Economie

Prochain défi, les centrales de sûreté

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5216 Le 23/02/2018 | Partager
L’inclusion financière renforcera la confiance des établissements de crédit
Cela permettra de prêter avec une meilleure connaissance des risques
La SFI accompagne le Maroc depuis 2005
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Xavier Reille, directeur de la SFI pour le Maghreb, a estimé que si le Maroc finalise la réforme du cadre réglementaire relatif aux centrales de sûreté, cela lui permettra d’obtenir 8 sur 8 dans le Doing business (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Bank Al-Maghrib a déjà externalisé la gestion de la centrale des risques. A votre avis, quel en est le bilan?
- Xavier Reille:
Pour la SFI, Bank Al-Maghrib a effectué  un travail remarquable qui positionne le Maroc comme étant le champion de la région Mena. Et cela, en faisant deux choses. La première est la mise en place de deux Crédit bureaux. C’est le premier pays qui l’a fait dans le monde francophone, avant même la France. Ensuite, elle a modernisé la centrale de risques. Ce qui fait que dans le Doing business, le Maroc affiche une note presque parfaite, 7 sur 8. C’est la meilleure de toute la région Mena.

- Les risques les plus fréquents sont-ils liés aux particuliers, aux PME ou aux TPE?
- A mon avis, il faut suivre tous les risques. C’est l’intérêt des centrales des  risques. Elles réalisent une analyse fiable, en rassemblant des données de la Banque centrale mais aussi d’autres existantes au Maroc. Les banques centrales, à travers cela, se mettent au big data. Grâce à toutes ces informations qui sont interconnectées dans des bases de données avec des outils d’analyses beaucoup plus performants, elles peuvent arriver à mieux suivre les risques. En fait, nous ne pouvons pas dire quel est le risque le plus important. Il faut les suivre tous. Et c’est cela qui fait que la stabilité financière se renforce.

- Faut-il  créer une 3e centrale des risques?  
- Je pense que deux sont suffisantes. Elles permettent plus d’innovations et aussi plus de compétition. Nous avons de meilleurs services et des meilleurs prix. C’est pour cela qu’il en fallait deux. Trois, ce n’est pas forcément nécessaire mais c’est à Bank Al-Maghrib de décider.

- Que peut apporter la SFI à ce chantier?
- Sur ce chantier, nous avons travaillé avec Bank Al-Maghrib depuis 2005. Nous avons accompagné toute la modernisation de l’infrastructure financière. Ce n’est pas pour rien que le Maroc est le champion de la région Mena. Aujourd’hui, je pense que la dernière chose à faire concerne le cadre réglementaire relatif aux centrales de sûreté, c’est-à-dire des registres de sûreté électronique. Si le Maroc le fait, il aura la note parfaite, 8 sur 8.

- Quelle est la valeur ajoutée de cette infrastructure financière?
- L’objectif premier est l’inclusion financière. Car une meilleure information sur le crédit et sur les emprunteurs permet deux choses. D’abord les banques prêtent avec une meilleure connaissance des risques d’endettement. Il s’agit de prévenir le surendettement des ménages et des PME. Cela est très important. Ce qui permet aux banques de disposer d’une meilleure information sur la clientèle, donc de pouvoir prêter avec moins de garanties, ou de temps en temps, quand elles ont le confort. Une banque sans garantie, il n’y a rien de mieux. Mais pour faire cela, il est impératif d’avoir une information très fiable. Donc l’objectif de l’inclusion financière est extraordinaire. Sans cela, la banque ne prêtera aux PME et aux TPE qu’avec des garanties très solides. Mais si elle a confiance dans l’information financière, avec un historique des crédits, et «les bons payeurs», même des factures de téléphone. Car le but est de connecter l’information financière du crédit de bureau avec les télécoms. Et cela est prévu dans la loi marocaine. Avec toutes ces informations, la banque est plus dans une confiance de prêter avec moins de garantie réelle. Le Maroc peut à terme être champion du monde dans l’inclusion financière. Cela mettra du temps mais il faut que les données soient fiables. Aujourd’hui, les systèmes démarrent. Même les bureaux de crédits n’ont pas tous les emprunteurs marocains. Mais c’est sur la bonne voie.

- Reste que les rapports de solvabilité sont contestés par les clients.
- C’est très bien. Cela veut dire que le Maroc a donné accès à ces rapports. Vous avez le droit de les contester car il y a un recours. L’information doit être corrigée tout de suite.   

- Qu’en est-il des risques émergents comme la cybercriminalité?
- C’est un autre chantier que celui du risque. Bank Al-Maghrib, avec la Banque mondiale, travaillent sur la prévention de ces risques émergents qui sont liés à la cybersécurité et à la cybercriminalité.

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

 

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