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Béton préfabriqué: «Le secteur a encore du potentiel»

Par Nadia DREF | Edition N°:5210 Le 15/02/2018 | Partager
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Mehdi Maachi Haddou, président de l’Association marocaine de l’industrie du béton (Ph. AMIB)

Un plan d’action pour 2018, nouveaux investissements, nouvelles ambitions… Le président de l’Association marocaine de l’industrie du béton (AMIB), Mehdi Maachi Haddou, fait le point sur un secteur en crise, mais à fort potentiel.

- L’Economiste: Le secteur étant en crise, comment pallier cette conjoncture défavorable?
- Mehdi Maachi Haddou:
Le secteur du préfabriqué a un grand potentiel. Face au  marasme, les professionnels ne baissent pas les bras. Ils continuent d’investir et de créer de nouveaux produits innovants. En attestent les futurs investissements, en cours de validation. Il y a ceux qui visent une large couverture du territoire. D’ailleurs, une nouvelle usine devra voir le jour à Agadir, une région où le préfabriqué n’est pas très développé. D’autres régions restent à explorer. A titre d’exemple, il n’y a quasiment pas d’offres à Errachidia, ce qui pousse les clients à s’approvisionner à partir de Nador ou Oujda. Outre les investissements de rattrapage, les opérateurs prônent une diversification continue à travers un repositionnement sur des produits à forte valeur ajoutée pour accompagner la professionnalisation du secteur du BTP. Ainsi, 4 fabricants produisent actuellement des regards préfabriqués alors que 95% de ces produits sont fabriqués à l’intérieur des chantiers par des maçons. S’y ajoute un GIE, constitué de 3 industriels et appuyé par LafargeHolcim, qui innove sur le marché du bloc béton. Un autre producteur a mis sur le marché un agglo ponce qui se veut un produit complet répondant aux exigences de la réglementation thermique. Autre innovation, la charpente en béton préfabriqué de grande portée qui peut atteindre 30 mètres.

- Que propose l’AMIB pour redynamiser la filière cette année?
- L’AMIB a mis en place un nouveau plan d’action couvrant toute l’année 2018. Ce dernier s’articule autour de quatre axes. Le premier concerne la formation des petits fabricants, qu’ils soient membres de l’association ou non, pour les aider à se structurer et à mieux s’organiser. Six séances de formation sont programmées pour l’année portant sur la qualité, la production, la maintenance, la logistique, le contrôle de gestion, la finance… Le deuxième axe porte sur la promotion des produits préfabriqués innovants. Le troisième chantier concerne la mise en place et l’attribution d’un label Préfa pour mieux toucher les clients finaux et les prescripteurs. Ce label ne sera pas délivré par l’AMIB uniquement, mais par une large commission composée de la FMC, l’APC, la FNPI, la FMCI, la FNBTP et Imanor. Chaque candidat doit être certifié par Imanor et en règle avec le fisc et la CNSS. Il doit également signer un engagement de transparence et de respect de l’environnement. Le label doit être lancé à partir de novembre prochain. Nous travaillons également sur la mise en place d’une cartographie du secteur en nous adossant au réseau commercial des cimentiers. Pour rappel, le dernier recensement du secteur remonte à 2009.

- Quelles sont vos ambitions à l’export?
- Plusieurs opérateurs s’intéressent de plus près aux marchés de l’Afrique de l’Ouest. Ils prennent part à plusieurs missions d’exploration. Ils ont pour objectif d’exporter leur savoir-faire ou de créer de nouveaux partenariats en vue de développer des unités industrielles.

Propos recueillis par Nadia DREF 

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