Economie

La croissance du PIB non agricole s’améliore

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5250 Le 12/04/2018 | Partager
Sa valeur ajoutée augmente de 3,2%
Hausse de la demande mondiale adressée au Maroc
Ralentissement dans le bâtiment
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La valeur ajoutée hors agriculture a pris 3,2% au premier trimestre 2018 contre 2,4% une année auparavant, contribuant pour près de 1,6 point à la croissance globale du PIB. Elle devrait se maintenir au même niveau au deuxième trimestre

Rythmée par la conjoncture du secteur agricole, la croissance du PIB s’est établie à 2,9% à fin mars. Elle a été affectée par le recul de 0,5% de la valeur ajoutée enregistrée dans le secteur agricole.

Elle devrait atteindre 3% au deuxième trimestre contre 4,2% une année plus tôt. La baisse de 0,2% de la valeur ajoutée agricole prévue devrait être compensée par le non agricole dont la valeur ajoutée devrait augmenter de 3,2%, soit le même niveau que le premier trimestre.  Les services vont continuer à soutenir l’activité économique et vont contribuer, comme c’est le cas pour le premier trimestre, pour près de 1,6 point à la croissance globale du PIB.

Le HCP prévoit également une amélioration de la valeur ajoutée industrielle (2,7%) alors que l’activité minière serait en retrait de 1,9% par rapport au pic enregistré une année auparavant. Plusieurs facteurs expliqueraient cette évolution: la volatilité des cours internationaux agricoles, l’incertitude entourant les perspectives d’évolution des exportations chinoises ainsi que le maintien de l’excédent de l’offre mondiale des fertilisants.

Autant de facteurs qui pèseraient sur la croissance de la demande étrangère adressée aux engrais phosphatés locaux. Ce qui se traduirait par un retour de l’activité minière vers son sentier de croissance de moyen terme, après le rebond enregistré en 2017.

L’économie devrait profiter de l’amélioration de la conjoncture internationale. La demande adressée au Maroc devrait continuer à croître (+5,1%) profitant ainsi aux industries exportatrices: l’automobile, l’aéronautique et le textile et cuir. Mais le renchérissement du baril de pétrole (63 dollars/baril au lieu de 51 dollars/baril un an plus tôt) va peser sur la balance commerciale. Les importations de biens de consommation vont progresser. 

Au premier trimestre, elles ont augmenté de 12,5%. Hors énergie, les importations ont contribué pour près de 75% à cette hausse, en particulier les achats des biens d’équipement, des produits alimentaires, des produits bruts et des biens de consommation.

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La décélération enregistrée dans le bâtiment s’explique par le repli des ventes de logements, notamment dans le moyen et le haut standing. La valeur ajoutée de la construction a augmenté de 1% au premier trimestre 2018 alors qu’elle avait progressé de 1,3% un trimestre plus tôt

La consommation des ménages est également sur un trend haussier: +3,7%. A fin mars, elle avait pris 3,6%, contribuant ainsi pour environ 2,1 points à la croissance globale du PIB, au lieu de 2,4 points un an plus tôt. Les dépenses de consommation ont surtout profité aux produits importés.  Quant à la consommation des administrations publiques, elle a progressé de 6,3%, tirée par la hausse des dépenses de fonctionnement.

La formation brute de capital fixe passerait à 3,6% au deuxième trimestre. Elle n’a augmenté que de 2,9% au premier trimestre contre 5,3% une année auparavant. Elle a ainsi contribué pour 0,9 point à la croissance du PIB. Elle est surtout tirée par l’accroissement de l’investissement en produits industriels.

L’investissement public dans l’infrastructure de base s’est amélioré alors que dans le bâtiment le ralentissement se poursuit  en raison de la faiblesse de la demande adressée au logement de moyen et haut standing. Les ventes de ciment ont ainsi fléchi de 2,3%, après avoir augmenté de 2,1% au quatrième trimestre 2017.

Ceci étant, les chefs d’entreprise de la construction anticipent une légère amélioration des travaux de construction spécialisés, parallèlement à une baisse dans le génie civil. «Les carnets de commandes des entrepreneurs du bâtiment auraient conservé leur évolution descendante, dans le sillage de l’augmentation des capacités de production non utilisées», souligne le HCP.

 

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