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Competences & rh

Que de défis pour le préscolaire...!

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5171 Le 19/12/2017 | Partager
Multiplicité des acteurs, manuels diversifiés, éducateurs mal formés… les écueils
Au Maroc, près de 50% des enfants sont inscrits principalement dans le monde urbain
Les tarifs varient de 80 DH à plus de 2.000 DH par mois

Toutes les études et recherches ont confirmé l’impact positif du préscolaire sur les capacités de l’enfant durant son parcours scolaire depuis le primaire jusqu’aux études supérieures et parfois même sur ses aptitudes professionnelles. Un constat rappelé par la majorité des chercheurs lors d’un colloque international organisé, la semaine dernière, par la Faculté des sciences de l’éducation de Rabat.

«Pour une éducation préscolaire accessible et de qualité», était le thème de cette manifestation scientifique initiée par la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS) avec l’appui de l’Unesco. L’objectif de cette rencontre est de stimuler la recherche scientifique dans le domaine de l’éduction de la petite enfance qui reste très modeste au Maroc, indique Aziz Kaichouh, DG de la FMPS.

Le colloque, qui a duré deux jours, était une occasion pour les chercheurs marocains de se rapprocher des travaux réalisés par leurs homologues algériens, français , belges et canadiens portant sur un ensemble de questions relatives à la gouvernance, aux stratégies de formation des formateurs et éducateurs du préscolaire et aux pratiques éducatives. Les interventions ont permis également de dresser un état des lieux du préscolaire dans ces pays en soulevant les défis à relever.

Contrairement aux pays développés, le problème de la généralisation reste encore posé pour plusieurs pays dont notamment le Maroc. Selon les dernières statistiques, le taux de généralisation dans ce secteur est d’environ 50%, signale le responsable de la FMPS.

Durant l’année 2015-2016, le nombre de bénéficiaires du préscolaire avoisine 660.000 enfants avec une part de près de 56% pour les garçons, précise Brahim Chedati, chercheur en économie de l’éducation. Mais dans le milieu rural, les filles représentent seulement 35% des bénéficiaires. La multiplicité des acteurs dans ce secteur figure parmi les contraintes soulevées.

En plus du ministère de l’Education, il y a notamment les départements des Habous et celui de la Jeunesse et des Sports sans oublier les œuvres sociales de certains entreprises publiques et privées ainsi que les services culturels de certaines ambassades.

Beaucoup de travail reste à faire en matière de formation des éducateurs et élaboration et normalisation des manuels didactiques. A l’unanimité, la majorité des chercheurs ont rappelé que la mission principale du préscolaire devrait se focaliser essentiellement sur le développement de l’éveil et la curiosité chez l’enfant ainsi que son autonomie physique et son adaptation scolaire.

Coût/qualité

La qualité de l’enseignement préscolaire est intimement liée aux tarifs qui varient de 80 DH par mois dans les M’Sid et crèches des quartiers populaires à plus de 2.000 DH dans les jardins d’enfants privés à Casablanca et Rabat. Pour ces derniers, certaines fois la demande dépasse la capacité d’accueil, ce qui pousse à procéder à une sélection via des tests à subir par la petite enfance, regrette un responsable proche du secteur. Cette disparité a été confirmée par les résultats de l’étude présentée par Chedati sur les coûts par enfant. À titre d’exemple, en milieu urbain, le coût unitaire varie de 609 DH à 9.369 DH. Cela s’explique par trois facteurs, à savoir: la taille des classes, les activités d’éveil offertes et le transport scolaire. Un préscolaire de mauvaise qualité n’apporte rien pour l’avenir de l’enfant, conclut Chedati.

 

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