Société

Casablanca a sa première compétition de beatbox

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5252 Le 16/04/2018 | Partager
Plus de 70 jeunes sous le regard d’un jury international
«La Positive school», unique école du genre au Maroc
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Le jury du 1er championnat national de beatbox était composé de champions internationaux dont Fayabraz (France), champion du monde de beatbox par équipe en 2009 avec le célèbre groupe Under Kontro (Crédit Dr)

Ils sont jeunes, ils ont le rythme, non pas dans la peau, mais plutôt dans la bouche. On les appelle les «beatboxers» (beat: rythme, et box: boîte) car ils imitent des instruments à la perfection, laissant percuter leurs lèvres l’une contre l’autre, claquant la langue contre le palais…

A Casablanca, ces spécialistes du rythme buccal constituent une communauté regroupée sous la houlette de la «Positive school», seule formation de hip-hop longue durée existante au Maroc.

Une communauté réunie samedi 14 avril dans la métropole pour le tout premier championnat national de beatbox, organisé par le centre culturel Les Etoiles de Sidi Moumen. «Battles» et compétitions se sont enchaînés  durant toute la journée, où les participants avaient à confronter leurs savoir-faire sous le regard d’un jury international composé des plus grands beatboxers, dont l’ex-champion du monde Fayabraz (France 2009).

Un évènement qui a vocation à célébrer et à mettre en lumière la nouvelle génération de beatboxers marocains. Cette première compétition nationale représente pour eux la consécration de leur art aussi bien au niveau national qu’auprès de leurs homologues étrangers.

Avec plus de 120 bénéficiaires de 12 à 27 ans, les membres de la Positive school ont la possibilité de s’exercer et de développer leurs compétences dans un cadre professionnel, dans les cinq disciplines du hip-hop, à savoir: le rap, la danse (break danse et new style), le djing, le graffiti, le beatmaking dont fait partie le beatbox.

Cette dernière forme d’art, ayant pris racine dans le mouvement hip-hop, consiste à utiliser la totalité de l’appareil vocal et buccal afin de reproduire des sons et des rythmes - imitant autant les percussions que les voix et les sonorités électroniques - faisant de l’artiste une véritable «boîte à rythmes humaine». 

L’human beatbox serait apparu au cours des années 1970 dans le Bronx, à New York, avec l’émergence du mouvement hip-hop. Il s’est développé à partir des années 1980 aux Etats-Unis avec ses stars chez les rappeurs, telles que Doug E. Fresh, Biz Markie, puis surtout Rahzel, du groupe de rap The Roots, une influence déterminante pour les jeunes beatboxers.

Aujourd’hui, les plus talentueux d’entre eux sont courtisés par de nombreux artistes comme le jazzman et trompettiste Erik Truffaz  qui a fait appel à Sly Johnson . Ce dernier multiplie les collaborations notamment avec la chanteuse Camille ou le rappeur Oxmo Puccino.

La musique faite avec la bouche existe ailleurs et s’est développée bien avant l’invention du concept par les rappeurs anglo-saxons. Des artistes du jazz, comme Louis Armstrong, Bobby McFerrin et tous les spécialistes du genre Scat, en passant par les pointures de la salsa comme le groupe cubain Sampling, ont très tôt utilisé une multitude d’onomatopées, de rythmes énervés pour simuler les instruments les plus variés.

 

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