Analyse

SDX Energy: «2018, l’année d’une découverte majeure au Maroc»

Par Nadia DREF | Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
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SDX Energy a été créée en octobre 2015 suite à la fusion entre Sea Dragon Energy et Madison PetroGas. La firme britannique opère en Afrique (Ph. SDX Energy)

Nouvelles annonces, nouveaux gisements, programme d’investissement à coups de milliards, de nouvelles opportunités… Le chairman Paul Welch de SDX Energie révèle, en exclusivité à L’Economiste, le détail de l’ambitieux programme de développement du groupe britannique au Maroc. A ce jour, la firme commercialise 5,5 millions de pieds cubes standard de gaz extrait par jour au profit des industriels.

- L’Economiste: Quelle est votre analyse de la politique gazière menée par l’Etat marocain (attractivité des investissements, exploration...)?
- Paul Welch:
Le Maroc a des conditions fiscales de classe mondiale pour les producteurs nationaux et nous sommes heureux de participer à l’industrie gazière marocaine. Le gouvernement hôte et l’Onhym ont été très favorables à nos efforts à ce jour, et nous les considérons comme des partenaires inestimables dans nos ambitions futures. Cependant, il y a une nouvelle loi sur le gaz en cours de discussions qui aurait un impact négatif sur nos niveaux d’investissement si elle venait à être adoptée comme proposée. Nous travaillons donc avec l’Onhym et le ministère de l’Energie pour suggérer des changements à la loi afin qu’elle préserve l’attractivité du Maroc d’un point de vue financier et opérationnel.

- Comment expliquez-vous que le même terrain est plein de gisements du côté algérien, alors que le potentiel gazier n’est pas encore exploitable à grande échelle, côté marocain?
- La géologie en Algérie est assez différente et distincte de celle du Maroc. Compte tenu des efforts déployés par la tutelle pour faire du Maroc un site d’investissement attractif du point de vue des hydrocarbures, il ne faudra peut-être plus attendre longtemps avant que le Maroc ne devienne un site de production d’hydrocarbures de classe mondiale. Des investissements majeurs dans des puits d’exploration sont actuellement en cours. D’autres sont prévus en 2018. C’est une année très importante pour les activités d’exploration. 2018 pourrait être l’année où une découverte majeure sera faite au Maroc.

- Que représente Tendrara pour le Maroc? En quoi ces découvertes sont-elles potentiellement viables cette fois-ci?
- Nous ne sommes pas impliqués dans la région de Tendrara. Je ne peux vraiment pas commenter les résultats annoncés. Mais il semble que ce soit un projet passionnant d’après les informations que nous avons recueillis.
- Justement, quel est le potentiel de vos explorations de gaz au Maroc? Que valent aujourd’hui ces gisements?
- Notre empreinte au Maroc se compose des concessions dites «Sebou», «Lalla Mimouna Nord et Sud», et «Gharb Centre», toutes situées dans le bassin du Gharb au Nord. Nous vendons actuellement 5,5 millions de pieds cubes standard par jour (Mpi/j), de gaz naturel brut aux clients industriels nationaux. Mieux, nous prévoyons d’augmenter ce chiffre à 8-10 Mpi3/j d’ici la fin de l’année.
Le pipeline que nous possédons est capable de traiter un volume total de 24 Mpi3/j. Nous visons donc à continuer à augmenter nos niveaux de production pour qu’ils soient aussi proches que possible de cette quantité afin de maximiser l’usage de la conduite enterrée. Nous avons lancé le «Projet 24» avec notre partenaire, l’Onhym, afin de combler la capacité de la ligne, d’ici fin 2019.

- Quelles sont vos réalisations au Maroc? Pouvez-vous nous commenter la hausse d’activité enregistrée en 2017 (SAH-2...) et quelles sont vos prévisions pour 2018?
- En janvier 2017, nous avons acquis les actifs pétroliers et gaziers de Circle Oil en Egypte et au Maroc. Au 2e trimestre, nous avons obtenu le permis d’exploration du Gharb Centre, couvrant une superficie de plus de 1.362 km², pour une durée de 8 ans. Nous nous sommes engagés à forer un minimum de trois puits d’exploration sur le permis dans un délai de quatre ans.
Cette campagne de forage se poursuit en 2018, avec le raccordement de la plus récente découverte, SAH-2, ainsi que le forage de deux puits d’exploration sur la concession de Lalla Mimouna: LNB-1, dont les travaux de forage ont commencé le 20 mars 2018, suivi de LMS-1 qui sera foré au cours du 2e trimestre 2018. Par ailleurs, nous prévoyons de réaliser 240 km² de sismique 3D dans notre concession du Gharb Centre, avec un démarrage des opérations prévu pour juin 2018.

- Comment se décline votre plan d’investissement au Maroc? Combien avez-vous investi, à ce jour, et combien comptez-vous investir à moyen et long terme?
- Notre bilan est solide, avec 30,6 millions de dollars de liquidités au 28 février 2018. Nous finançons nos activités d’exploration et de développement au moyen des flux de trésorerie générés par les activités sous-jacentes. 2018 est considérée comme une année de développement, alors que 2017 a été une année de succès dans l’exploration. Développer les actifs que nous avons découverts en 2017, les mettre en production et générer des liquidités constituent notre objectif principal pour cette année.
Nous avons investi 13,9 millions de dollars dans nos actifs marocains au cours du dernier exercice. Nous prévoyons un niveau d’investissement similaire en 2018. En 2019, nos investissements augmenteront de plus ou moins 5 millions de dollars alors que nous entamons un autre programme de forage intensif afin de mettre le pipeline à sa pleine capacité.
Nous comptons également saisir d’autres opportunités pour des actifs en Afrique du Nord et nous continuons à les évaluer au cas par cas. Cependant, nous réaliserons seulement des transactions qui présentent une valeur ajoutée pour tous nos actionnaires. Il s’agit donc de trouver les bonnes opportunités au juste prix.

Propos recueillis par Nadia DREF

 

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