Régions

Fès - Diplomatie culinaire: Le festival revient en avril

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5211 Le 16/02/2018 | Partager
Les cuisines de la Tunisie et du Mexique à l’honneur
Henri Joyeux, Christian Tetedoie, Chef Moha… en guest stars
Gastrono-diplomatie et passeport santé au menu
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«Cette année, le festival de la diplomatie culinaire prône la «gastrono-diplomatie». Lors des nombreuses conférences, prestations artistiques et soirées (dîners/débats) qui seront organisées, l’art gastronomique, mais également la musique et les arts ainsi que la réflexion intellectuelle seront des vecteurs privilégiés d’un échange interculturel», indique Oussama Skali, directeur du festival (Ph. YSA)

Et de trois pour le Festival de Fès de la diplomatie culinaire. Initiée sous le thème «Arts culinaires, santé et sagesses du monde: gastronomies et cultures du terroir du Maroc et d’ailleurs», la nouvelle édition se tiendra du 19 au 22 avril.

«L’évènement revisitera la mémoire collective du patrimoine gastronomique, d’une histoire culturelle commune. Notre ambition est de voir comment chaque pays essaie d’exposer son art gastronomique, de le développer dans la mesure où cette promotion est la meilleure ambassadrice qui soit», estime Oussama Skali, directeur du festival.

En fait, cette 3e édition mettra à l’honneur les cuisines de la Tunisie et du Mexique. Lors des nombreuses conférences, prestations artistiques et soirées (dîners/débats) organisées pendant le festival, l’art gastronomique, mais également la musique et les arts ainsi que la réflexion intellectuelle seront des vecteurs privilégiés d’un échange interculturel.

«Nous comptons parmi les intervenants Mme Gloria Lopez Morales, la présidente du Forum Mondial de la Gastronomie de Mexico, qui a œuvré à introduire la gastronomie mexicaine dans le patrimoine mondial de l’UNESCO», confie le responsable de l’événement. Un autre intervenant de renommée y participe. Il s’agit du Professeur Henri Joyeux.

Auteur du best seller «Changez d’alimentation» qui entre complètement dans la thématique de «la santé dans la gastronomie», Henri Joyeux devrait conquérir les festivaliers avec son passeport santé. Les conférenciers esquisseront les ouvrages d’Orient et d’Occident qui ont souligné, depuis des siècles, le rapport entre la qualité des produits, celle du goût et leurs effets sur le corps et l’esprit.

«C’est à travers l’aphorisme de Jean Anthelme Brillat-Savarin: «Dis-moi ce que tu manges: je te dirai ce que tu es», que nous allons tracer les chemins de ce savoir», annonce Skali. En miroir avec l’ouvrage: «Cuisine et diététique dans l’occident arabe médiéval», d’après un traité anonyme du XIIIe siècle, le festival de cette année réfléchira à la façon d’intégrer, dans l’approche politique et diplomatique contemporaine, des dimensions culturelles essentielles dans une perspective de bien-être.

Dans un contexte où les excès et les nuisances d’une agriculture industrialisée et productiviste sont largement établis, les intervenants prendront toute la mesure des enseignements d’une gastronomie liée à des cultures de terroirs, y compris dans leurs aspects traditionnels et historiques.

Bref, à travers ce voyage, les festivaliers découvriront les chemins par lesquels  nous sommes conduits à la fois vers l’art de vivre et celui de se nourrir. «Nous pouvons découvrir une mine d’informations pleines de créativité et de bon sens dans des ouvrages d’Andalousie médiévale tel celui de Tujibi, dans le patrimoine gastronomique marocain dans ses différentes cultures, dans les traditions amérindiennes du Mexique ou du Pérou, dans la tradition indienne Ayurvédique, celle du Japon liée au shintoïsme et au bouddhisme, les conseils diététiques et psycho-spirituels de Hildegarde de Bigen», explique Skali.

Notons que de grands Chefs ambassadeurs mais aussi des conférenciers spécialistes en la matière, de différentes cultures, ont confirmé leur participation. Y figurent notamment les chefs Christian Tetedoie, Moha, et Najat Kanaache. Ces cuistots étoilés viendront partager leur savoir et leur art avec le public. Ils réinterpréteront également nos gastronomies respectives à la lueur de ces expériences séculaires et de ce que nous en dit et propose la science aujourd’hui.

«En cela nous pouvons parler d’une «politique» ou d’une «diplomatie du goût» qui donne à chaque repas, aussi simple ou sophistiqué soit-il, empreint de ces savoir-faire, cette capacité à nous enchanter et à appeler notre gratitude à la nature et à la vie!», conclut le directeur du festival.

Produits du terroir

Du 19 au 22 avril, chaque soirée du festival connaîtra l’organisation d’un dîner gastronomique accompagné de débats, préparé par l’un des chefs étoilés en collaboration avec des petits producteurs de terroir nationaux et de la région Fès-Meknès. Aussi, le festival appliquera le concept de la diplomatie dès la cuisine. Les chefs des différents pays seront amenés à travailler ensemble pour à la fois présenter leurs propres gastronomies, mais aussi réaliser des créations communes. Notons que toutes les synthèses de cette édition seront publiées sur le site du festival (www.diplomatieculinaire.org). Côté médias, le festival réitèrera enfin son partenariat «réussi» avec le groupe Eco-Médias. A l’international, le groupe TV5 Monde prévoit des émissions dédiées avant et pendant le festival.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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