Analyse

Capital investissement: Les bonnes affaires du marché africain

Par Franck FAGNON | Edition N°:5222 Le 05/03/2018 | Partager
24,4 milliards de dollars de transactions sur la période 2012-2017
Nigéria, Afrique du Sud, Ghana, les plus gros marchés
L'Assemblée générale des professionnels du continent en avril à Marrakech
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Depuis le pic de 2014, la valeur des transactions dans le private equity s'est stabilisée autour de 3,8 milliards de dollars sur les deux dernières années. A lui seul, le Nigéria a capté le 1/3 des investissements au cours des cinq dernières années. Sept marchés pèsent 65% des transactions en volume et 70% en valeur

En dépit du ralentissement économique et une monnaie très volatile, le Nigéria demeure un marché attractif pour les gérants de fonds. Plus de 112 opérations d'une valeur globale de 7,8 milliards de dollars y ont été réalisées par les acteurs du capital investissement au cours des six dernières années.

Cela représente le 1/3 des transactions sur l'ensemble du continent. Loin derrière, l'Afrique du Sud (2,8 milliards de dollars), le Ghana (2,1 milliards de dollars) et l'Egypte (1,4 milliard de dollars) ont capté l'essentiel des investissements de l'industrie. Le Maroc figure dans le deuxième groupe en compagnie du Kenya et de la Tunisie. Ces sept pays concentrent 65% des transactions en volume et 70% en valeur.

Le montant total des deals sur la période 2012-2017 s'est élevé à 24,4 milliards de dollars, selon l'Association africaine du capital investissement et du capital risque (AVCA). L'Association tiendra cette année, sa conférence annuelle en avril à Marrakech. Après l'euphorie de 2014, année durant laquelle les transactions ont culminé à 7,9 milliards de dollars, celles-ci se sont stabilisées autour de 3,8 milliards de dollars sur les deux dernières années.

Pour les rendements qu'elle offre, l'Afrique reste un terrain très fertile pour le capital investissement. Six professionnels sur dix pensent que les rendements y seront plus attrayants que sur les autres marchés émergents sur les cinq prochaines années. Sur la même période, la moitié estime que les deals seront plus rémunérateurs comparés aux transactions sur les marchés développés.

L'attention des investisseurs reste focalisée sur les secteurs des biens de consommation, les services financiers ou encore l'industrie. Le développement des économies africaines et l'émergence d'une classe moyenne contribueront à accroître la demande adressée à ces branches à l'avenir.

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La fluctuation des devises constitue la première préoccupation des investisseurs dans le private equity africain. Pour plus de deux investisseurs sur trois, le risque de change est le plus grand point de vigilance.

Ces dernières années, il y a également un focus sur les activités technologiques et l'éducation. Les opérations dans les utilities (services aux collectivités), l'énergie et les services de télécommunications représentent ensemble 12% des transactions en volume, mais 58% en valeur sur les six dernières années. Le poids des investissements dans ces secteurs justifie leur pondération dans le portefeuille des gérants de fonds.

Si l'intérêt pour le continent est croissant, les transactions qui y sont réalisées ne représentent encore qu'une part marginale dans l'industrie mondiale du private equity. Il y a assurément une marge importante de progrès au niveau de l'environnement des affaires.

Cela dit,  les positions peu flatteuses de nombreuses économies africaines dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale par exemple ne constituent pas véritablement un frein à l'investissement. En revanche, la fluctuation des devises figure en tête de liste dans la grille d'analyse des investisseurs.

Pour plus de deux investisseurs sur trois, le risque de change est le plus grand point de vigilance. La durée d'investissement jugée longue et le risque politique, sont d'autres freins relèvent-ils.

Les levées de fonds plus difficiles

Les levées de fonds destinées à l'Afrique ont baissé en 2017 à 2,3 milliards de dollars. Mais, les montants mobilisés entre 2015 et 2017 qui s'élèvent à 10 milliards de dollars sont en hausse de 35% par rapport à la période précédente (2012-2014). Ceci dit, la collecte de fonds est perçue comme le principal challenge pour les trois années à venir. Cette opinion est surtout partagée par les acteurs africains. Pour les étrangers, la principale préoccupation concerne les opportunités de sortie. Leur rareté constitue un obstacle à l'investissement. Aujourd'hui, la vente à des entrepreneurs ou à d'autres sociétés de private equity ou institutions financières sont les voies de sortie courantes. Les cessions en Bourse arrivent en quatrième position.

 

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