Economie

La stabilité financière, nouveau défi pour BAM

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5172 Le 20/12/2017 | Partager
Ses missions élargies dans le cadre du projet des nouveaux statuts
Risques modérés au Maroc
Une loi sur le crowdfunding en préparation
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Jouahri est catégorique: les résultats des stress tests confirment globalement la capacité de résilience des banques marocaines (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Quelle est votre évaluation de la stabilité du système financier marocain à moyen terme?
- Abdellatif Jouahri:
L’évaluation des risques, réalisée dans le cadre des travaux du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques, fait ressortir que les risques pesant sur la stabilité du système financier marocain demeurent globalement modérés à moyen terme. Les résultats des stress tests confirment globalement la capacité des banques marocaines, qui représentent près des deux tiers du système financier, à conserver leur résilience face aux chocs issus des conditions macroéconomiques ou de leurs expositions aux risques émanant des filiales implantées à l’étranger, particulièrement en Afrique.

- Quelles sont les prérogatives que prévoit le projet du nouveau statut de Bank Al-Maghrib  pour la préservation de la stabilité financière?
- Le projet de la nouvelle loi portant Statut de bank Al-Maghrib prévoit d’élargir les missions de la banque centrale à la contribution à la stabilité du système financier national, notamment dans le cadre du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques, institué par les disposit ions de l’article 108 de la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés. Dans ce cadre, des dispositions spécifiques ont été introduites au niveau de ce projet permettant à Bank Al-Maghrib d’adapter ses instruments d’intervention par rapport à cette nouvelle mission. A cet égard, Bank Al-Maghrib peut fournir, à titre discrétionnaire, une liquidité d’urgence en faveur d’un établissement de crédit rencontrant des problèmes temporaires de liquidité sans soulever des préoccupations sur le plan de sa solvabilité. La banque centrale peut également fournir, à titre discrétionnaire, une liquidité d’urgence en faveur d’un établissement de crédit ayant des difficultés de liquidité et présentant des doutes quant à sa solvabilité, sous réserve de disposer de la garantie de l’Etat en couverture de ces opérations. Dans le cadre de la même mission, la banque centrale peut, dans des situations exceptionnelles, accorder aux Fonds de garantie de dépôts, prévus par la loi bancaire, des avances pour leur permettre de rembourser les déposants. Bank Al-Maghrib peut aussi proposer au Gouvernement toute autre mesure visant à maintenir la stabilité financière.

- Comment se présente l’état d’avancement du chantier du crowdfunding au Maroc ?
Le ministère de l’Economie et des Finances a élaboré une première version du projet de loi relatif au financement collaboratif appelé communément «crowdfunding», et a sollicité l’avis des parties prenantes, à savoir Bank Al-Maghrib et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) concernant les dispositions dudit projet de loi. Selon le ministère, ce projet de crowdfunding se présente comme étant une composante importante et prioritaire dans la stratégie globale d’inclusion financière et qui vise à améliorer l’accès des jeunes porteurs de projets innovants au financement. Ledit projet, qui est en cours d’examen, fixe les modalités d’encadrement de l’exercice d’activité de financement collaboratif par Bank Al-Maghrib et l’AMMC, notamment  les dispositions en matière de droits et obligations des contributeurs et porteurs de projets, les règles applicables aux sociétés de financement collaboratif ainsi que les catégories de financement collaboratif, à savoir la catégorie don, prêt et investissement.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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