Economie

Energie: L’hydraulique relégué au second plan

Par Nadia DREF | Edition N°:5180 Le 02/01/2018 | Partager
L’éolien et le solaire monteront jusqu’à 40% d’ici 2030
La capacité installée s’élève à 1.777 MW
Que de petites ou microcentrales dans le pipe
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L’énergie hydraulique a démarré depuis les années 1960. Le parc actuel est suffisamment exploité dans la production de l’électricité

Le Maroc veut opérer une montée en puissance des énergies renouvelables d’ici 2030. Cet intérêt passe essentiellement par l’éolien et le solaire qui sont deux nouvelles composantes du paysage énergétique. S’y ajoute l’hydroélectrique qui est une composante traditionnelle du parc, qui a démarré dès les années 1960 avec la politique des grands barrages.

A ce  jour, la capacité installée de l’énergie hydraulique s’élève à 1.777 MW. Un potentiel qui est déjà suffisamment exploité. «A brève échéance, l’on ne peut plus s’attendre qu’à la construction de petites centrales ou de microcentrales. Par ailleurs, la production d’hydroélectricité est fortement tributaire du régime de précipitations», relève une étude relevant du partenariat énergétique maroco-allemand Parema.

La stratégie 2017-2021, élaborée par le ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable, englobe des projets totalisant une capacité additionnelle de 550 MW à développer en contrats EPC (marché clés en main) ou par le privé. La plus importante installation est la construction d’une deuxième station de transfert d’énergie par pompage (STEP) dans la région d’Agadir, près du barrage d’Abdelmoumen. Dotée d’une capacité 350 MW, cette centrale devra être mise en service en 2020.

Le projet du complexe hydroélectrique d’El Menzel, d’une puissance de 125 MW est également dans le pipe. Compte tenu des apports intermédiaires entre le barrage de M’dez et celui de Aïn Timedrine, l’ONEE étudie les possibilités de redimensionnement pour tenir compte des nouveaux débits entrants en coordination avec la Direction des aménagements hydrauliques et l’Agence du bassin hydraulique de Sebou. Le coût du projet est estimé à 2,1 milliards de DH. Sa mise en service est prévue pour 2020.

Par ailleurs, plus de 120 MW de petites centrales hydrauliques seront développés par le secteur privé dans le cadre de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables. La tutelle prévoit également le développement d’une capacité additionnelle de 850 MW entre 2020 et 2030. A terme, 1.330 MW pour l’énergie hydraulique seront installés contre 4.560 MW pour le solaire et 4.200 MW pour l’éolien.

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Une augmentation de 1.330 MW est prévue d’ici 2030

Avec la nouvelle stratégie énergétique, il y a un regain d’intérêt, surtout pour les petites ou microcentrales hydrauliques. Les projets sont développés par l’ONEE. L’Office a, d’ailleurs, récemment identifié 125 sites supplémentaires susceptibles d’accueillir de petites centrales ou de microcentrales (de 100 kW à 1.500 kW), totalisant un potentiel d’environ 300 MW. «Ces sites sont intéressants pour les producteurs d’électricité privés et peuvent être réalisés par leurs soins», relèvent les experts de Parema.

Pour accélérer la mise en œuvre du plan d’équipement électrique, le ministère se dit prêt à mobiliser le foncier nécessaire à la réalisation de tous les projets énergétiques à caractères stratégique et urgent. Ce plan électrique prévoit la réalisation d’une capacité additionnelle d’environ 7.249 MW pour répondre à la demande qui devrait augmenter de 5,1% en moyenne annuelle au cours de la période 2017-2021. Les énergies renouvelables représentent plus de 74% de cette capacité, soit l’équivalent de 5.403 MW, dont 1.356 MW pour l’éolien, 3.425 MW pour le solaire et 622 MW pour l’hydraulique.

Rappelons aussi que le Maroc compte poursuivre  la construction de barrages hydroélectriques. Au nombre de 139 actuellement, ces ouvrages devront atteindre 170 barrages d’ici 2030.

Accélérer la transition énergétique

L’année 2030 sera un tournant historique pour le Maroc, actant l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables. Et pour cause, la part de l’électricité produite à partir de sources renouvelables (52%) dépassera celle produite par les énergies fossiles (48%). Cette quote-part devra évoluer de 34% actuellement à 43% en 2020 puis à 47% en 2025 pour atteindre les objectifs de 2030. La part de l’énergie hydraulique dans la puissance installée s’élèvera à seulement 12% contre 22% en 2016. Ce sont le solaire et l’éolien qui connaîtront une ascension fulgurante.  La part de l’électricité produite par ces deux composantes devra s’établir à 40% en 2030 contre 13% en 2016 et seulement 2% en 2009.

 

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