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Economie

Centrales électriques: Le charbon rafle la part du lion

Par Nadia DREF | Edition N°:5182 Le 04/01/2018 | Partager
Mise en service en janvier de la 4e unité de Jerada, avec une capacité de 320 MW
Au programme, l’ouverture de la centrale de Safi dès mars prochain
La nouvelle centrale de Nador sera opérationnelle d’ici 2023-2024
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En 2016, les centrales thermiques à charbon représentent 30,8% de la puissance électrique installée totalisant 5.411 MW

Malgré les engagements pris par le Maroc dans le cadre de l’Accord de Paris, le gouvernement continue de développer de nouvelles centrales électriques à base de charbon. En dépit du fait qu’il soit le combustible le plus polluant, malgré les traitements pour le rendre plus propre, le charbon reste très compétitif par rapport au pétrole.

Ce combustible allège la Caisse de compensation. Depuis la fermeture des Charbonnages du Maroc en 2001, le Royaume s’approvisionne essentiellement auprès des Etats-Unis (près de 60%), la Russie, l’Afrique du Sud et la Pologne. «Il n’y a pas de chance de voir ressurgir une production locale de charbon. De 2003 à 2017, l’Etat a délivré 58 autorisations pour la valorisation des ressources minières au niveau de la région. Il faut savoir aussi que le secteur des mines attire difficilement les investisseurs», relève Aziz Rabbah, ministre de l’Energie.

La prochaine ouverture, annoncée par Aziz Rabbah, n’est autre que l’extension de la centrale électrique à charbon de Jerada avec une capacité additionnelle de 320 MW dont le démarrage est prévu ce mois de janvier. Ce projet, dont le coût est estimé à 3 milliards de DH, créera 400 nouveaux emplois. Un investissement financé par Exim Bank of China à hauteur de 85% et développé par la société Sepco III.  

«Une cinquième centrale est programmée à Jerada ainsi que l’extension de la centrale de Beni-Mathar», fait valoir Rabbah, en réaction à la montée de la tension sociale après le décès de deux mineurs suite à l’effondrement d’un site clandestin de charbon. Il s’agit d’une nouvelle extension de 350 MW dont la mise en exploitation est prévue en 2022.

Egalement dans le pipe, la mise en service de la nouvelle centrale à charbon propre de Safi (2 unités à 693 MW chacune) en 2018. Programmée dans l’objectif de satisfaire l’accroissement de la demande nationale en énergie électrique, cette centrale permettra de satisfaire environ 25% de la demande à l’horizon 2018.

Le coût global du projet est estimé à 23 milliards de DH. La première unité devrait être opérationnelle en mars prochain. Quant à la mise en exploitation commerciale de la seconde tranche, elle est fixée à juillet 2018. Cette centrale devra être approvisionnée par le nouveau port de Safi et de son quai charbonnier.

Pour satisfaire l’accroissement de la demande en énergie électrique au-delà de 2020, le Maroc compte lancer une nouvelle centrale à charbon à Nador, d’une puissance de 1.320 MW (2 unités à 660 MW chacune). Sa mise en service est prévue pour 2023-2024. Ce projet sera réalisé en IPP (sous le régime de producteur indépendant), précise l’ONEE.

Il va sans dire que la part du charbon dans la satisfaction de la demande nationale a fortement grimpé ces dernières années grâce à la mise en service des nouvelles capacités de production des unités 5 et 6 de Jorf Lasfar.
La part de marché est passée de 37% en 2013 à 47% en 2016 avec un pic de 49% en 2015. Selon les prévisions de l’ONEE, elle devrait baisser à 36% en 2020 puis à 21% en 2030.

Cependant, le Maroc s’est engagé à réduire sa dépendance énergétique par la mise en place d’un mix énergétique diversifié, notamment, pour sa composante électrique où les énergies renouvelables devront représenter 52% à l’horizon 2030 contre 34% actuellement.

L’électrique, un secteur attractif

Le Maroc veut se positionner en tant que hub énergétique régional et plateforme de développement entre l’Europe et le continent africain. Pour les investisseurs, le secteur électrique reste très attractif. Disposant d’une vision stratégique et d’une feuille de route claire, le marché énergétique est en pleine croissance. Le développement des énergies renouvelables, surtout le solaire et l’éolien, attire déjà des mastodontes mondiaux.
Les atouts de l’offre Maroc englobent les modèles de développement des projets de production répondant aux exigences des différents profils d’investisseurs (PPP, EPC, marché libre des EnR grâce à la loi 13-09, autoproduction…). La participation aux appels d’offres de l’ONEE (branche électricité) n’est soumise à aucune contrainte autre que celle du cahier des charges, en fonction de la taille, la complexité et l’enjeu relatifs à chaque projet, relève l’office. Le dispositif institutionnel et réglementaire incitatif, qui est en constante adaptation aux meilleurs standards, ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée avec un savoir-faire avéré renforcent également l’attractivité du secteur.

 

 

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