Analyse

Bourse: Le énième plan de relance du marché

Par Franck FAGNON | Edition N°:5236 Le 23/03/2018 | Partager
La feuille de route met l'accent sur le développement de l'infrastructure
Sur l'offre, le marché attend du concret
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La Bourse veut se doter d'une infrastructure intégrant toute la chaîne de valeur, capable de traiter les différents instruments. Cette configuration devrait la placer dans de meilleures dispositions pour attirer de nouveaux investisseurs. C'est ce qu'espèrent ses gestionnaires. En outre, il est attendu une baisse du coût des transactions, un élément déterminant pour les investisseurs

La préparation de la feuille de route de la Bourse a pris du temps, cependant, le résultat final laisse un sentiment mitigé. Les dirigeants de la place casablancaise ont dévoilé, mercredi 21 mars, les contours du plan de relance du marché, pratiquement deux ans après la démutualisation. «L'objectif est de libérer la capacité d'innovation du marché et, in fine, assurer un financement durable de l'économie», indique Hamid Tawfiki, président du conseil d'administration de la Bourse. Pour y arriver, il faut que les objectifs soient partagés par l'ensemble des parties prenantes. La réforme du marché était reléguée au second rang des priorités, ce qui explique en partie la lenteur du travail réglementaire . Cette situation a aussi contribué aux difficultés de la Bourse. Y a-t-il une réelle prise de conscience que les infrastructures de marché doivent jouer un rôle plus important dans le financement de l'économie? Oui, tiennent à faire passer comme message les dirigeants de la Bourse. «La création du Comité du marché des capitaux est très importante pour accélérer le développement du marché», relève Tawfiki. «Nous avons un véritable alignement stratégique de toutes les parties prenantes», abonde dans le même sens Karim Hajji, directeur général de la Bourse. 
Le nouveau plan stratégique (2018-2021) met d'abord l'accent sur le développement de l'infrastructure de marché. «Nous n'avons pas attendu la validation de la feuille de route pour avancer sur les différents chantiers. Nous travaillons actuellement sur le renforcement des capacités de nos équipes dans l'activité compensation pour que demain nous puissions déjà traiter l'activité cash selon les meilleures normes. Nous avançons par ailleurs sur l'intégration du module dérivé dans notre plateforme millenium IT», indique le directeur de la Bourse. 

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La part de la CDG dans le capital devrait baisser à l'avenir au profit d'un nouvel entrant. C'est ce qui avait été annoncé lors de la démutualisation en 2016. Le choix du nouvel entrant et le timing de l'opération n'ont pas encore été décidés 

L'ambition aujourd'hui est de doter le marché d'une infrastructure intégrant toute la chaîne de valeur, capable de traiter les différents instruments. Cette configuration permettrait d'améliorer la visibilité de la place à l'international et d'attirer de nouveaux investisseurs. En outre, elle pourrait contribuer à faire baisser le coût des transactions qui constitue un élément déterminant pour les investisseurs. Reste à savoir si le rythme de mise en œuvre de ces chantiers sera plus efficace. Un comité composé du Trésor, de l'Autorité du marché des capitaux et de la Bourse est chargé de suivre la mise en œuvre de la feuille de route.  
Aujourd'hui, le marché attend impatiemment une amélioration de l'offre de la Bourse. Les dirigeants restent très évasifs sur les actions qui seront déployées pour attirer les investisseurs ou encore développer la liquidité du marché. Dans le même temps, certaines initiatives comme le programme Elite ont vocation à produire des résultats à moyen terme. La Bourse en partenariat avec London Stock Exchange accompagne 48 entreprises dans le cadre de ce programme. Elle espère bien recruter quelques sociétés à moyen terme. Elle vient de déployer le programme Elite à Abidjan. 

Les particuliers reviennent 

Les achats des particuliers en Bourse ont doublé en 2017 pour atteindre 7,5 milliards de DH. Ils étaient acheteurs nets l'année dernière, les ventes étant moins importantes (7 milliards de DH). L'activité de cette catégorie d'investisseurs est encore loin de ce qu'on avait observé durant la période euphorique de la Bourse. Mais c'est un mouvement qui reste intéressant. Le rebond des indices et l'amélioration des bénéfices des sociétés cotées justifient en partie le retour des particuliers en Bourse. Mais ce regain d'intérêt peut s'effriter rapidement s'il n'y a pas d'avancées sur la régulation, notamment en matière de communication financière. 
Le renforcement du dispositif coercitif est également essentiel pour renforcer la confiance vis-à-vis du marché. La circulaire encadrant la communication financière des entreprises est en cours de révision. Le régulateur a rallongé d'un mois la période de consultation pour permettre aux opérateurs de communiquer leurs remarques et propositions.

 

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