Competences & rh

Startuping, encore à l’état de bourgeon

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5218 Le 27/02/2018 | Partager
Un écosystème qui commence à se dessiner
Entre aides privées et publiques
Mais une option de carrière encore trop peu envisagée
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De l’idée au projet abouti, il faut traverser des étapes. Si les services d’accompagnement tendent à se multiplier, la route reste semée d’embûches pour un jeune porteur de projet, qui doit être à la fois autonome et adaptable, persévérant et capable d’apprendre rapidement, ambitieux, audacieux et sympathique. Car avant tout, les collaborateurs, pour s’impliquer pleinement, doivent baigner dans une ambiance conviviale, terreau essentiel pour innover

Si l’entreprise est organisée pour exécuter un business model qui fait ses preuves, la startup est, quant à elle, organisée pour en trouver un. Par définition, cette entité innovante a besoin de moyens, surtout financiers, pour accompagner son potentiel de croissance. Si l’environnement s’organise et laisse espérer des jours meilleurs, monter une startup au Maroc n’est pas encore chose facile. Les  premiers courageux se lançant à peine dans ce nouveau monde.

Car il faut miser sur ses biens personnels, imposer une solution innovante et donc bousculer un tissu professionnel encore traditionnel, se dépêtrer avec la grosse machine administrative et trouver des collaborations à la hauteur de ses ambitions. Comme dans beaucoup d’autres pays, la culture de l’échec est peu développée. Pourtant, une telle entreprise engage des risques.

Alors ils sont peu nombreux encore à oser l’expérience, si ce n’est hors des frontières où de jeunes Marocains se lancent avec plus de bouées de secours et de soutien. Aucune étude formelle n’existe sur le nombre de startupers présents sur le territoire. En attendant, certains organisent le terrain, comme la Factory by ScreenDy, récemment implantée au Technopark de Casablanca, le précurseur qui vise à faire le lien entre les grandes entreprises et les startups marocaines.

Ici, les porteurs de projets sélectionnés se forment au soft skills, à la technique et au business à travers le programme Scalerator, avant de décrocher un premier contrat avec une entreprise partenaire et lancer ainsi son produit ou son service sur le marché. Puisqu’il faut souvent “vendre” un produit ou un service, qui n’a pas encore d’équivalent, il faut être armé de savoir-faire, d’une bonne maîtrise de son sujet, et de beaucoup de motivation, voire d’obstination.

Il y a aussi Maroc Startup, qui s’attelle à la fois à l’accompagnement et à la démocratisation du sujet par l’organisation d’événements dédiés. Depuis son lancement en 2011, 37 rendez-vous d’informations et de rencontres ont été animés par l’organisation, dans 15 villes du Royaume, avec le passage de 200 à 300 personnes par date. Leur étude sur les retombées des programmes déployés en 2016 a permis de chiffrer à 400 le nombre de créations d’emploi.

«Notre premier objectif est de faire changer les états d’esprit. Nous avons tous les ingrédients au Maroc pour réussir, et beaucoup de talents. Il faut dire aux jeunes qu’il y a différentes façons d’envisager une carrière, et que la startup est une éventualité possible. Même si rien n’est facile», explique Zineb Rharrasse, directrice générale et co-fondatrice de Maroc Startup. Elle l’assure, les choses avancent.

«Les discours sur le stratuping n’ont plus rien à voir aujourd’hui avec ceux de 2011. Certaines idées ont été dépassées. Ce qui était un domaine réservé à quelques actions civiles tend à se démocratiser. La volonté de surfer sur le phénomène est plus globale».

La dernière loi de finance a d’ailleurs montré un intérêt certain pour la question. Même au sein des universités, les étudiants entendent enfin parler de l’option “création d’entreprise” depuis quelques années. Le salariat ou la fonction publique étant encore trop valorisés. Pour l’instant, ce sont plutôt les salariés justement qui tentent l’aventure, et moins les jeunes en fin d’études. Ils ont pu à la fois engranger un petit capital et une certaine expérience, avant de se mettre à leur compte.

Une chose est sûre, monter sa startup est une possibilité qui commence à mûrir dans les esprits. L’Etat déploie ses mesures et les incubateurs se multiplient. Même si nous sommes encore loin des chiffres de la Silicon Valley aux États-Unis, le leader mondial, qui compte entre 12.700 et 15.600 startups dans le secteur de la technologie, selon le dernier recensement du Global Startup Ecosystem Report.

Le Maroc parmi les pays africains les plus innovants

Sur le continent, le Royaume est leader en Afrique du Nord, selon l’édition 2017 de l’Indice mondial de l’innovation. En effet, classé 72e sur les 127 économies évaluées, et 11e dans la région Mena parmi 26 pays, le Maroc garde le cap par rapport à 2016 et s’inscrit parmi les pays les plus innovants en Afrique, après l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice. A noter également que sur les volets capital humain, recherche, infrastructure et produits de la créativité de l’indice, le Royaume affiche des scores d’innovation supérieurs à ceux d’économies équivalentes. Reste à déployer les mêmes efforts sur le créneau collaboration entre l’université et l’industrie en matière de recherche.

 

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