Entreprises

Oulmès et WWF pour assurer notre avenir hydrique

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5237 Le 26/03/2018 | Partager
Un deal pour préserver le bassin du Sebou, entre autres projets
L’expérience des locaux, à intégrer aux stratégies

Pour définitivement arriver à une gestion raisonnée de nos ressources hydriques, l’heure est aux rapprochements. Chose faite entre Les Eaux Minérales d’Oulmès et WWF Maroc, par la signature d’un mémorandum d’entente pour la réalisation de projets opérationnels au niveau national.

Parmi ces projets, la participation d’Oulmès au programme du «Fonds de l’Eau», créé par la toute récente branche marocaine du WWF, en vue de préserver le bassin du Sebou, confronté à la diminution de ses réserves d’eaux et à un grand risque de pollution.

En effet, comme l’explique sa coordinatrice et représentante, Yousra Madani, «de nombreuses conséquences, liées au changement climatique, au pompage légal et illégal, et à une irrigation excessive, pèsent sur ce bassin, qui prend ses sources dans le Moyen-Atlas». Sachant qu’il représente 30% des ressources en eaux de surface du Maroc et 20% des ressources en eaux souterraines. C’est dire son importance.

2050, année butoir

Pour débattre de la question hydrique et sensibiliser toutes les parties prenantes, les deux entités ont tenu une conférence-débat sur sa gestion coutumière. Objectif: savoir s’appuyer sur les solutions du passé pour construire l’avenir. Car comme le rappelle la vice-présidente d’Oulmès, Miriem Bensalah Chaqroun, «l’eau et sa préservation nous concernent tous! Il nous faut échanger, débattre, sensibiliser, recommander et initier des actions concrètes”.

Notons que l’entreprise du secteur des eaux minérales prévoit une réduction de 25% de ses émissions de CO2 à l’horizon 20/21, entre autres plans d’économie d’énergie, d’eau ou de reforestation. L’urgence de réaction et d’action est rappelée par Madani, qui précise que «2050 est l’année butoir donnée à de nombreuses villes menacées dans le monde par la pénurie d’eau. Agadir et Casablanca sont les deux villes marocaines à intégrer le Top 10».

Alors en ces temps de menace, citoyens, ONG, entreprises et organisations publiques sont appelés à travailler de concert. La gestion traditionnelle de l’eau, déclinée dans toute l’Afrique et suivant différents modèles, étant une piste à développer. L’expérience africaine a été donnée par Sareen Malik, coordinatrice de l’ONG Africa civil society network for water.

«Les deux villages Borana et Konso, chacun d’un côté et de l’autre de la frontière du Kenya et de l’Ethiopie, partagent une seule et unique gestion de la ressource. Tout y est construit en terrasses et organisé par des procédés complexes de puits pour alimenter les deux tribus en amont et en aval des bassins. Il s’agit là d’un bel exemple de solidarité entre les populations, de coopération inter-pays».

L’expérience des locaux doit faire partie des stratégies.  De plus, malgré les avancées dans les domaines de l’eau potable et de surface, des défis persistent, qu’ils soient financiers, liés à l’assainissement ou à la variation de l’offre avec, par exemple, le dessalement de l’eau de mer. «L’activation de ces mesures offrirait de nouvelles alternatives», intervient Abdelmajid Naimi, DG de l’Agence du bassin de Tensift.

Une touche spirituelle lors de cette conférence installée au musée Mohammed VI pour la civilisation de l’eau à Marrakech. Le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, rappelle les préceptes d’une stricte parcimonie dans l’usage de l’eau.

«Si nous suivions tous les préconisations ancestrales pour les ablutions, dont chacune devrait se faire avec un litre d’eau seulement, nous pourrions, au Maroc, économiser 10 millions de litres tous les jours».

 

 

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