International

Les défis qui attendent Angela Merkel

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5230 Le 15/03/2018 | Partager
Répondre aux enjeux du populisme et de la refonte de l’UE
La chancelière allemande doit aussi rassurer ses partenaires
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Angela Merkel a prêté serment après avoir été réélue mercredi 14 mars chancelière pour un quatrième mandat qu’elle entame affaiblie par six mois de négociations après les législatives de septembre 2017. Merkel va se rendre à Paris pour préparer le Conseil européen des 22 et 23 mars  (Ph. AFP)

Angela Merkel a entamé, le mercredi 14 mars, son quatrième mandat de chancelière allemande. Après six mois d’imbroglio politique, elle va devoir répondre aux défis du populisme et de la refonte de l’Union européenne. Signe de ses difficultés, elle n’a obtenu lors du vote à bulletins secrets qu’une courte majorité de 364 suffrages, soit neuf voix de plus que la majorité requise. Mais surtout 35 de moins que les 399 élus conservateurs et sociaux-démocrates de sa coalition.

Le vote de mercredi marque la fin de la plus longue quête de gouvernement dans l’histoire d’après-guerre. En cause, les législatives en septembre qui ont laissé le pays sans majorité claire mais avec une extrême droite en plein essor, rapporte l’AFP.

Finalement, c’est la coalition sortante réunissant la CDU/CSU de Merkel et le SPD qui est reconduite. Et pour la première fois la question de la succession est posée sérieusement, une partie des conservateurs ayant critiqué leur cheffe pour ses concessions au centre-gauche.

«Quoi qu’il en soit, le prochain gouvernement, qui, pour la première fois dans l’histoire de l’Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale pourrait être minoritaire, risque d’être relativement fragile», indique Coface dans sons appréciation du risque. Côté économie, la croissance va rester dynamique en 2018 (autour de 2,1%). Elle est tout particulièrement tirée par la demande intérieure.

Merkel devra aussi diriger un pays bouleversé par l’essor historique de l’extrême droite, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) étant désormais la première force d’opposition. Ce mouvement a su capitaliser sur les déçus du centrisme de la chancelière et ceux outrés par sa décision en 2015 d’accueillir des centaines de milliers de demandeurs d’asile.

Le ministre désigné des Finances et poids lourd social-démocrate Olaf Scholz s’est lui voulu confiant pour la pérennité du gouvernement, tout en reconnaissant que ce n’était pas «un mariage d’amour».
En Europe, il est espéré que la première puissance économique du continent sera vite en ordre de bataille. Angela Merkel doit en effet rassurer ses partenaires sur sa capacité d’action alors que l’Union européenne est «ébranlée par le Brexit, le repli sur soi de certains membres et la popularité croissante des partis anti-système».

La réforme de l’UE figure à ce titre en haut de la feuille de route du nouvel exécutif allemand. Dès vendredi 16 mars, Merkel sera à Paris pour discuter des propositions du président français Emmanuel Macron qui veut notamment la mise sur pied d’un budget dans la zone euro, accueilli avec peu d’enthousiasme par Berlin.

 

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