Tribune

La recherche à l’honneur

Par Rachid MRABET | Edition N°:5173 Le 21/12/2017 | Partager

Rachid Mrabet est directeur de l’Ecole doctorale du Groupe ISCAE (Ph. R.M.)  

Le Groupe Eco-Médias a décerné, en présence des membres du jury et d’un grand nombre d’invités du monde économique et universitaire, le Prix de L’Economiste pour la recherche en économie et gestion 2017 dans la catégorie Doctorat à Mme Lhaj Khalifa Selma, enseignante à l’ISCAE. Sa thèse, qui a pour sujet: le «Système bâlois et accès des PME au financement bancaire», a été préparée dans le cadre de l’école doctorale du Groupe ISCAE, avec comme directeur de recherche le Pr. Fawzi Britel.

Le Prix de la recherche de L’Economiste vise à encourager la recherche académique autour de l’entreprise et de l’économie marocaine. Il soutient les jeunes chercheurs et contribue à la création de passerelles entre l’entreprise et l’université. Le Prix de L’Economiste incite, par ailleurs, les chercheurs et leurs encadrants à choisir des sujets qui ont un lien avec les préoccupations des entreprises et l’ensemble de l’économie nationale. Il les pousse également à innover dans leurs approches et dans les résultats qu’ils proposent.

En tant que professeur universitaire et directeur du Centre des études doctorales en gestion du Groupe ISCAE, je voudrais tout d’abord remercier Eco-Médias pour ce prix qui honore et consacre la recherche et les chercheurs, et ce depuis plus d’une décennie. Ensuite, exprimer toute ma fierté de voir Mme Lhaj Khalifa, à l’issue de cinq ans passés à préparer sa thèse, devenir une scientifique pleinement reconnue et une enseignante qui va contribuer à dynamiser la recherche en gestion au sein de l’ISCAE.

Elle a été accompagnée sur ce chemin par son directeur de recherche dont chacun connaît le rôle crucial dans la maturation progressive d’un projet scientifique abouti. A l’origine d’une vocation scientifique, il y a une rencontre avec une discipline, mais aussi et surtout une rencontre avec un «maître», comme Pr Fawzi Britel, qui a le don d’attirer vers son domaine de recherche les jeunes scientifiques qui le rencontrent.

Il y a aussi tous les professeurs-chercheurs, collègues enseignants qui, en participant aux séminaires techniques, de méthodologie ou aux ateliers de recherche, ont contribué à la formation de nos doctorants et donné de la valeur à leurs rendus de recherche.

A travers cette récompense, c’est aussi le Centre des études doctorales et l’ISCAE qui sont à l’honneur. Il me semble que ce prix est un très beau symbole: celui d’un Groupe qui n’hésite plus à porter haut ses couleurs et à s’affirmer, non plus seulement comme un diffuseur de savoirs techniques en management, comme il a toujours su le faire, mais également comme le lieu où se construit modestement cette connaissance scientifique dans le domaine.

Le Groupe a investi dans une réforme structurante pour se mettre aux standards internationaux. L’arrivée d’une directrice générale, pur produit de l’ISCAE, depuis maintenant presque deux ans, a contribué fortement à en faire une structure d’excellence, ouverte sur le monde économique, sur sa région et sur la société.(1)

Mais ne nous voilons pas la face. Sur le plan de la recherche, nous ne sommes qu’au tout début du chemin très long et tortueux qui nous attend. Nous sommes conscients de nos limites et nous cherchons à les dépasser. Encore faut-il que le groupe consacre les moyens financiers et humains suffisants pour faire évoluer encore plus la recherche au sein de l’établissement.

prix-de-leconomiste-073.jpg

Les lauréats de la 13e édition du Prix de L’Economiste pour la recherche en économie et gestion (cf. notre édition du lundi 18 décembre 2017)  (Ph. Jarfi)

Le développement de la recherche ne dépend pas de nous uniquement mais aussi de la politique de l’Etat en la matière. Celle-ci ne semble pas être très volontariste et doit évoluer pour améliorer l’environnement de la recherche scientifique dans tous les domaines de la connaissance.

Il est nécessaire de passer à la vitesse supérieure par la mise en place de mesures structurelles pour booster la recherche. En France, par exemple, où la recherche a une grande importance au niveau de l’enseignement supérieur. Ce pays a mis en place le crédit impôt recherche, qui encourage les entreprises à financer la recherche, le contrat doctoral, qui est un vrai contrat de travail, avec des garanties sociales et une rémunération minimale assurée, avec les années de thèse du même coup prises en compte dans l’ancienneté des chercheurs et enseignants-chercheurs du public.

La priorité dans le contexte marocain est de commencer par remettre nos universités à leur juste place, c’est-à-dire au centre de la société marocaine. Et ce but, nous ne l’atteindrons pas sans offrir à la recherche et au doctorat la reconnaissance sociale pleine et entière qu’ils méritent.

Le Maroc doit investir encore et encore, comme il ne l’a jamais fait, dans l’enseignement en général et l’enseignement supérieur et la recherche en particulier. Investir dans l’avenir et financer les projets scientifiques les plus novateurs et les plus ambitieux. Mettre nos universités et grandes écoles au niveau des standards internationaux en matière d’infrastructure, laboratoires, bibliothèques, nouvelles technologies, etc.

L’enseignement supérieur et la recherche de notre pays doivent changer en mieux. Il est possible de réussir ce challenge: une véritable autonomie des universités, avec une réforme de la recherche, avec la mise à niveau des universités sur le plan matériel et humain, une amélioration des rémunérations des enseignants-chercheurs (contre des exigences précises d’activités pédagogiques et de recherche); c’est bel et bien une nouvelle ère prospère que nous devons chercher pour la science et la connaissance. Faisons confiance dans nos ressources humaines enseignantes, elles sont capables de réussir le pari!

Le «doctorat», un diplôme pas comme les autres

Le doctorat est un parcours non seulement long et difficile, mais aussi extrêmement sélectif. D’ailleurs, le nombre de docteurs qui soutiennent chaque année leurs thèses est très limité (du moins dans certaines filières). Car le doctorat n’est pas un diplôme parmi d’autres, qui s’ajoute à ceux que nous avons obtenu, de licence, de master ou autre. Le doctorat, c’est beaucoup plus: il devrait être le signe d’une aptitude intellectuelle démontrée à la recherche, d’une culture scientifique presque achevée, d’une grande autonomie intellectuelle et d’une capacité remarquable à poser et à résoudre les problèmes. Le doctorat est, par ailleurs, la voie royale qui mène à l’enseignement et au conseil. Enfin, le titre «docteur» est affiché avec fierté par ceux qui l’ont obtenu.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc