Economie

Fitur/Tourisme: Le Maroc surfe sur la reprise

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5191 Le 19/01/2018 | Partager
C’est dans ce contexte qu'il défend ses atouts et expose une offre diversifiée
Rabat, Fès, Marrakech…marquent leur territoire
L’Espagne, un hub pour le marché latino
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Pour les opérateurs marocains, «le Fitur est un rendez-vous d'une taille plus que conséquente qui surfe sur le boom qu'a connu le tourisme mondial en 2017. Et la tendance haussière continue en 2018…» (Ph. YSA)

La 38e édition de la messe internationale du Tourisme (Fitur) qui a ouvert ses portes mercredi à Madrid, se poursuit jusqu’au 21 janvier. Une forte affluence est attendue pour ce vendredi, dernière journée pour les professionnels. Arpentant les allées de cette grand-messe du tourisme, des milliers de visiteurs découvrent une large gamme de produits et packages originaux.

C'est à un véritable tour du monde qu'invitent les pavillons des 165 pays participants. Les cinq continents y sont représentés en force. Une agressivité sans précédent qui marque la reprise du secteur. L’Espagne, hôte de cet événement mondial, a déjà profité de cet élan.

En fait, pas moins de 82 millions de touristes étrangers ont visité le pays en 2017, soit une hausse de 8,6% par rapport aux chiffres, déjà historiques, de 2016. Pour la première fois, l'Espagne dépasse les Etats-Unis en nombre de visiteurs étrangers, et se positionne ainsi au second rang derrière la France (82,6 millions de touristes en 2016, en baisse par rapport à 2015), sur le podium des destinations touristiques.

En termes de recettes, les touristes étrangers ont dépensé l'an dernier sur le territoire espagnol 87 milliards d'euros, soit 12,4% de plus que l'année précédente. Ce n’est pas fortuit si les opérateurs ibériques occupent une bonne partie du Fitur et vendent les multiples facettes de l’Espagne. Ils mettent également en avant les ressources naturelles et culturelles du pays, les infrastructures touristiques et de transport ou encore l'effort stratégique dédié au secteur.

Cette année, le Fitur 2018 se tient sous le signe de la technologie. Une digitalisation qui commence sur les sites de voyages, en passant par des visites virtuelles, les modes de paiement, ou encore le simulateur de monuments historiques en 3D. Bref, en  quelques clics, le voyage passe de l’imaginaire au réel. Conquis, les visiteurs du Fitur parlent d’une année touristique très prometteuse.

C’est dans ce contexte particulier que le Maroc vient défendre ses atouts, échanger les expériences et promouvoir une offre diversifiée. Pour Mohamed Amine Benammar, président du club Yasmine à Rabat, «la participation au Fitur est un rituel obligatoire pour rencontrer les TO et faire des affaires». Outre le RP, Benammar défend la marque «Rabat, capitale lumière». Les connexions aériennes de la capitale du Royaume avec les destinations espagnoles ont créé un véritable marché.

D’ailleurs, les professionnels rbatis sont de plus en plus nombreux. Mais de toutes les destinations, la région Fès-Meknès est la plus représentée avec plus de 25 opérateurs, chapeautés par Aziz Lebbar, président d’honneur du CRT. Les casablancais ne sont pas en reste. Installé dans la métropole, Said Rzane, directeur du groupe Access Holidays, a effectué le déplacement pour traiter directement avec les agents du voyage.

«Nous avons des partenariats avec les TO Espagnols et Italiens. La présence au Fitur est obligatoire pour préserver un marché à forte concurrence. L’Espagne est un hub pour la clientèle latino», confie Rzane. Du même avis, d’autres opérateurs parlent d’une hausse exponentielle des touristes espagnols. Pour eux, les défis du secteur sont désormais liés à sa capacité à attirer un autre type de tourisme, moins low cost, et des visiteurs en provenance d'autres pays. Concernant Marrakech,  Abdellatif Abouricha, responsable communication du CRT de Marrakech, indique que «la ville a attiré 77.968 touristes ibériques en 2017, soit une hausse de 37% par rapport à 2016».

Ces visiteurs ont cumulé près de 200.000 nuitées (+31%). Notons que Marrakech a totalisé, à elle seule, 2,32 millions d’arrivées et plus de 7 millions de nuitées touristiques (+18%). Les chiffres dévoilés à l’occasion du Fitur font état d’un taux d’occupation de 51%, soit une appréciation de 4 points par rapport à 2016. Pour 2018, la visibilité est au rendez-vous. Si le Maroc cible particulièrement le marché madrilène (19% des touristes ibériques), à travers le Fitur, d’autres marchés, surtout la Catalogne et l’Andalousie, sont également visés.

Pour ce dernier volet, la secrétaire d’Etat au Tourisme, Lamia Boutaleb, a établi des contacts avec Susana Díaz Pacheco et José García Ortíz, respectivement présidente du gouvernement de l’Andalousie et maire de Torremolinos. Outre les affaires, la diplomatie parallèle était aussi au rendez-vous. Le Royaume présent annuellement à la Feria internationale du tourisme réussit une belle promo.

La France, l’Allemagne et l’Angleterre: Les grands absents

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Cette année, la France n’est pas de la partie au Fitur 2018. Il en est de même pour l’Allemagne et l’Angleterre. Si ces deux dernières préfèrent les Medias tours et les rencontres B to B, inscrites sur un agenda préétabli à l’instar des salons de Milan, Londres et Berlin, les professionnels français avancent une autre raison. Grâce au networking, les changements d’habitudes des consommateurs et des professionnels du secteur sont opérés, dans leur manière d'organiser et de promouvoir voyages et destinations. Pas besoin d’être présents dans un salon, il existe d’autres moyens à investir pour réussir. Pour rappel, l’Inde est le pays mis à l'honneur pour cette édition. Tandis que l’hexagone, pour la 5e année consécutive, ne dispose pas de pavillon officiel.

 

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