International

Un sommet consacré à la Syrie

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
Il se tiendra le 4 avril à Ankara
Turquie, Russie, Iran… les maîtres du jeu

Les dirigeants de la Turquie, de la Russie et de l'Iran se rencontrent, mercredi 4 avril, à Ankara pour un sommet consacré à la Syrie. Ils sont devenus les maîtres du jeu dans ce pays ravagé par le conflit, profitant du retrait de Washington et ses alliés, selon certains observateurs.

En janvier 2017, ces trois pays ont lancé le processus d'Astana, excluant Washington et concurrençant les négociations menées dans le cadre de l'ONU. Ce processus a notamment abouti à un accord sur la création en Syrie de quatre «zones de désescalade» ayant permis une diminution des violences dans certains secteurs. Mais la recherche d'un règlement du conflit syrien patine, notamment du fait des intérêts contradictoires de Moscou, d’Ankara et de Téhéran.

La Russie et l’Iran sont les principaux soutiens du régime du président Bachar al-Assad et l'ont aidé à reprendre plus de la moitié du territoire syrien. Quant à la Turquie, elle affirme avoir «sécurisé», avec l'aide de ses supplétifs rebelles syriens, 2.000 km2 dans le nord de la Syrie, au cours d'une opération menée entre août 2016 et mars 2017. Et elle mène depuis janvier une nouvelle offensive contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde alliée à Washington dans la lutte contre l'EI, mais classée «terroriste» par Ankara. Le bastion kurde d'Afrine a ainsi été pris le 18 mars.

Après avoir soutenu contre le régime syrien des groupes de l'opposition dite «modérée», les Etats-Unis, à la tête d'une coalition internationale anti-jihadistes, concentrent désormais leurs efforts en Syrie sur la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Ils s'appuient sur des milices kurdes et ne pèsent plus de tout leur poids en vue d'un règlement du conflit.

Le président américain Donald Trump a même affirmé le 30 mars que les Américains quitteraient la Syrie «très bientôt», alors que l'EI est en passe d'être totalement vaincu. Plusieurs experts mettent également en avant la volonté russe et iranienne de jouer des tensions croissantes entre la Turquie et les Etats-Unis, notamment du fait du soutien américain aux Unités de protection du peuple.

F. Z. T. avec AFP

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