Economie

Réforme de l’administration: Le statut de la haute fonction pour commencer

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5176 Le 26/12/2017 | Partager
Les textes existants vont fêter leurs 60 ans!
La charte du service public en cours de préparation
Lancement officiel de Chikaya.ma le 9 janvier

La Commission nationale de lutte contre la corruption tiendra prochainement sa première réunion. La liste de ses membres est sur le bureau du chef du gouvernement. Autre rendez-vous, le 9 janvier prochain, Saâdeddine El Othmani procédera au lancement officiel du portail national des réclamations, chikaya.ma. C'est dans ce sens qu'une convention de mise en application a été signée en septembre dernier entre Mohamed Benabdelkader, ministre de la réforme de l'Administration et Moulay Hafid Elalamy.
A partir de là, tous les ministères, à l’exception de la Défense, devront se soumettre aux dispositions qui prévoient des réponses aux réclamations et autres plaintes des citoyens (http://leconomiste.com/archive).  

Consultation nationale

Le ministère prévoit de lancer une consultation nationale par Internet sur la réforme de l’administration, ses dysfonctionnements et les moyens pour améliorer les services aux citoyens. Dans cette opération, les syndicats ne sont pas en reste et sont invités à remettre un mémorandum. Cette étape préfigure la refonte du statut de la fonction publique qui date de 1958. Un arsenal caduc, où la formation continue est absente et la notation remplace l’évaluation.

La refonte du statut se fera de manière progressive. Elle commencera par la haute fonction publique. «Le traitement de ce dossier commence par le haut, la matière grise, les grands fonctionnaires», rappelle le ministre lors d’un point de presse donné hier à Rabat. A l'issue de cette consultation nationale, les recommandations serviront à restructurer la haute fonction.

Réduire le nombre des cabinards pour plus de qualité

D’ailleurs, dans une première étape, le ministère procédera à la révision de la loi sur la nomination des hauts fonctionnaires, adoptée en 2012. L’évaluation des différents Départements permettra la révision du texte. Mohamed Benabdelkader compte également toiletter le décret organisant les membres de cabinets des ministres et les chargés d’études. «Il faut en réduire le nombre pour aller vers plus de qualité, tout en améliorant leurs salaires. Le statut des inspecteurs généraux des ministères sera également revu», dit-il.

En outre, le plan d’action du ministère prévoit l’adoption de la charte du service public. Dans ce document, «nous allons fixer les obligations de l’administration en matière notamment d’impartialité, d’égalité, de transparence et d’intégrité. La question de la politisation des services publics sera également abordée», note le ministre. Dans le même élan, les droits des usagers seront garantis.

«Nous allons intégrer, pour la première fois, l’approche des droits de l’Homme dans la notion du service public. Jusqu’ici, les réformes ont été réglementaires, focalisées sur l’administration elle-même. Nous allons nous orienter vers les droits des usagers, comme ce qui est en cours dans plusieurs pays», précise Mohamed Benabdelkader.  
Un autre gros chantier dans lequel veut s'engager le ministre: transcrire l’ensemble des procédures administratives dans un document unique.
Ce projet est en cours de concertation avant sa programmation au conseil de gouvernement.

Coopération selon les priorités

La coopération internationale sera revue sous le prisme des priorités du ministère. Mohamed Benabdelkader compte y introduire «une rationalité, avec le principe de l’alignement de la structure technique et financière sur la réforme de l’administration». Sur le tableau de bord, les accords signés avec la France, le Portugal, l’Espagne prochainement et l’Union européenne. «Ces partenaires sont invités à s’impliquer dans nos priorités, avec le pilotage des projets confiés au Maroc», conclut-il.

 

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