Régions

Jerada: Les manifestants maintiennent la pression

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5190 Le 18/01/2018 | Partager
Marche silencieuse avec bouches scotchées hier, et grève générale ce vendredi
Lumières éteintes, port de brassards et débats chaque semaine
L’absence de représentants complique la tâche des autorités
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A cause de l’absence  des représentants du hirak, les marches, grèves et différentes formes de protestation risquent de perdurer (Ph. AK)

La protestation continue à Jerada, et les manifestants font preuve d’innovation pour faire entendre leurs voix et maintenir la mobilisation. Ils ont élaboré des programmes hebdomadaires. Lumières éteintes les mardis, de 20h à 21h, port de brassards contre la marginalisation les mercredis, organisation de débats dans différents quartiers pour communiquer autour des discussions tenues avec les autorités locales chaque jeudi, et des marches de protestation avec port de bougies tous les vendredis.

En parallèle, des concerts de casseroles sont déclenchés dans plusieurs quartiers de la ville. Quant aux sit-in, ils ne sont pas tenus uniquement devant la  municipalité, mais peuvent être délocalisés dans d’autres endroit, y compris à Hassi-Blal. Hier mercredi, une marche silencieuse, bouches scotchées, a sillonné les différents quartiers de la ville. 

Des grèves sectorielle sont, par ailleurs, tenues un vendredi sur deux.  Demain vendredi, une grève générale sera organisée. Elle sera suivie d’une marche provinciale samedi. Les alternatives proposées par les différents acteurs de développement local sont rejetées par les protestataires. «Le problème du hirak de Jerada réside dans l’absence de représentants faisant l’unanimité», précise un syndicaliste. «C’est ce qui explique pourquoi les propositions des autorités locales sont rejetées par la population qui milite pour une approche intégrée de développement» conclut-il. 

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«Il est difficile de convaincre des personnes qui n’ont rien à perdre ou à gagner», explique pour sa part Miloud, exploitant d’une descenderie. Et d’ajouter que la proposition du Conseil régional de l’Oriental pour  travailler dans le remblayage des descenderies à 150 DH/jour n’est pas une solution, car il s’agirait d’emplois provisoires. De plus, il existe un millier de personnes vivant des puits de charbon. Les fermer définitivement, c’est créer un autre problème. «On nous a demandé de nous regrouper dans des coopératives et de créer des Sarl. C’est une bonne chose, mais nous ne disposons pas des moyens nécessaires» souligne un autre mineur.

S’ajoutent d’autres problèmes qui se rapportent aux mineurs eux-mêmes. Ces dernier sont divisés en trois groupes: les travailleurs payés à 70 et 100 DH/jour, ceux qui exploitent de petites descenderies menacées d’écroulement, et enfin, ceux possédant les moyens pour équiper les descenderies qu’ils creusent (plus de 80 mètres), avec du matériel adapté (notamment les machines d’oxygénation). Chaque catégorie a des attentes différentes des deux autres.

De notre envoyé spécial à Jerada, Ali KHARROUBI

 

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