International

OCDE: Les PME se tournent vers d’autres alternatives

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5216 Le 23/02/2018 | Partager
Nouveaux modes de financement, tandis que le crédit bancaire recule
Baisse du nombre de faillites et des retards de paiement
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Les PME et les entrepreneurs constituent l’épine dorsale des économies de l’OCDE, représentant 70% de l’emploi total et 50 à 60% de la valeur ajoutée. D’où la nécessité de leur accompagnement pour la réalisation de leurs projets (Ph. L'Economiste)

L’accès aux financements est primordial à l’essor et à la création des petites et moyennes entreprises (PME). C’est d’ailleurs l’un des critères pour mesurer le climat des affaires dans un pays (WEF, Banque mondiale…). Pour diversifier leurs ressources, ces PME se tournent de plus en plus vers des sources de financement «alternatives».

Dans son étude «Le financement des PME et des entrepreneurs 2018 – Tableau de bord» couvrant la période 2007-2016 dans 43 pays, l’OCDE s’est penchée sur les freins que rencontrent ces entités et les entrepreneurs ainsi que les dispositifs pour les soutenir.

Ses auteurs signalent une progression (dans la plupart des pays participants) des investissements de capital-risque et de l’investissement privé ayant visé les PME en 2016. A cela s’ajoutent une croissance rapide des prêts collaboratifs, des apports de fonds propres participatifs et des rachats de créances (invoice trading). Le recours à des financements en ligne «alternatifs» est particulièrement marqué en Chine, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Le crédit-bail, la location-vente, l’affacturage et l’escompte de factures, qui reposent sur des valeurs d’actifs plutôt que sur la cote de crédit, ont eux aussi progressé pour la deuxième année consécutive. Le «crowdlending» (financement participatif entre entreprises) peut aussi représenter une alternative au financement bancaire.

«L’accès des PME à des financements continue de poser des problèmes, mais cet essor visible des solutions de financement alternatives est une nouvelle très positive», a indiqué le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, à l’occasion de la Conférence ministérielle de l’OCDE 2018 sur les PME organisée les 22 et 23 février à Mexico. Le recul continu des faillites de PME observé en 2016 est un signe de l’amélioration de l’environnement des entreprises.

Le Tableau de bord conclut, en glissement annuel, à une baisse médiane de 6,5% du nombre de faillites en 2016, après un recul de 6,9% en 2014 et de 9,1% en 2015. Les retards de paiement et les prêts improductifs ont aussi affiché des niveaux relativement faibles dans la majorité des pays étudiés. Ces entreprises bénéficient par ailleurs de conditions de crédit favorables, et de taux d’intérêt bas. La valeur médiane du taux d’intérêt moyen facturé aux PME a reculé de 0,82 point de pourcentage en un an.

Dans le Doing Business 2018, la Banque mondiale fait état aussi du repli au niveau de l’accès au financement au Maroc. Il s’explique par les difficultés rencontrées par les PME pour accéder au financement bancaire, souvent conditionné par la présentation de garanties personnelles et l’obligation de disposer d’un apport personnel (cf. notre édition N° 5139 du 01/11/2017).

La Banque européenne pour la reconstruction et de développement (BERD) compte ouvrir de nouvelles lignes de crédit en faveur des petites et moyennes entreprises marocaines. «Le financement adéquat et l’accompagnement technique sont les principaux obstacles auxquels font face les PME nationales souhaitant s'ouvrir sur de nouveaux marchés, d'où l'importance de l'appui des institutions financières…», a indiqué récemment  le ministre de l'Économie et des finances, Mohamed Boussaid.

Baisse des nouveaux prêts bancaires

Les experts de l’OCDE ont constaté que les nouveaux prêts bancaires aux PME avaient diminué dans 15 des 25 pays pour lesquels les données étaient disponibles. Le taux de croissance du montant médian de ces nouveaux prêts était en baisse à -5,6% contre 2,6% en 2015. De surcroît, l’accès à des sources de financement adaptées demeure problématique pour certaines catégories de petites entreprises, et notamment les microentreprises, les jeunes PME et start-ups, et les structures innovantes tournées vers la croissance. Conformément aux principes de haut niveau du G20 et de l’OCDE sur le financement des PME, les autorités nationales doivent davantage s’efforcer de stimuler les instruments de financement des PME tant classiques qu’«alternatifs», est-il recommandé.

 

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