront signées entre la capitale de l’Oriental et d’autres villes arabes pour assurer un échange culturel permanent», confie à L’Économiste Amar Abbou, directeur régional du ministère de la Culture. Déjà une proposition est finalisée pour une coopération entre Oujda et Al Fujaïrah des Emirats Arabes Unis.

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Avec une telle infrastructure et monuments à forte charge culturelle, Oujda avait besoin d’un événement de dimension internationale pour faire valoir ses atouts artistiques (Ph. AK)

En matière de consolidation de l’infrastructure culturelle dans la région, un centre de préservation de la musique gharnatie sera inauguré en 2018. Une réalisation en partenariat avec la Fondation des Trois Cultures. Dans le pipe, la construction de nouvelles structures et l’aménagement d’autres.

C’est le cas pour la construction de la médiathèque régionale à Oujda (15 millions de DH), des maisons de culture à Debdou (15 millions de DH), Bouarfa (20 millions de DH), Berkane (20 millions de DH), Driouch (20 millions de DH), à Nador (20 millions de DH) avec un projet d’un théâtre à Guercif (14 millions de DH). Ainsi que l’aménagement et la restauration de l’ancien centre culturel de Jerada pour 9,6 millions de DH. Tous ces édifices seront inaugurés au cours de cette année, précise-t-on auprès du département de la Culture.

Quant à l’offre actuelle en infrastructures culturelles, Oujda est dotée du théâtre Mohammed VI (avec une capacité de 1.200 places), le Conservatoire régional de la musique et de la chorégraphie, le Centre culturel municipal, la bibliothèque Charif Idrissi, la médiathèque régionale et six autres bibliothèques, gérées par des centres et instituts locaux.

Ancrage

En décembre 2017, la Commission permanente pour la culture arabe a désigné Oujda comme capitale de la culture arabe au titre de l'année 2018. Cette commission est une structure organisationnelle de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (Alesco), chargée de l’élaboration des stratégies communicatives dans le domaine de l'action arabe culturelle conjointe. «Elle s’attache à mettre en valeur l’identité culturelle et son rôle dans l’édification de la civilisation universelle, la défense de la liberté de presse ainsi que la dénonciation de l’obscurantisme, des atteintes à la dignité de l’homme et au patrimoine de l’humanité», a déclaré à L’Économiste, Saoud  Hilal Al-Harbi, directeur général  de l’Alesco.

De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

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