Analyse

Réforme de l’administration: L’impératif d’un changement des mentalités

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5182 Le 04/01/2018 | Partager
C’est décisif pour l’efficience du processus de mise à niveau
Un projet de code d’éthique et de déontologie pour les fonctionnaires
Un sondage pour collecter les propositions de refonte du Statut général de la fonction publique
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Depuis son lancement en mai dernier, le Centre d’appel d’orientation a reçu 8.493 requêtes, essentiellement de la part des nationaux. La part des MRE et les étrangers résidents au Maroc reste encore faible. L’essentiel de ces requêtes porte sur des informations générales ou des questionnements relatifs à certaines procédures

Le diagnostic a été fait à plusieurs reprises: l’administration publique va mal. Plusieurs maux dont souffrent les services publics plombent les efforts de développement et constituent de véritables freins au développement. Les derniers discours royaux ont insisté sur l’urgence de s’attaquer à ce dossier.

L’objectif est clair: remettre l’administration publique sur les rails, en tant que bras armé de l’Etat pour répondre aux attentes des citoyens et pour trouver des solutions à leurs problèmes administratifs. Pour réussir ce virage, le Souverain a mis l’accent sur l’importance du changement des mentalités et des comportements.

C’est décisif pour renforcer l’efficience du service public. La digitalisation des process et la simplification des procédures ne pourraient avoir d’impact sur le quotidien des opérateurs économiques et des citoyens que si cette dynamique est accompagnée d’une révolution au niveau des mentalités. Cette dimension constitue l’un des principaux axes de la réforme portée par Mohamed Benabdelkader, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’administration.

Sa stratégie ambitionne de «renforcer la transparence et l’intégrité dans la fonction publique». Ce slogan a été porté par plusieurs ministres, sans pour autant aboutir à des résultats concrets. Plusieurs opérateurs économiques, de même que les citoyens, continuent de se plaindre de la persistance de certains dysfonctionnements qui caractérisent les services publics. Ces défaillances ont été pointées dans les différents rapports de la Cour des comptes (cf.www.leconomiste.com).

Hier, le ministère de tutelle a organisé une journée d’études autour des constats et recommandations de l’instance présidée par Driss Jettou. Actuellement, Benabdelkader mise sur l’introduction d’un code d’éthique et de déontologie destiné aux fonctionnaires de l’administration et des collectivités territoriales.

Un premier draft a été élaboré. Il s’agit d’un «système de valeurs qui consacre les bonnes pratiques devant régir le comportement des fonctionnaires au cours de l’exercice de leurs fonctions», est-il indiqué. Or, sans caractère contraignant, ce code risque de buter contre la difficulté de changer les mentalités.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’appel du Souverain à avoir recours à des mécanismes de motivation, mais également de reddition des comptes et de sanction. Benabdelkader a promis de déployer un «outil efficace de contrôle administratif». C’est décisif pour «rétablir la crédibilité de l’administration et de renforcer la confiance des usagers», est-il indiqué. Le changement des mentalités devra également s’accompagner de l’introduction de la culture de la performance dans le secteur public.

Une nouvelle grille d’évaluation des fonctionnaires est prévue pour 2018. Le ministre de tutelle veut miser sur une transformation au niveau de la gestion, via l’adoption de nouveaux modes de gouvernance, ayant montré leur efficacité dans le privé. Toutefois, cette dynamique reste liée au lancement d’une refonte profonde du Statut général de la fonction publique.

Ce texte, considéré comme vétuste et dépassé, constitue actuellement un frein à la redynamisation de la machine administrative. Benabdelkader a promis de lancer ce processus. Les fonctionnaires ont été consultés, via un sondage, concernant leur vision et leurs propositions relatives à cette réforme. L’idée est d’impliquer les personnes qui seraient directement concernées par l’application du nouveau texte, afin de désamorcer les risques de résistance.

Parallèlement, la dynamique de mise à niveau des services publics passe  par la mise en place d’un référentiel des procédures administratives contraignantes. Un projet de décret relatif à ce référentiel a été élaboré. Il s’agit d’uniformiser les pratiques au niveau de l’administration, afin d’éviter certaines actions malveillantes.

Ce texte imposera aux administrations de codifier, selon un modèle unifié, les conditions et les procédures relatives aux services proposés aux usagers. Elles seront par la suite publiées sur le portail www.service-public.ma. Ce qui permettra de consacrer leur «opposabilité».

Doléances

L’année prochaine, le département de tutelle prévoit une mise à niveau du portail national des procédures relatives aux entreprises (www.business-procedures.ma). Ce site devra permettre aux entreprises de suivre l’évolution des procédures, avec la possibilité d’introduire des doléances. Cela concernera, dans un premier temps, les régions de Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Oujda.
Un centre d’appel est opérationnel depuis mai dernier, pour orienter les citoyens et répondre aux demandes d’informations relatives aux procédures administratives. Les responsables du département de la Réforme de l’administration assurent que la réponse aux questions intervient dans un délai ne dépassant pas 3 jours. Entre début mai et fin novembre 2017, les responsables de ce centre d’appel et d’orientation ont reçu 8.493 demandes d’information.

 

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