Economie

La croissance toujours suspendue au ciel

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5193 Le 23/01/2018 | Partager
L’industrie et les services n’assument pas totalement
Le faible taux attendu en 2018 serait tiré par le léger repli de la valeur ajoutée agricole: -1,3%
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La transformation industrielle de l’économie se fait lente. Mais  la valeur ajoutée du secteur industriel reste orientée à la hausse. A l’inverse, celle du secteur primaire évolue au gré du climat

Avec le temps pluvieux, la campagne a retrouvé le sourire. Le gouvernement aussi. Il table sur une croissance de 3,2%. Ceci, dans l’hypothèse d’une  production céréalière de 70 millions de quintaux.

Certes, les précipitations enregistrées ont contribué à l’amélioration de la situation pour ce qui est de l’arboriculture, du maraîchage, des parcours  et des  réserves des barrages, mais les céréales ont perdu 2 mois de leur cycle. Difficile de rattraper même si  les semailles ont porté sur 4,9 millions d’hectares, selon le ministère de l’Agriculture.

Toujours est-il que la céréaliculture représente le cinquième de la valeur ajoutée d’une campagne agricole normale. Mais elle exerce beaucoup de sensibilités sociales et politiques. Cette valeur ajoutée ne doit pas se replier outre mesure  à l’instar de l’année  2016 marquée par les mêmes conditions climatiques que cette année.

Pour le HCP, la contraction se situerait aux alentours de 1,3% au premier trimestre 2018. Pour le reste de l’année, aucune prévision n’est avancée. L’essentiel de la croissance devrait donc venir des autres secteurs, notamment l’industrie et les services.

Hors agriculture, la valeur ajoutée  devrait s’accélérer lors de ce premier trimestre 2018, prédit le HCP. Elle devrait profiter  de l’amélioration des affaires dans les économies avancées. La demande mondiale adressée au Maroc devrait enregistrer une hausse de 4,5%, en variation annuelle. Cet accroissement profiterait à certaines branches industrielles exportatrices, comme l’automobile, l’électronique, l’habillement et le textile. Toutefois, la légère reprise attendue des cours mondiaux du pétrole risquerait de renchérir les achats à l’international (voir encadré ci-contre).

Dans ce contexte, la valeur ajoutée industrielle réaliserait un accroissement de 2,9% en 2018. Pour les activités minières, la hausse attendue devrait dépasser les 5%. Mais la consolidation de l’offre mondiale des engrais phosphatés et la poursuite du repli de leurs cours internationaux devraient ramener la production locale vers son niveau d’avant 2017.

L’année écoulée, le chiffre d’affaires réalisé à l’export s’était établi à 44 milliards de DH, en hausse de 11% par rapport à l’exercice précédent. Il résulte principalement de la forte hausse des volumes de la roche: +41%. Quant au secteur tertiaire, sa valeur ajoutée croîtrait de 3,2%, contribuant pour environ 1,5 point à la croissance globale du PIB. Une contribution qui tient pour une bonne part au secteur touristique qui a maintenu sa dynamique avec des croissances consolidées.

En effet, le nombre des arrivées touristiques s’est apprécié de 15,5% au cours des deux premiers mois du quatrième trimestre 2017. Les nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés se sont raffermies de 14,4% durant la même période.
Par ailleurs, les recettes touristiques ont clôturé l’année 2017 sur une progression de 8,4% pour se situer à plus de 69,6 milliards de DH.

L’activité de transport aérien a favorablement évolué sur les onze premiers mois de 2017. Le nombre de passagers accueillis dans les aéroports a augmenté de 11,5%, après  2,7% un an plus tôt, maintenant une croissance soutenue  depuis le troisième trimestre 2016.

En ce qui concerne l’activité portuaire, le volume du trafic, enregistré dans les ports gérés par l’Agence nationale des ports, s’est accru de 7,4% au terme des onze premiers mois de 2017, après +7,3% une année auparavant. Cette bonne tenue est due à la dynamique du trafic à l’export qui a bondi de 26%.

Bonnes perspectives pour les engrais 

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Les prix du phosphate brut sont restés stables à 80 dollars la tonne à fin décembre 2017. Ils sont en baisse de 22% sur un an. En revanche, les cours des engrais phosphatés DAP ont enregistré une hausse de 4% sur un mois et de 22% sur un an pour atteindre 385 dollars la tonne en décembre 2017. Les perspectives semblent s’améliorer, avec une réduction attendue des exportations chinoises et une reprise des importations de l’Inde.

Pétrole: Les cours au plus haut niveau

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Les cours du pétrole ont atteint 64 dollars/baril du Brent en moyenne en décembre dernier. Enregistrant ainsi une  hausse de 3% sur un mois et de 19% en glissement annuel. A la mi-janvier 2018, ils ont grimpé à 70 dollars, leur plus haut niveau depuis 2014, tirés par la prolongation de l’accord de réduction de l’offre Opep/non-Opep, la baisse des stocks du brut et le retour du risque de tensions géopolitiques dans certains pays producteurs, notamment l’Iran. Dans le sillage du pétrole, les prix du gaz butane ont atteint 560 dollars la tonne en décembre dernier.

 

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