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Economie

Déconcentration: Le détail de la nouvelle architecture

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5176 Le 26/12/2017 | Partager
Les ministères regroupés en 3 pôles dans chaque région
La plateforme de la charte prête dans quelques jours
Le ministre veut en faire un véritable cadre de référence
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Mohamed Benabdelkader ministre en charge de la réforme de l’administration, a déploré que «l’ancien gouvernement a fait en sorte que la réforme de la gouvernance au niveau managérial et organisationnel soit le maillon absent de tout le processus de décentralisation et de déconcentration» (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Votre plan d’action pour 2018 contient des projets phares comme celui relatif à la charte de la déconcentration. Où en êtes-vous?
- Mohamed Benabdelkader:
Ce projet structure toute la réforme de la gouvernance au niveau managérial et organisationnel. Malheureusement, l’ancien gouvernement a fait en sorte qu’il soit le maillon absent de tout le processus de décentralisation et de déconcentration. Au cours du mandat de Abdelilah Benkirane, le Maroc a accéléré la mise en œuvre du processus de régionalisation, mais sans toucher à la charte de déconcentration. Il n’y avait pas de prise de conscience pour relever que sans déconcentration administrative les régions ne disposent pas d'outils pour travailler, engager des programmes de développement sectoriels,…

- Qu'allez-vous y intégrer?
- Le Maroc a choisi la région comme cadre statutaire de la décentralisation et de la déconcentration au moment où d’autres pays ont opté pour les préfectures ou les communes. Chaque administration doit transférer des pouvoirs au niveau de la région pour y être représentée. Le préambule de cette charte comporte la subsidiarité, la démocratie, la proximité, la qualité des services, … La charte contient également des modalités de réorganisation de l’administration marocaine. Cela va constituer un tournant décisif dans l’évolution de la gouvernance et dans la pratique de la démocratie. Le fait de mettre en place des structures administratives avec des compétences abonde dans ce sens. Ce transfert s'effectuera avec toute la légitimité que cela suppose, soit par une décision du ministre qui l’accorde et la retire quand il veut, soit à travers un décret. Demain, chaque ministre devra transférer ses attributions pour permettre à ses représentants d’être des décideurs, des développeurs de la région, en coordination avec le wali. Un projet de charte existait et nous l'avons retravaillé.

- Dans ce nouveau projet, quel est votre apport?
- D’abord faire en sorte qu’elle soit une véritable charte comme celle de l’éducation ou du développement durable et non un simple texte de loi. La charte comporte une philosophie, un préambule, une introduction avec des principes et des paradigmes. Il ne s’agit pas d’entrer directement dans les articles. Ensuite, le côté organisationnel est très important. A ce niveau, la question est celle de savoir comment ou par qui les administrations devront être représentées. Cela peut être par un directeur ou chef de division. Dans le schéma actuel, il s'agit plutôt du chef de division.

- Quel est le calendrier arrêté pour la concrétisation?
- Devant le Parlement, le chef du gouvernement a promis la sortie de la Charte pour la fin décembre ou le début janvier 2018. Je pense que dans quelques jours, nous aurons une plateforme consensuelle. Cette phase est plus importante que l’élaboration de la charte car elle va être déclinée par d’autres textes. Chaque ministère doit indiquer son calendrier du transfert des prérogatives. Tous les départements ne seront pas représentés au niveau régional. A Dakhla, par exemple, les Eaux et forêts n’ont pas lieu d’exister comme les pêches maritimes à Béni Mellal. Nous allons rassembler un certain nombre de ministères au sein de pôles. Dans chaque région, nous en aurons trois, à savoir économique, social et culturel. Schématiquement, cela donnerait une administration régionale, chapeautée par un directeur et comprenant les services d’autres ministères. Nous sommes ainsi à ce stade.

- Au Parlement, vous examinez aujourd’hui les amendements au projet de loi sur le droit d’accès à l’information. Jusqu’où pourriez-vous aller?
- J’ai eu l’occasion d’exprimer ma disposition à réagir positivement à toutes les propositions qui pourraient enrichir le texte. A condition que ces amendements prennent en compte l’évolution, les contraintes, les engagements de notre pays.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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