Primary tabs

Competences & rh

Enquête ReKrute.com: Six cadres sur dix sont démotivés!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5185 Le 09/01/2018 | Partager
Absence d’évolution de carrière, salaire insuffisant et relations conflictuelles en cause
12% ressentent du rejet pour leur employeur
A peine 18% sont heureux d’aller chaque matin au bureau
cadres_demotives_085.jpg

La rémunération n’est plus la seule motivation des cadres. Aujourd’hui, ils privilégient l’évolution de carrière et demandent plus de reconnaissance

Le moral des cadres est en berne. La tendance a été relevée par plusieurs études à l’international, et les Marocains ne dérogent pas à la règle. L’enquête du site de recrutement ReKrute.com, réalisée auprès de 2.867 cadres, le confirme. En effet, 6 sur 10 déclarent être démotivés par leur job. Par ailleurs, plus du tiers des sondés sont indifférents vis-à-vis de l’entreprise où ils travaillent. Pis encore, 12% ressentent carrément du rejet.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de la démotivation des cadres. L’absence d’évolution de carrière (65%) figure en tête, ex aequo avec le salaire (62%), jugé insuffisant. Les cadres donnent une note en deçà de la moyenne à leur rémunération (4,8/10). Le manque de reconnaissance (54%) est aussi contre-productif à leurs yeux. Le déséquilibre entre vie professionnelle et personnelle (34%), ainsi que les conflits avec la hiérarchie (20%) et avec les collègues (10%), ont également été évoqués par les répondants.

cadres_demotives_2_085.jpg

12% des cadres marocains ressentent du rejet pour leur employeur, et plus du tiers sont indifférents à l’organisation à laquelle ils appartiennent

De plus, 55% des cadres estiment qu’ils ne sont pas suffisamment outillés pour réussir leur mission et atteindre leurs objectifs. L’entreprise devrait fournir davantage d’efforts afin de booster ses équipes. Si la motivation des collaborateurs est souvent pécuniaire, aujourd’hui, la rémunération à elle seule ne suffit plus pour enthousiasmer les équipes. Même si elle est toujours placée en tête de liste des revendications, d’autres leviers sont à activer pour mobiliser les cadres.

Une carrière évolutive, avec des responsabilités élargies et un contenu de travail intéressant, le tout dans une ambiance conviviale avec les collègues et la hiérarchie, c’est ce qu’ils recherchent le plus. Sauf que la majorité des entreprises marocaines ne semble pas avoir intégré la notion de bien-être au travail.

«Ces constats prouvent qu’il reste encore beaucoup de travail à fournir au Maroc sur la question essentielle de la qualité de vie au travail et les risques psychosociaux», insiste Loufia Akki, DRH de L’Oréal. Selon les témoignages des sondés, plus des deux tiers des entreprises locales ne prennent pas de mesures pour améliorer le bien-être de leurs salariés.

Pourtant, le moral a un impact direct sur leur performance. Plusieurs études ont, d’ailleurs, démontré qu’une bonne ambiance au bureau, l’amélioration des conditions de travail, et autres leviers favorisant l’engagement des collaborateurs, optimisent leur rendement.

A défaut de ces éléments, les cadres perdent toute envie d’aller à leur travail. Alors que celui-ci devrait être un vecteur d’épanouissement et de réalisation de soi, seulement 18% des cadres se sentent «heureux» d’aller au bureau chaque matin. Pour le reste, 8% se disent malheureux dans leur job, 6% énervés, le tiers stressé, et 2 sur 10 indifférents. D’autre part, plus de la moitié des cadres se plaignent de ne pas arriver à concilier entre leur carrière et leur vie personnelle.

cadres_demotives_3_085.jpg

Plus de la moitié des cadres manquent de moyens pour atteindre leurs objectifs. Ce qui ne les encourage pas à remplir sereinement leurs fonctions

«Cet équilibre est toujours difficile à atteindre en permanence, surtout lorsqu’on est carriériste», indique Khalid Benghanem, DRH de Taqa Morocco et membre du directoire. «Des pics de surcharge surviennent à un moment de la carrière de chacun. La clé est de veiller à ce que ce passage ne soit jamais suffisamment long au point de perturber la vie personnelle, ce qui peut impacter négativement l’engagement professionnel», recommande-t-il.

Dans ces circonstances, l’optimisme reste de mise. Fort heureusement, malgré les défaillances des entreprises en matière de gestion de ressources humaines, plus de la moitié des sondés se disent optimistes quant à leur avenir chez leur employeur.

Echantillon

L’étude a porté sur un échantillon de 2.867 personnes dont le tiers est débutant avec 0 à 2 ans d’expérience, et 27% ont plus de 10 ans. Elle a été réalisée par le jobboard ReKrute.com. Les questionnaires ont été transmis par mail. La majorité des répondants sont des hommes (68%). Les secteurs qui ressortent le plus sont: la banque et finance (11%), le BTP et génie civil (8%), l’automobile (7%) et l’informatique (7%). Les structures dont font partie les cadres sont de différentes tailles.
La plupart (27%) travaillent dans des PME de 50 à 500 salariés, le quart dans de très grandes entreprises de plus de 1.000 employés, tandis que 21% opèrent dans des TPE de moins de 50 salariés, et 17% dans des GE (entre 500 et 1.000 employés).o

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc