Analyse

Bourse: Un rebond attendu

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5211 Le 16/02/2018 | Partager
CFG Bank prédit 2 années de hausses consécutives des profits des émetteurs
Le marché action installé dans un long cycle haussier
Tendance à la stabilisation des taux, voire même à leur baisse à court et moyen terme
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Après 5 années consécutives de baisse, l’évolution de la masse bénéficiaire des sociétés cotées est redevenue positive. Elle semble même, selon les prévisions, s’être installée dans un trend haussier, du moins pour les 2 prochains exercices

La Bourse de Casablanca devrait rester installée dans le long cycle haussier dans lequel elle évolue depuis septembre 2013. Le marché action affiche, en effet, une performance agrégée de 57% sur les 5 dernières années. Selon les analystes de CFG Bank, l’évolution de la cote en 2018 devrait se situer entre 5 et 10%. Leurs estimations reposent sur deux hypothèses majeures.

A commencer par les taux qui sont actuellement à leurs niveaux les plus bas historiques. Cela est favorisé par «la poursuite de l’amélioration des finances publiques, conjuguée à une inflation limitée et à des réserves de changes confortables». Mieux, CFG Bank, dans sa note annuelle sur les perspectives du marché pour 2018, estime que «les taux ont atteint actuellement un point d’équilibre susceptible de perdurer à court et à moyen terme».

Ils ne devraient donc ni se réduire ni augmenter dans la mesure où le rythme du crédit au secteur non financier s’accélérerait davantage en 2018 encouragé par une politique monétaire plus accommodante et où l'inflation continuerait à se situer à des niveaux modérés conformes avec l’objectif de stabilité des prix de Bank Al-Maghrib. D’autant plus que «le caractère encore modéré de la reprise économique et des crédits ne plaide pas pour un durcissement des conditions monétaires et une remontée du taux directeur», prévoient les analystes.

L’autre hypothèse qui conforte les perspectives de hausse du marché action est la performance attendue des résultats financiers des sociétés cotées. Les analystes de CFG Bank pensent que le rebond des bénéfices des émetteurs, après 5 années consécutives de baisse, va se confirmer.

La hausse réalisée de la masse bénéficiaire au premier semestre 2017 (7,7%) pourrait s’amplifier sur l’ensemble de l’année pour atteindre, selon les estimations de la branche analyse et recherche de CFG Bank, 11,7%, compte tenu de «la non-récurrence de certaines charges exceptionnelles qui avaient affecté les résultats d’un certain nombre de sociétés cotées au second semestre 2016».

Les secteurs du ciment, des banques et des mines devraient être les principaux contributeurs à cette hausse de la masse bénéficiaire. Une augmentation de 56% des résultats nets des cimentiers à plus de 1 milliard de DH est donc attendue. Celle-ci fait suite «à la non-récurrence de la provision d’impairment de la participation de Ciments du Maroc dans Suez Cement Company».

D’un autre côté, il est prévu une progression de 9% du secteur bancaire avec une contribution de 966 millions de DH, en dépit de la stagnation de la marge d’intérêt. Les banques devraient connaître une bonne orientation de leurs marges sur commissions, de la contribution croissante de leurs filiales à l’international, ainsi qu’un impact positif de la baisse du coût du risque. «Attijariwafa bank expliquerait à elle seule près de 59% de la hausse des bénéfices du secteur grâce entre autres à Barclays Bank Egypt dont la contribution bottom line devrait être significative dès 2017», pense CFG Bank.

Troisième contributeur, le secteur minier devrait voir ses bénéfices bondir de 93% à 697 millions de DH en raison de la hausse des cours des métaux à l’international ainsi que par la plus-value de cession générée par Managem après la cession de 61,2% de Lamikal à Wanbao Mining.

L’agroalimentaire n’est pas en reste avec une hausse attendue de 15% des bénéfices du secteur à 282 millions de DH, et ce grâce à l’amélioration prévue des ventes de Brasseries du Maroc et de la poursuite de la progression des activités à l’export de Cosumar.  Maroc Telecom, suite aux performances opérationnelles des filiales en Afrique subsaharienne, devrait également participer avec une légère hausse de 1,6% du son résultat net. Le secteur immobilier de son côté devrait enregistrer une baisse de 13% de ses bénéfices (-208 millions de DH) compte tenu d’un contexte toujours difficile.

Si la masse bénéficiaire de la cote pour l’exercice comptable de 2017 est en progression, elle devrait encore l’être au cours de l’exercice 2018. Même si elle sera moins importante, la progression des profits des sociétés cotées en 2018 va être positivement orientée, de l’avis des analystes de CFG Bank qui tablent sur une croissance de 6%.

Ils justifient cela par «un effet amplificateur des charges exceptionnelles ayant impacté les résultats 2016» qui se traduira notamment par une progression de 8% des résultats agrégés du secteur bancaire (944 millions de DH) qui bénéficiera d’une reprise des encours de crédits en 2018 et de la montée en régime continue sur le continent africain.

Il faudra aussi compter sur la hausse de 6% du résultat net de Maroc Telecom (362 millions de DH), l’appréciation des résultats du secteur agroalimentaire (+3% soit 62 millions de DH), la poursuite du développement de Label’Vie (25% soit 42 millions de DH) et le redressement des résultats de Marsa Maroc (37% soit 158 millions de DH). A l’inverse, la masse bénéficiaire devrait continuer à être impactée par une baisse des bénéfices du secteur immobilier (-2% ou -22 millions de DH) et de ceux du secteur minier (-6% de ses résultats nets agrégés).

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