Régions

Casablanca/biens communaux: Nouveau camouflet pour El Omari

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5248 Le 10/04/2018 | Partager
La Cour d’appel administrative se prononce en faveur de Chaâbi
La résiliation du contrat d’exploitation de l’ex-marché de gros nulle et non avenue
Dégoûté, Chaâbi réclame des «indemnisations» à la ville
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La commune urbaine de Casablanca veut reconvertir l’ancien marché de gros en centre socio-sportif. En attendant, le site est abandonné à son sort sous prétexte qu’il menaçait ruine. Une contre-expertise, commanditée par l’ancien occupant des lieux (la société Dimco, filiale du groupe Ynna Holding), stipule pourtant que le bâtiment ne risque pas de s’effondrer (Ph. L’Economiste)

Nouveau rebondissement dans la bataille judiciaire opposant la ville à Faouzi Chaâbi, vice-président de Ynna Holding. Ce dernier, qui exploitait l’ex-marché de gros de Belvédère, via l’une des filiales du groupe, a obtenu, encore une fois, gain de cause.

La Cour d’appel administrative de Rabat vient de statuer sur cette affaire qui défraie la chronique depuis plusieurs années. Elle a en effet rendu son verdict stipulant l’annulation de deux arrêtés municipaux, promulgués en date du 6 août 2015 et du 1er février 2017.

Les deux parties seront bientôt notifiées de ce jugement, selon des sources proches du dossier. Signés par le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, ces arrêtés visaient la résiliation pure et simple du contrat d’exploitation de l’ex-marché de gros de Belvédère, suite à plusieurs dysfonctionnements, dont le non-paiement du loyer (cf. édition du 13 juillet 2017).

Depuis l’arrivée d’El Omari en 2015, l’homme d’affaires et le maire se livrent à un bras de fer qui s’est soldé, il y a un an, par une évacuation musclée de l’ancien «marché Crio». Le marché a été, rappelons-le, évacué manu militari en février de l’année dernière (cf. édition du 17 février 2017), avant d’être classé en tant qu’édifice menaçant ruine en avril dernier (suite à une expertise de LPEE). Il a ensuite été confié ensuite à la SDL Casa-Patrimoine qui devait préparer de nouveaux cahiers des charges, afin de lancer un appel à manifestation d’intérêt. La commune urbaine de Casablanca veut reconvertir l’ex-marché «Crio», dont la superficie s’élève à 5.000 m2, en centre socio-sportif.
Mais depuis quelques mois, rien n’a changé pour ce building.

Entre-temps, une autre expertise (commanditée cette fois-ci par Chaâbi et réalisée par S2G Maroc) stipule que le building ne menace pas ruine. «Si c’était le cas, alors le bâtiment de l’Ofec, conçu par le même architecte et construit avec les mêmes matériaux et à la même époque, est aussi menaçant ruine», se défend Faouzi Chaâbi.

L’affaire a même pris des dimensions politiques. Le PAM avait, rappelons-le, exprimé son soutien à Faouzi Chaâbi, élu de Kénitra, dans cet imbroglio juridique qui l’oppose à la CUC, menaçant de porter l’affaire devant le Parlement.

«Il s’agit d’un problème avec l’entreprise et non avec les personnes. Cela concerne la gestion du Conseil de la ville et non d’un parti», avait riposté El Omari (cf. édition du 22 février 2017). Dégoûté, Chaâbi, qui n’est plus intéressé par la récupération du bâtiment, réclame aujourd’hui des dizaines de millions de dirhams d’indemnités à la ville. «Nous avons au minimum essuyé des pertes de l’ordre de 140 millions de DH», estime-t-il. 

Outre les 11 millions de DH versés au départ à l’entreprise française qui occupait les lieux, le vice-président de Ynna Holding (qui exploite le site en vertu d’un contrat de bail liant la ville à Dimco, l’une des filiales du groupe) aurait engagé plus de 100 millions de DH de frais (factures à l’appui), sans compter les équipements restés sur place (dont la valeur est estimée à plus de 48 millions de DH).

Depuis l’année 1997, l’ancien marché de gros de Belvédère est pris en otage entre la commune et la société Dimco (filiale du groupe Ynna Holding). Les deux parties le revendiquent, l’une pour le reconvertir en hypermarché Asswak Assalam et l’autre en centre socio-sportif de proximité. En attendant le dénouement de cette affaire, les riverains et les contribuables de la ville paient le prix fort.

 

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