Competences & rh

Pourquoi la fonction RH ne va pas disparaître

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5248 Le 10/04/2018 | Partager
De nombreux défis se posent aux gestionnaires du capital humain
Digital, destruction d’emplois, télétravail, management des équipes à distance…
L’Estem organise un symposium RH avec l’université de Versailles UVSQ
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Face à un nouveau type de salariés, l’émergence de nouveaux métiers et un environnement de plus en plus digitalisé, la fonction RH devra se réinventer (Ph. L’Economiste)

Ce n’est qu’à partir de la fin des années 80 que l’on a commencé à étudier la gestion des ressources humaines au Maroc. Dès lors, des thèses de doctorat ont été soutenues et des experts se sont positionnés sur le sujet.

«Des associations comme celle des gestionnaires et formateurs des RH, Agef, ont joué un grand rôle dans l’accompagnent de l’évolution de cette discipline au Maroc», a tenu à souligner Jamal Eddine Tebaa, enseignant-chercheur, directeur du centre de recherche scientifique de l’Estem (Ecole supérieure en ingénierie de l’information, télécommunications, management et génie civil).

Il intervenait mercredi dernier à la bibliothèque universitaire Mohamed Sekkat à Casablanca, à l’occasion du premier symposium international de l’Estem autour de l’évolution de la fonction RH au Maroc. L’évènement a été organisé en partenariat avec l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines (UVSQ). Des doctorants de plusieurs universités marocaines ont défilé durant la rencontre, afin de présenter leurs communications (e-RH, gestion prévisionnelle, études de cas d’entreprises industrielles, new public management…).

Des tables rondes rassemblant des experts ont également été organisées.
La gestion du capital humain a pris du retard au Maroc. A l’heure où l’on parle de digital et de e-RH, la majorité des entreprises en sont toujours à l’ère de «l’administration du personnel». Hormis quelques grandes entreprises et multinationales, les pratiques demeurent archaïques. Même dans les plus grandes sociétés, les principes de base de la gestion RH restent peu connus. 

Cela dit, avec toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies, les entreprises auront-elles encore besoin de la fonction RH à l’avenir? «Les DRH auront toujours des problèmes à résoudre et des défis à relever. Par exemple, actuellement, on nous demande, non plus d’accompagner la transformation des organisations, mais de la diriger», estime Zakaria Rbii, président national de l’Agef, également vice-président RH de Centrale Danone.

Des transformations qui
ne se feront pas sans dégâts…

Les business models changeront. Des millions d’emplois disparaîtront dans les prochaines années, en raison de l’automatisation accrue des industries. Le World Economic Forum prédit la destruction de 5 millions de postes dans les 15 pays les plus développés d’ici 2020. Dans les pays en développement, les deux tiers des emplois seraient menacés, selon la Banque mondiale. «Il faudra donc gérer des départs, des reconversions, des formations… Mais aussi se préparer à l’émergence de nouveaux métiers», fait remarquer Rbii.

E-recrutement, e-learning, télétravail, gestion des équipes à distance… le digital posera de nombreux challenges à la fonction RH, qui devra en parallèle inventer des modes de gestion innovants. Et ce n’est pas fini, les DRH devront aussi aider leurs entreprises à s’adapter aux nouvelles exigences des collaborateurs. Le bien-être au travail est, par exemple, devenu essentiel.

«On nous demande de mettre en place un cadre de travail agréable, des processus antistress, des espaces de communication… et de faire en sorte que les salariés puissent produire un maximum de qualité, avec un minimum de temps», rajoute Rbii.

Enfin, les DRH sont amenés à utiliser de nouveaux systèmes d’évaluation. Des systèmes prenant en compte plus de critères, dont celui de l’agilité et de la capacité à se transformer, tout en distinguant  entre les performances individuelles et collectives. Autant de paramètres à gérer et qui justifient la pérennité de la fonction RH aux yeux du président de l’Agef.

Et une génération Z à manager…

Les organisations s’apprêtent à accueillir un nouveau type de salariés, ceux de la génération Z, également appelés les «millenials», nés avec un smartphone à la main.
Ultra connectés, peu idèles et anti-hiérarchie, leur insertion en entreprise sera loin d’être évidente. «Il s’agit également d’une population qui n’est pas prête à passer 14 heures au bureau. L’équilibre entre privée et professionnelle est important à ses yeux», ajoute Zakaria Rbii. Il faudra donc inventer de nouvelles pratiques RH pour les manager.

 

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