Competences & rh

Femmes entrepreneures: La moitié n’a pas de compte bancaire professionnel

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5233 Le 20/03/2018 | Partager
Leur besoin de financement est estimé à 9,7 milliards de DH, selon la Berd
Elles assureraient 26% de revenus supplémentaires pour les banques
Elles représentent à peine 10% des PME formelles
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Source: Berd
Même si elles réussissent à monter leur business, une large partie des entrepreneures sont dans une situation fragile. A peine 20% de celles opérant dans le formel et 52% de celles exerçant dans l’informel se disent à l’abri du besoin

L’accès au financement est le premier frein à la création d’entreprises au Maroc (voir page IV). Pour les femmes, trouver des fonds est encore plus problématique. «La difficulté est liée au nantissement exigé pour les prêts bancaires. Nous savons que les femmes ont moins la possibilité de mobiliser des collatéraux pour bénéficier d’un prêt standard», explique Lamiae Derraji, associate banker à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). L’organisme vient de réaliser une étude destinée à identifier les segments de femmes entrepreneurs au Maroc, et à monter des stratégies et produits marketings dédiés. Ce travail rentre dans le cadre du programme Women in Business, que la Berd s’apprête à lancer au Maroc, en partenariat avec BMCE Bank of Africa. L’objectif est de faciliter l’accès au financement aux femmes entrepreneures. L’étude a été menée auprès de 809 entrepreneurs, dont 51% de femmes, avec lesquels 25 experts se sont entretenus. Les premiers résultats révèlent que parmi les entrepreneures formelles, la moitié n’a pas de compte bancaire professionnel. Pour les banques commerciales, cela représente un gisement conséquent. Selon l’étude, les besoins en financement de ces patronnes d’entreprises est de 862 millions d’euros, soit plus de 9,7 milliards de DH. «Répondre aux besoins financiers, personnels et familiaux de ces femmes augmenterait les revenus bancaires au Maroc de 26%», avancent les experts de la Berd. Ces derniers soulignent aussi que «la probabilité de non remboursement des prêts par les femmes entrepreneures est inférieure de 3,5% à celle des hommes, et ce, même en cas de difficultés». investir ce segment serait ainsi très rentable.

Toujours selon l’étude, seulement 10% des PME formelles sont fondées par des femmes, alors que le potentiel est de 41%. «Cette part n’a pas changé depuis la création de l’Afem en 2000», regrette Wassila Kara Ibrahimi, vice-présidente de l’Association des femmes entrepreneures du Maroc (Afem). Les porteuses de projets font face à de nombreux obstacles. Hormis les contraintes communes à tout le monde (délais de paiement, complexité des procédures, concurrence…), elles rencontrent des barrières qui leur sont spécifiques, selon la Berd. Notamment la difficulté d’accès au financement bancaire, et les préjugés culturels. 

 

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