Régions

Mobilité urbaine: Bientôt des tricycles solaires à Rabat

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5186 Le 10/01/2018 | Partager
Livraison, commerce ambulant, cyclotourisme... Solar-E-Cycle a de beaux jours devant lui
Il fonctionne à l’énergie solaire couplée à une assistance électrique
5 prototypes destinés au marché marocain et européen
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Le Solar-E-Cycle développé au Maroc est une voiturette qui peut rouler entre 20 et 30 km/h avec une autonomie d’environ 50 km, et peut supporter une charge jusqu’à 100 kg (Ph. RC)

Faire la collecte des déchets recyclables, livrer des marchandises, faire du commerce ambulant ou se déplacer tout simplement en ville à l’aide d’un véhicule écologique. Voilà l’idée que propose le projet de véhicules solaires à assistance électrique «Solar-E-Cycle», développé par la société canadienne Stenrich Cycles au Maroc.

Ce véhicule destiné au transport urbain, et comme son nom l’indique, utilise l’énergie solaire à travers des panneaux photovoltaïques et une batterie pour stocker l’électricité. La batterie peut également être alimentée par l’électricité produite avec la force motrice du pédalage. «Le produit que nous développons au Maroc est un tricycle à plateau arrière.

Début 2018, nous aurons finalisé la conception et les simulations mécaniques et dynamiques de notre 11e prototype», affirme Roger Christen, PDG de Stenrich Cycles. En effet, le Solar-E-Cycle a une configuration de base qui consiste en une voiturette, avec 2 ou 4 roues motrices, qui peut rouler entre 20 et 30 km/h avec une autonomie d’environ 50 km et pouvant transporter des personnes et/ou des charges.

Pour le marché marocain, l’engin que développe l’entreprise est un tricycle à fonctions diverses et des vélos-taxis à mobilité électrique. «Les cinq prototypes sur lesquels on travaille actuellement, dans notre atelier à Rabat, seront commercialisés au Maroc et en Europe et seront destinés dans un premier temps au marché des particuliers. Après le test et la finalisation des modèles, on passera à la phase marketing», annonce Jean Vincent, ingénieur concepteur et collaborateur sur le projet Solar-E-Cycle au Maroc.

Pour le marché marocain et à moyen terme, le fabricant envisage l’utilisation de Solar-E-Cycle dans le transport des personnes en mode vélo-taxi ainsi que dans le transport de marchandises, pour un poids ne dépassant pas 100 kg. En Europe, le marché visé est plutôt celui du cyclotourisme, une tendance de transport à la fois ludique et écologique qui utilise des véhicules solaires à assistance électrique pour faire de longues distances.

D’ailleurs, Solar-E-Cycle va participer en juin prochain à la course Sun Trip 2018, dédiée aux véhicules solaires, qui va parcourir cette année une distance de plus de 12.000 km à partir de Lyon en France jusqu’à Canton en Chine. Une occasion de tester les capacités du véhicule sur le terrain. Pour rappel, le projet de véhicule solaire électrique Solar-E-Cycle avait gagné un prix lors des trophées Initiatives Climat pour l’Afrique francophone qui se sont déroulés pendant la COP22 à Marrakech.

Stenrich Cycles développe également un autre prototype du véhicule, spécialisé dans la collecte des déchets solides, comme les bouteilles en plastique, les métaux ou le papier. Dans ce sens, l’entreprise compte soumettre une proposition pour livrer 15 exemplaires à la Fédération marocaine des villes et villages verts lors de l’appel d’offres prévu en janvier. Toutefois, Stenrich Cycles n’est pas à sa première expérience au Maroc.

En 2014, une première tentative de production industrielle des véhicules Solar-E-Cycle devait se développer dans la ville de Tanger, en collaboration avec International Bike Manufacture (IBMA). L’objectif était d’installer la première usine de production à Tanger et construire une toute nouvelle gamme de vélos, tricycles, triporteurs, cargo-bike, vélos-taxis utilisant l’assistance électrique et la recharge solaire. Malheureusement, le projet d’usine n’a pas été concrétisé vu l’impossibilité de trouver un investisseur au Maroc. Après deux années de démarches infructueuses, le projet est tombé à l’eau et IBMA a repris ses opérations en Tunisie et en Côte d’Ivoire.

Pour ce qui est du prix de vente, le fabricant situe le produit entre une voiture entrée de gamme et une mobylette, mais qui a l’avantage d’être un moyen de transport propre et ne consommant pas de carburant. Le prix de ce véhicule devrait ainsi se situer entre 40.000 et 45.000 DH, avec une durée de vie estimée à 10 ans, liée à la durée de vie de la batterie.

Toutefois, l’argument le plus en faveur de ce type de véhicule est son aspect didactique qui met en avant l’utilisation des énergies propres comme moyen de transport urbain. A Rabat, quelques clients potentiels se seraient déjà manifestés pour l’acquisition du véhicule une fois qu’il sera prêt à la commercialisation.

Le marché africain demandeur

Bien que Stenrich Cycles n’ait pas encore lancé de produit sur le marché marocain, l’entreprise compte d’autres projets sur le continent africain. «Notre projet au Kenya a terminé la première phase de financement de 216.000 euros et nous avons 130 véhicules à construire. Toutes les composantes sont livrées sur place à Nairobi. Il ne reste qu’à construire les cadres et assembler», note Roger Christen. D’autre part, Stenrich Cycles discute avec une entreprise à Madagascar pour monter un projet de commercialisation ambulante de 50 véhicules pour vendre des produits réfrigérés comme le lait, le yaourt, etc. Et enfin, au Libéria, il y a des discussion avec une ONG locale pour un projet de 50 véhicules destinés à des fonctions diverses comme le transport d’eau et le transport agricole.

 

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