Economie

Equilibres macroéconomiques: Le panorama de Boussaid

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5197 Le 29/01/2018 | Partager
La croissance à 4,6% tirée par une bonne saison agricole
Amélioration des recettes grâce aux rentrées fiscales et aux dons des pays du Golfe
Bonnes réserves de changes en dépit des perturbations liées à la flexibilité du DH
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Les dépenses ordinaires se sont maintenues quasiment dans le même niveau qu’en 2016, notamment pour la charge du personnel et les intérêts de la dette. Les émissions pour les investissements ont, pour leur part, connu une hausse de 5,1%, se situant à 66,9 milliards de DH contre 63,7 milliards en 2016

Les indicateurs macroéconomiques ont retrouvé des couleurs en 2017. C’est du moins ce qui ressort des résultats préliminaires  présentés par Mohamed Boussaid, vendredi dernier à Rabat. A commencer par le taux de croissance, qui «devrait s’établir à 4,6% contre 1,2% en 2016». Des prévisions confortées par «le comportement positif des indicateurs de conjoncture à fin novembre dernier», a expliqué le ministre des Finances.
■ Croissance: L’effet pluviométrie
Cette embellie est liée notamment à «l’amélioration de la valeur ajoutée agricole de 15,4% en moyenne durant les trois trimestres de 2017». L’année précédente, ce taux était négatif (-12,5%) durant la même période. Cette situation s’explique par l’importance de la production céréalière, qui s’est élevée à 96 millions de quintaux, contre 33,5 millions en 2016. Ceci grâce à la forte pluviométrie de l’année précédente, favorisant une bonne saison agricole. La valeur ajoutée non agricole a également connu une légère hausse, passant de 2,1% à 2,6% entre 2016 et 2017. Une performance attribuée à l’évolution positive des secteurs de l’industrie de transformation, des mines et du tourisme. Idem pour les échanges extérieurs, dont la contribution à la croissance s’est située à 0,8% en moyenne en 2017 contre -4,5% au cours de la même période une année auparavant.

■ Bonne tenue des recettes fiscales
Le ministre des Finances prévoit que «le déficit du compte courant devrait revenir à 4% en 2017 contre 4,4% une année auparavant, en dépit du renchérissement de la facture énergétique et du maintien des importations des biens d’équipement à un niveau élevé». Le déficit budgétaire s’est situé, quant à lui, à 3,5% contre 4,1% en 2016, «conformément aux prévisions», selon Boussaid. Pour lui, cela résulte d’une «maîtrise des dépenses courantes et une meilleure mobilisation des recettes, en dépit de l’accélération des investissements». Les recettes fiscales se sont élevées à 200,5 milliards de DH, en hausse de 6,1% par rapport à 2016. Ces hausses ont concerné l’IS (+16,3%), l’IR (+0,7%) et la TVA (+7,6%). En face, les droits de douane ont enregistré une baisse de 5,1%, soit 8,6 milliards de DH contre 9,1 milliards une année auparavant. L’indicateur des recettes non fiscales s’est inscrit dans le rouge. Seuls les dons des pays du Golfe ont connu une hausse de 32%, passant de 7,2 milliards de DH à 9,5 milliards entre les deux dernières années.
■ Balance commerciale: Des exportations en hausse, mais un déficit persistant
De son côté, le déficit de la balance commerciale s’est creusé davantage, avec «un léger accroissement» de 2,6%, pour se situer à 189,8 milliards de DH contre 185 milliards en 2016. Cela est dû à «l’augmentation des importations de 6,3%, à cause notamment au renchérissement des cours du pétrole à l’international». Toutefois, le taux de couverture s’est amélioré de 1,5 point, grâce à «la bonne performance des exportations, en hausse de 9,3%, soit 245 milliards de DH contre 224 milliards en 2016. Cette augmentation concerne à la fois les exportations des phosphates et dérivés que les produits hors phosphates. Dans les détails, les performances du secteur automobile ont poursuivi leur trend haussier, avec des exportations s’élevant à 58,5 milliards de DH contre 54,6 milliards en 2016. Cela s’explique notamment par «le renforcement du taux d’intégration de Renault Tanger, passant de 30% en 2012 à 50% en 2017». Boussaid prévoit une consolidation de cette dynamique, suite au lancement des écosystèmes prévus par la Stratégie d’accélération industrielle. Idem pour le textile et cuir (37,4 milliards en 2017), l’industrie alimentaire (32,1 milliards), l’aéronautique (10,9 milliards) et l’électronique (9,1 milliards).

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Boussaid considère que «le comportement positif des indicateurs de conjoncture, à fin novembre dernier, conforte les prévisions d’une croissance économique à 4,6%, contre 1,2% en 2016». Cela est dû notamment à l’effet positif de la bonne campagne agricole, mais également au maintien des performances du PIB non agricole, particulièrement le secteur automobile, dont les exportations ont poursuivi leur tendance haussière.

■ Réserves de changes: Retour à la normale
Au niveau des réserves des devises, Boussaid a mis l’accent sur «la poursuite de la reprise, après avoir enregistré une forte baisse de 48 milliards de DH en juillet dernier par rapport à fin 2016». Le ministre a fait allusion aux mouvements qui avaient marqué le marché après l’annonce du passage à la flexibilité du DH. Pour lui, il ne s’agissait pas de spéculations. Le ministre a préféré parler «d’anticipation des opérateurs de ce passage» pour couvrir leurs besoins. En décembre 2017, la valeur de ces réserves s’élevait à 241 milliards de DH contre 249 milliards à fin 2016. Ce qui a permis de maintenir un niveau équivalent à 6 mois d’importations. Quelques jours après l’entrée en vigueur du nouveau régime de change, Boussaid a mis l’accent sur «la stabilité du taux à l’intérieur de l’ancienne bande, traduisant la confiance du marché et des opérateurs dans la valeur de la monnaie nationale». Par rapport aux monnaies étrangères, le DH s’est apprécié de 0,9% contre le dollar et a reculé de 0,9% par rapport à l’euro.
■ L’endettement se stabilise, la charge de compensation se creuse
La masse salariale est restée quasiment stable, selon le ministre des Finances, soit 104,6 milliards contre 104,8 milliards en 2016 (voir infographie). Idem pour les intérêts de la dette qui se sont stabilisés au même niveau que l’année précédente, soit 27,1 milliards de DH. Boussaid a insisté sur le fait que «pour la première fois depuis 2008, le taux d’endettement du Trésor recule à 64,5% du PIB, contre 64,7% l’année précédente. Il a prévu le maintien de cette tendance baissière dans les prochaines années. Actuellement, l’endettement du Trésor est constitué à hauteur de 78% de la dette intérieure. Par contre, la charge de compensation a augmenté de 1,2 milliard, pour s’établir à 15,3 milliards de DH. L’essentiel de ce montant, soit 10,3 milliards, a été accaparé par la subvention du gaz butane.

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