International

Comment booster le commerce «made in Africa»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5234 Le 21/03/2018 | Partager
A travers la création d’une zone de libre-échange continentale
Les dirigeants africains en sommet à Kigali
Le Nigeria fait marche arrière

Les dirigeants africains comptent signer, aujourd’hui mercredi 21 mars, l’accord instituant ce qui pourrait à terme devenir la plus vaste Zone de libre-échange continentale (Zlec).  Ils se réunissent à l'occasion du Sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA), prévu du 17 au 21 mars à Kigali, au Rwanda. Aux dernières nouvelles, le Nigeria a suspendu sa participation à la rencontre. Et pour cause, l'un des plus grands syndicats du pays, le Nigeria Labour Congress (NLC), a fait état de ses craintes «quant à une ouverture du marché dans le pays et a demandé à être davantage impliqué dans les négociations». Pour entrer en vigueur, l’accord doit être ratifié à l'échelle nationale par 22 pays après la signature.
La création de cette zone qui concerne les 55 membres de l’UA avec un PIB cumulé de plus de 2.500 milliards de dollars, est l'un des projets phares de l'organisation. Les dirigeants africains ambitionnent de donner un coup d'accélérateur à la coopération commerciale. Et ce via la mise en œuvre des mesures de facilitation des échanges dans l’objectif d’aboutir à une union douanière en 2022 et une communauté économique africaine d'ici 2028, avec une monnaie commune. «L'industrie naissante africaine et sa classe moyenne vont bénéficier de l'élimination progressive des droits de douane entre membres de la Zlec», a tenu à souligner Albert Muchanga, le commissaire de l'UA en charge du Commerce et de l'Industrie. Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s'effectue avec d'autres pays du continent. 
La mise en place de cet espace économique de plus de 1,2 milliard de consommateurs est une initiative prioritaire de l'Agenda 2063. Un programme de développement qui prévoit de faciliter les flux de marchandises et de personnes sur le continent. Aussi, l'aboutissement de ce projet (en gestation depuis près de quatre décennies) devra assurément stimuler les échanges intra-africains qui ne représentent aujourd'hui que 10% du total des échanges réalisés par le continent. Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), la Zone de libre-échange continentale devra doper le PIB du continent de plus de 35 milliards de dollars dans les cinq prochaines années. Pour sa part, la Commission économique pour l'Afrique des Nations Unies estime que la concrétisation de cet ensemble économique contribuera à augmenter la part de l'Afrique dans le commerce mondial. 
Celle-ci étant encore dérisoire puisqu'elle n'en représente qu'environ 2%. Pour certains experts, une telle zone permettrait également de réduire la dépendance de l'Afrique vis-à-vis de l'étranger avec une baisse des importations africaines de 10,2 milliards de dollars. 

Des avantages pour le Maroc

Cette vaste Zone de libre-échange continentale africaine offrira plusieurs opportunités pour le Maroc qui fait son grand retour à l’UA. «Son succès est tributaire de l'implication du secteur privé», a indiqué, à Kigali, Miriem Bensalah Chaqroun, la présidente de la CGEM. «Pour que cet accord de libre-échange atteigne ses objectifs, il est primordial qu'il fournisse des mécanismes de renforcement des chaînes de valeur existantes et encourage l'investissement industriel et le transfert du savoir-faire à travers des règles flexibles pendant les premières années suivant sa signature…», a-t-elle indiqué. Il doit également participer à la modernisation de l'agriculture, faciliter l'entrepreneuriat et l'innovation et surtout améliorer le Doing Business. Vu l’importance du sujet, une forte délégation marocaine s’est déplacée à Kigali (Rwanda). 

 

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