Entreprises

Mines: La course aux investisseurs étrangers

Par Nadia DREF | Edition N°:5231 Le 16/03/2018 | Partager
Campagne de charme à Toronto au profit d’hommes d’affaires internationaux
Discussions avancées avec le gouvernement canadien autour des perspectives de coopération
Nouvelle législation, ouverture de nouvelles zones, incitations… Les atouts de l’offre Maroc
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A l’heure où certains pays optent de plus en plus pour un développement minier durable (Canada, Finlande, Botswana, Philippines et récemment l’Espagne), le Maroc cherche encore à booster son industrie minière largement dominée par les phosphates (90% de la production). La tutelle mise sur la diversification sachant qu’elle dispose d’un grand potentiel de minerais à extraire. Reste que le manque de confiance de la part des investisseurs handicape l’attractivité du secteur minier.

Ce domaine d’activité nécessite des investissements lourds à moyen et long terme. Ce qui n’est pas sans risques. Conflits sociaux, réaction des riverains (manque de dialogue, pauvreté, engagements non tenus, besoins marginalisés)… Les investisseurs pensent deux fois avant de s’engager dans ce secteur qui reste pourtant porteur.

Pour attirer de nouveaux entrants, Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable, est parti à la conquête d’investisseurs étrangers. Il vient de présider une rencontre consacrée au secteur minier marocain, initiée par son département en partenariat avec le cabinet d’avocats au Canada, Fasken Martineau DuMoulin LLP. Ont pris part à cet événement une cinquantaine de sociétés étrangères.

La délégation marocaine était également composée des représentants de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym), du Groupe OCP et du Groupe Managem, la plus grande société minière. Lors de cette rencontre, le ministre de tutelle a présenté le potentiel minier, les opportunités d’affaires offertes, les tendances et les récents développements du secteur, quatre ans après la réforme du code minier. Climat des affaires, réforme réglementaire, objectifs à l’horizon 2025, ouverture de la prospection sur des zones allant jusqu’à 2.400 km², incitations…

«En plus des exonérations fiscales octroyées dans le cadre du droit commun, la réglementation prévoit des avantages spécifiques d’ordre financier, fiscal et douanier accordés aux investisseurs dans le cadre de conventions ou contrats d’investissement à conclure avec l’Etat sous réserve de répondre aux critères requis», promet la tutelle.

En parallèle, Aziz Rabbah s’est entretenu avec des responsables du gouvernement du Canada autour des perspectives de coopération sachant que les deux pays préparent actuellement un accord de libre-échange. Ces rencontres ont eu lieu à Toronto, en marge du Sommet international des ministres des Mines de 2018 (PDAC-WEF). Un évènement organisé sous le thème «la confiance: une base essentielle pour l'industrie minière du futur».

L’objectif de cette grand-messe est de favoriser un dialogue de leadership intime, mais dynamique, sur l’instauration de la confiance dans le secteur de la mise en valeur des minéraux. La rencontre du Canada a rassemblé des représentants gouvernementaux, de l’industrie, des ONG et des communautés. Ces intervenants ont un rôle primordial à jouer en ce qui concerne la création et le maintien de la confiance dans l’écosystème minier pour booster l’investissement.

Les défis du secteur

Faiblesse de l'exploration et du taux de couverture géologique… Le secteur minier hors phosphates est confronté à de nombreux défis. Ce qui rend difficile l'exploration de nouveaux gisements. Par ailleurs, l'exploitation minière artisanale dans la région minière de Tafilalet et de Figuig se caractérise par une faible contribution dans la production minière nationale, malgré le fait que la région possède d'importantes ressources minérales. Le sous-sol marocain n'est pas encore suffisamment exploré. L’activité de l'exploration des hydrocarbures ne concerne qu'un tiers de la superficie des bassins sédimentaires. Ainsi, le taux de forage au niveau national n'est que de 0,05 puits par 100 km², contre 10 puits par 100 km² au niveau mondial.
Rappelons que le secteur minier représente jusqu'à 10% du PIB, dont 90% proviennent des phosphates, sachant que le Royaume renferme plus de la moitié des réserves mondiales de ce minerai.   Le pays figure aussi parmi les principaux producteurs mondiaux de barytine, d’argent, de cobalt, de plomb, de zinc...

 

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