Economie

Croissance: Ralentissement confirmé au 1er trimestre 2018

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5181 Le 03/01/2018 | Partager
2,6 contre 3,8% en variation annuelle
Les activités non agricoles n’assument pas totalement
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Les industries manufacturières restent sur une tendance modérée  pour la troisième année consécutive, affichant une croissance de 2% au quatrième trimestre 2017

Retour d’une croissance molle. La première note de conjoncture du HCP au titre de l’année qui démarre est plutôt pessimiste. Comme on s’y attendait, le retard des pluies impacterait de manière négative la croissance en 2018. Le constat dressé pour le premier trimestre fait ressortir un repli de la hausse du PIB à 2,6% contre 3,8% en variation annuelle. Celle-ci sera tirée essentiellement par les activités non agricoles dont la valeur ajoutée augmenterait de 3,2%.

Le ralentissement prévisible résulterait, selon le HCP, du recul attendu du secteur agricole. Contrairement à la campagne passée marquée par des conditions climatiques favorables aux cultures précoces, la saison 2017-2018 a été caractérisée par une pluviométrie automnale moins abondante. Ce qui a retardé  les opérations de travaux du sol et des semailles, en particulier pour les céréales. Les cultures irriguées n’ont pas été épargnées non plus, vu la situation des barrages.

Le taux de remplissage des ouvrages à usage agricole se serait situé, à la mi-décembre 2017, à son niveau le plus bas des six dernières campagnes, soit 32%. Mais le retour à la normale des conditions climatiques hivernales devrait limiter le repli de la valeur ajoutée agricole à moins 3,1% en glissement annuel contre une progression de 14,2% au premier trimestre 2017.

La valeur ajoutée hors agriculture devrait, quant à elle, accélérer lors de ce premier trimestre 2018, profitant d’une amélioration du climat des affaires dans les économies avancées. Dans la zone euro, la croissance serait tirée par la vigueur de la demande intérieure. L'augmentation des importations des pays avancés et la reprise graduelle de celles des pays émergents permettraient au commerce mondial de rester dynamique.

Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc devrait enregistrer une hausse de 4,5%, en variation annuelle. Cet accroissement profiterait à certaines branches industrielles exportatrices, comme l'automobile, l'électronique, l'habillement et le textile. Toutefois, la légère reprise attendue des cours mondiaux du pétrole risquerait de renchérir les importations nationales.

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Le secteur du BTP affiche toujours une tendance haussière modérée. Sa valeur ajoutée a enregistré un léger accroissement de 1,1% au 4e trimestre 2017. Mais   les anticipations des professionnels (enquête de conjoncture du HCP) confirment  une légère amélioration des travaux de construction spécialisés

Dans ce contexte, la valeur ajoutée industrielle réaliserait un accroissement de 2,2%, au premier trimestre 2018, en variation annuelle, et les activités minières afficheraient une hausse de 5,2%, en ligne avec la modération de la demande étrangère. La consolidation de l’offre mondiale des engrais phosphatées et la poursuite du repli de leurs cours internationaux devraient ramener la production locale de phosphate brut vers son niveau tendanciel de moyen terme, après le bond  de  2017. Quant au secteur tertiaire, sa valeur ajoutée croîtrait de 3,2%, contribuant pour environ 1,5 point à la croissance globale du PIB.

Déjà, lors du 4e trimestre 2017, la valeur ajoutée hors agriculture se serait accrue de 2,8% au lieu de 2,6% une année auparavant. Contribuant pour près de 1,2 point à la croissance globale du PIB, le secteur tertiaire aurait continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la bonne orientation du commerce, du transport aérien et des activités touristiques, dont la valeur ajoutée se serait accrue de 7,9%. Cette évolution aurait été portée par une hausse de 13,3% des recettes voyages et de 16% des nuitées touristiques globales.

Léger repli du déficit commercial

La demande étrangère adressée au Maroc se serait affermie de 5,1% au quatrième trimestre 2017, en ligne avec l'évolution du commerce mondial. Le déficit de la balance commerciale au niveau national se serait allégé de 3,4% et le taux de couverture aurait gagné 2,6 points, pour se situer à 57,6%. L'allégement de ce déficit aurait résulté de la hausse moins importante des achats par rapport aux exportations. Ces dernières, en hausse de 15%, auraient bénéficié de la performance des ventes de phosphate brut et d’engrais naturels et chimiques. Hors phosphate et dérivés, l’export a profité du bon comportement de la demande étrangère. Surtout celle adressée aux nouveaux métiers mondiaux du Maroc: automobile, aéronautique et l'électronique.

 

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