Société

Festival On Marche: Marrakech fête la danse contemporaine

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5231 Le 16/03/2018 | Partager
Une programmation en salles et dans l’espace public jusqu’au 24 mars
Danseurs, chorégraphes, critiques d’art, directeurs de théâtreset de festival, tous réunis
Une école des arts chorégraphiques et «Danse, l’Afrique danse» au Maroc en 2020
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Du 18 au 24 mars, le Festival international de danse contemporaine de Marrakech, On Marche, prend place dans différents lieux de la ville pour sa 13e édition. Toute une semaine de spectacles, de Master Class et de conférences, sans oublier la signature d’un livre sur cette discipline au Maroc, une première, ainsi que le lancement de futurs projets (Ph. On Marche)

Cette année, tout particulièrement, le festival On Marche investit Marrakech. Après quelques éditions plus intimistes, 70% de cette programmation se déroule place Jemaa El Fna, et dans des cours intérieures et des jardins comme au riad culturel Le 18, au théâtre de plein air de l’Institut français de Marrakech, au cinéma plein air de l’ESAV, ou à Dar Moulay Ali.

«Nous avons joué de l’équilibre entre les spectacles en salles et dans l’espace public et semi-public, raconte le fondateur et directeur artistique du festival, Taoufiq Izeddiou. Notre envie serait de travailler avec les monuments de la ville, les remparts… bref, amener la danse là où on ne l’attend pas».

Ce dimanche et jusqu’au 24 mars prochain, une vingtaine de projets artistiques vont s’enchaîner, portés par des compagnies marocaine, française, belge, tunisienne ou italienne. Ce rendez-vous, qui se veut nomade en inspirations, origines et situations, n’attire pas que des danseurs.

Une cinquantaine de professeurs, critiques d’art, directeurs de théâtre et de festival ont fait le voyage au Maroc pour défendre cette discipline qui peine encore à sortir de l’ombre. Alors Izeddiou fourmille de projets dans ce sens, et de partenaires aussi, comme pour la conception de la future école des arts chorégraphiques, appelée «Nafass», en discussion depuis l’édition passée.

«L’objectif est de proposer une formation sur trois ans à des élèves de tout le continent avec des professeurs internationaux et un ancrage au Maroc puisque Nafass est une école permanente à Marrakech, dont l’ouverture est prévue pour cet automne», continue le directeur artistique. Sauf que la tâche n’est pas facile. Si le projet est bel et bien lancé, il n’en est pas moins freiné par des préoccupations administratives et financières.

Pourtant, «nous manquons au Maroc d’un espace repère pour la danse, les danseurs et les chorégraphes, qu’ils soient du pays ou d’ailleurs. Cette discipline, comme toutes les autres, peut changer la vie des jeunes et les empêcher de dévier de leur route», dit-il.

D’autant que la troisième année au sein de Nafass sera dédiée à l’insertion professionnelle nationale et internationale, avec également de la formation de formateurs. Des métiers et donc de l’emploi. Afin de convaincre le ministère de la Culture et lui présenter la stratégie engagée, la Fédération marocaine des troupes professionnelles de l’art chorégraphique à Marrakech, une première du genre, est actuellement à l’œuvre. 

En 2020, le festival On Marche va accueillir, pour la première fois sur le sol marocain, l’un des grands événements africains, «Danse, l’Afrique danse», une triennale organisée par l’Institut français de Paris dans toutes les régions du continent depuis 20 ans.

«J’ai donc 3 ans pour mobiliser les jeunes, les accompagner et les former, pour que nous ayons une jeune génération de danseurs “2020”, qui montera sur scène pour la première fois». Le compte à rebours est donc lancé.

Taoufiq Izeddiou ouvre le bal

«Quand je me suis lancé dans la danse, je n’avais aucun modèle, aucun exemple auquel m’accrocher». Hasard ou destinée? Ce chorégraphe, pédagogue et directeur artistique de la Cie Anania et du festival On Marche, natif de Marrakech, avait commencé par des études en architecture. En parallèle, il faisait un peu de théâtre et de la boxe, sans aucun avenir, avant d’assister à un spectacle qui changera sa vie. «J’ai été fasciné par ce chorégraphe et danseur français, Josef Nadj, qui se produisait sur la scène de l’Institut français de Marrakech. C’était en 1997. Cette même journée, l’institut proposait un atelier de trois trois heures de danse contemporaine. Ce fût les trois plus belles heures de ma vie». Depuis, le chemin est pavé de projets et de réussites avec sa compagnie Anania, la première compagnie de danse contemporaine au Maroc. Et des créations souvent inspirées des tensions qui naissent du duo tradition et modernité. Ses chorégraphies ont fait le tour du monde, de l’Afrique au Moyen-Orient, et de l’Europe à l’Amérique latine et du Nord.

 

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