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Economie

BAM prévoit un ralentissement de la croissance

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5172 Le 20/12/2017 | Partager
Un taux de 3% attendu l'année prochaine
Lente reprise des secteurs non agricoles
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Au troisième trimestre, 89.000 emplois ont été créés dont plus de la moitié dans le secteur agricole. En parallèle, le marché a connu une entrée nette de 131.000 demandeurs d’emplois. Le tout s'est accompagné d'une nouvelle baisse du taux d’activité de 0,3 point à 45,5%

L'économie ralentira en 2018. La croissance globale serait à 3% contre  4,1% en 2017. Elle devrait s'accélérer à 3,6% en 2019. Ce ralentissement tiendrait en partie à la campagne agricole qui devrait être moyenne alors que les autres secteurs devraient poursuivre leur reprise. Leur valeur ajoutée  augmenterait de 3,4% en 2018 et de 3,6% en 2019.

La demande intérieure se consoliderait avec en particulier une reprise de l'investissement alors que la contribution des exportations nettes à la croissance serait légèrement négative. Bank Al-Maghrib , qui maintient son taux directeur à 2,25%, a réajusté ses prévisions pour l'année 2017 (au mois de septembre, la banque centrale avait annoncé un taux de croissance de 4,3%).

Mais cela reste une bonne performance surtout qu'en 2016, la croissance n'avait pas dépassé 1,2% du PIB.  Le niveau de croissance de cette année tient compte d'un rebond de 14,7% de la valeur ajoutée agricole, après un recul de 12,8% en 2016. Il s'explique aussi par une amélioration de 2,7% des activités non agricoles.

Cette année devrait se terminer sur un  déficit du compte courant de 3,6% du PIB contre 4,4% en 2016. Cette prévision tient compte de l'entrée de 8 milliards de dirhams de dons du CCG. Les réserves de change se situeraient  à 239 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 5 mois et 24 jours d’importations. Globalement, les données relatives aux onze premiers mois de l’année révèlent une nette accélération de la progression des exportations à 9,4%.

Elles sont marquées par un accroissement important des ventes de phosphates et dérivés ainsi que des produits agricoles et agroalimentaires. En parallèle, les importations se sont accrues de 6,7% sous l'effet d'une hausse de 28,6% de la facture énergétique. Les recettes de voyage et les transferts des MRE sont respectivement sur des accroissements de 6,5% et de 3%.

Pour les deux prochaines années, la banque centrale table sur le maintien de la dynamique des exportations alors que le rythme des importations resterait proche de son niveau actuel. Dans ces conditions et sous l’hypothèse d’entrées de dons du CCG de 7 milliards en 2018 et de 2,5 milliards en 2019, le déficit du compte courant se maintiendrait à 3,6% du PIB en 2018 avant de s’atténuer à 3,3% en 2019. De même, sous l'hypothèse de la poursuite d’entrées des investissements directs étrangers d’un montant annuel équivalent à 3,5% du PIB, l’encours des réserves de change se stabiliserait à 5 mois et demi d’importations de biens et services.

Au niveau des finances publiques, la banque centrale maintient ses prévisions. Une amélioration de la situation du déficit budgétaire est attendue: 3,5% du PIB en 2017 et 3% en 2018 et 2019. A fin octobre, le déficit s'est allégé de 5,1 milliards de DH par rapport à 2016  s'établissant à 30,4 milliards de DH. Les recettes ont pris 4,1%, tirées notamment par une hausse de 13,7% pour l’IS.

En revanche, la progression des dépenses s’est limitée à 2,2% en dépit d’un accroissement de 31,1% de la charge de compensation. Les dix premiers mois de l'année ont été également marqués par un ralentissement des remboursements TVA: 5,6 milliards de DH à fin octobre contre 6,7 milliards de DH à la même période de l'année dernière.

«L’Etat se finance partiellement grâce aux entreprises et cela n’est pas sain. Il faut généraliser et accélérer le remboursement  des crédits de TVA et payer les prestations effectuées dans les délais légaux», a souligné Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, dans une interview accordée à L'Economiste (cf. L'Economiste n°5170 du lundi 18 décembre 2017). Le patronat évalue les crédits TVA à 30 milliards de DH répartis entre le secteur public et privé!

Moments forts

Crédit TVA/Dette: Faut-il intégrer le butoir TVA, 30 milliards de DH, dans la dette du Trésor?  La réponse attendra les résultats de l'étude technique en cours de réalisation avec le FMI sur la présentation de la dette du Trésor de manière consolidée.
Bitcoin: La banque centrale ne dispose pas de base juridique pour  l'interdire. En revanche, l'Office des changes a publié une note précisant que seules les monnaies cotées par la banque centrale peuvent-être  admises en compensations en devises ou en dirhams. Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank-Al-Maghrib, souligne qu'on devrait s'y intéresser.  
Départ de Jouahri de la banque centrale: «C'est le Souverain  qui nomme, c'est le Souverain qui démet ».

Hausse de l'inflation

En raison de l’atténuation du recul des prix des produits alimentaires à prix volatils, la tendance baissière de l'inflation s'est inversée depuis le mois d'août. Selon la banque centrale, l’inflation devrait terminer l’année sur une moyenne de 0,7%, après 1,6% en 2016. Sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, s’accélèrerait à 1,3% contre 0,8% en 2016. Pour les deux prochaines années, l’inflation devrait augmenter mais tout en restant à des niveaux modérés. Elle s’établirait à 1,5% en 2018 et à 1,6% en 2019. L’inflation sous-jacente serait également en hausse: 1,5% en 2018 et 1,9% en 2019.

 

 

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