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Cinéma d’animation: Pari réussi pour le festival de Meknès-De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5236 Le 23/03/2018 | Partager
Plus de 30.000 spectateurs ont suivi la 17e édition, un record
L’événement rapproche les stars et les jeunes cinéastes
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Plus de 30.000 spectateurs ont répondu présent au 17e FICAM. Que du bonheur pour Mardochée Devico (à gauche), président de la Fondation Aïcha. Ici, en compagnie de la réalisatrice Brenda Chapman, star du festival (Ph. YSA)

Le rideau est tombé, mercredi soir, sur la 17e édition du Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM). Organisé par la Fondation Aïcha en partenariat avec l’Institut français de Meknès (IFM) qui en assure la direction artistique, l’événement a connu un franc succès auprès des visiteurs et habitants de la capitale ismaïlienne. En témoignent les 30.000 festivaliers qui ont suivi les différentes activités de cette édition. Un record selon les organisateurs.
Pour Mardochée Devico, président de la Fondation Aïcha, «c’est l’heure du bilan». «Le FICAM ambitionne de faire connaître le cinéma d’animation et de devenir le 2 ou 3e plus grand événement de ce genre au monde. C’est aussi une occasion pour les étudiants des écoles d’arts de rencontrer de grands noms du cinéma d’animation… et c’est assez exceptionnel puisque dans d’autres festivals d’animation, notamment celui d’Annecy, ces stars, tellement occupées, sont inaccessibles», estime Devico. Sa fondation «soutient ce festival à hauteur de 2,5 millions de DH. L’IFM met autant d’argent si l’on doit chiffrer son apport en termes d’organisation et de logistique». Par ailleurs, le FICAM offre une animation culturelle très recherchée et très suivie par le public national et international. Pour ce dernier volet, en 2017, le festival de Meknès avait fait l’objet de près de 600 articles de presse. 
L’autre particularité de l’événement, c’est qu’il est le porte-parole des réalisateurs qui repoussent leurs limites dans l’exploitation de l’art de l’animation. Sa 17e édition a rendu hommage à la femme dans le cinéma d’animation. Elle a accueilli ainsi un panel de prestigieuses personnalités féminines internationales dont Céline Sciamma (France), Monique Renault (France / Pays-Bas), Nancy Florence Savard (Canada), Zineb Benjelloun (Maroc), Brenda Chapman (Etats-Unis), Katrin Rothe (Allemagne)… Ces stars ont animé des ateliers au profit d’étudiants cinéastes. Très décontractées et très disponibles, elles n’ont pas hésité d’initier ces jeunes autour d’un café, au jardin de l’Institut français de Meknès.  
Six jours durant (du 16 au 21 mars), la fête du cinéma d’animation a privilégié, parmi d’autres rubriques, un contenu adapté à ce jeune public lors du sixième jour du festival. Mercredi 21 mars, au cœur de l’ancienne médina de Meknès, le public a pu suivre gratuitement la projection du meilleur de l’animation internationale, notamment le film «Minga et la cuillère cassée» et «Le grand méchant renard et autres contes», qui a reçu le César du meilleur film d’animation en 2018. Poétiques, drôles, contemplatives ou rythmées, telles ont étés les séances de projection des films d’animation sans parole, qui consacrent une place centrale à la musique. Ces projections ont été animées par la troupe «Philharmonique de la Roquette» qui a développé plusieurs styles musicaux et a pris du plaisir à créer différentes ambiances sonores pour le divertissement des spectateurs. 
En clair, la dernière journée du FICAM a encore une fois été consacrée aux rencontres avec les professionnels du cinéma d’animation. Le réalisateur nommé aux Oscars Carlos Saldanha, est revenu dans sa «Leçon de cinéma» sur les coulisses de sa carrière, rappelant les sources d’inspiration de ses différents films, les collaborateurs avec lesquels il a travaillé, comment il a construit le style et les histoires et a abordé les multiples étapes de la chaîne de l’animation. A travers de nombreux exemples tirés de l’incroyable variété de ses films, il a rapproché l’audience de son parcours depuis le départ de son pays natal, le Brésil, jusqu’à aujourd’hui, où il devient l’un des plus célèbres conteurs d’histoires animées de tous les temps. Plusieurs ateliers de formation destinée aux jeunes étudiants ont été également programmés lors de cette édition pour leur faire découvrir les techniques de la création des films d’animation. La 6e journée du FICAM a aussi vu l’annonce des gagnants du palmarès de cette 17e édition, lors de la soirée de clôture de l’évènement.

Un film japonais reporte tous les suffrages

LE film japonais «Dans un recoin de ce monde» du réalisateur Sunao Katabuchi a remporté le Grand prix de la 17e édition du FICAM, dans le cadre de la compétition long métrage. En outre, le Prix du public a été décroché par le réalisateur français Olivier Cossu pour son œuvre «Un homme est mort». Pour sa part, le Belge Alexis Vandersmissen a eu le Prix du meilleur film étudiant pour son court métrage «Tapettes», alors que le Prix du jury junior est revenu à Denis Walgenwitz et Winshluss (France) pour le court métrage «la Mort, Père et fils». La mention spéciale du jury a été accordée à la Suissesse Elodie Dermange pour son œuvre «Intimity». Enfin, le Grand prix du jury a été décroché par la réalisatrice brésilienne Nadia Mangolini pour son film «Torre».

 

 

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